Fantala, cyclone à la puissance historique

, par  DMigneau , popularité : 64%

Fantala, cyclone à la puissance historique

Dans l’histoire moderne, il est le quatrième système le plus puissant jamais enregistré dans la zone. Et s’il bifurque vers nous, il devrait notablement s’affaiblir. Tant mieux…

C’est un monstre. Au sens où ce cyclone fascine les spécialistes. " Un grand coup de chapeau à Fantala qui a atteint le stade mythique de Cyclone Tropical Très Intense ce soir ", pouvait-on lire dimanche sur le site très informé meteo-reunion.com.

Tandis que Météo France, pourtant connue pour sa grande sagesse et prudence, publiait un communiqué commençant par : " Fantala a marqué l’histoire du sud-ouest de l’océan Indien ". Hier, le toujours très précautionneux Philippe Caroff, monsieur cyclones de Météo France à La Réunion, avait du mal à cacher ce sentiment si particulier aux scientifiques, mêlé de respect et d’admiration envers leur objet d’étude : " Nous avons rarement été en présence d’un système aussi puissant dans la zone ".

Bref, Fantala est énorme. Pas tant en taille (300 à 400 km de diamètre) qu’en puissance. Philippe Caroff le classe en quatrième position dans l’ère moderne, après Gasitao en 1988 et " ex-aequo ", Geralda et Litane en 1994.

Dimanche soir, au plus fort de son intensité, Fantala a dévasté Farquhar, un atoll seychellois où résident 21 habitants - les personnels d’IDC, une société propriétaire des lieux - tous évacués en prévision. Et heureusement : " Tout a été presque détruit, selon le directeur général d’IDC, cité par Seychelles News Agency. Nous ne pourrons pas nous rendre sur place avant jeudi ou vendredi pour vraiment analyser la situation ", a-t-il poursuivi.

Pour bien comprendre la puissance du système, quelques chiffres essentiels. Une pression très basse, à 910 hectopascals, remontée à 915 hier mais redescendue depuis. Des vents ultraviolents, à 240 km/h de moyenne (mesurés sur 10 minutes) avec des rafales " qui ont dépassé les 350 km/h , selon Philippe Caroff, une vitesse où pas grand-chose ne résiste ".

Mais aussi un œil parfaitement formé, visible en profondeur et " très chaud, à plus de 20°C ", selon les clichés des caméras thermiques satellitaires. Et un " mur " - ainsi qu’on appelle les vents qui se trouvent juste autour de l’œil - impressionnant, d’une violence inouïe.

Pourtant, selon tous les sites de prévisions cycloniques, il semble que Fantala ne constituera pas (tout de suite en tout cas) un réel danger pour les Mascareignes en général et La Réunion en particulier.

Hier, certes, sa trajectoire s’est modifiée, ainsi que l’avaient prévu les spécialistes. Alors qu’il se situait à quelque 1400 km de nos côtes, le système a ralenti, puis bifurqué, perdu un peu de sa puissance car il a lui-même refroidi les eaux de l’océan.

Peu à peu, il a pris la direction sud-sud-est, qui le ferait venir en ligne droite au nord de Maurice. Dans un premier temps, retrouvant des eaux chaudes, il devrait reprendre de la vigueur. Mais pas longtemps car des masses d’air en altitude devraient servir de bouclier pour La Réunion.

En clair, au moment où Fantala est calculée pour arriver au plus près de nos côtes (environ 800 km, contre 1 400 aujourd’hui), entre jeudi et vendredi, ce ne serait " plus " qu’un cyclone tropical, voire une forte tempête. De quoi tout de même, rester méfiants…

Clicanoo