" Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale " : Erdogan provoque Macron en mode Kaaris et Booba

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale " : Erdogan provoque Macron en mode Kaaris et Booba

A votre gauche, Recep Tayyip Erdogan, à votre droite, Emmanuel Macron. - MAXPPP/MAXPPP

Renvoyant au président français son diagnostic posé sur l’Otan, Recep Tayyip Erdogan s’est lancé dans une charge puérile étonnante contre Emmanuel Macron.

Quand la diplomatie vire à l’octogone…

Ce vendredi 29 novembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déversé sur Emmanuel Macron un torrent de " punchlines " ne volant pas plus haut que les joutes verbales opposant les rappeurs spécialistes du genre, Kaaris et Booba.

Culminant dans un très adulte " Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale ", en réponse au diagnostic posé le 7 novembre par le président français à propos de l’Otan, qu’il jugeait métaphoriquement " en état de mort cérébrale ".

" Qu’as-tu à faire en Syrie, toi ? Moi, j’ai le droit d’y entrer pour lutter contre le terrorisme. Mais toi, qu’as-tu à y faire ? ", a également lancé le président Erdogan en conférence de presse, selon les propos rapportés par l’AFP. Et de poursuivre sur le même ton de collégien agressif : " Personne ne fait attention à toi. Tu as encore un côté amateur, commence par remédier à cela. Lorsqu’il s’agit de fanfaronner, tu sais très bien le faire. Mais lorsqu’il s’agit de verser à l’Otan l’argent que tu lui dois, c’est autre chose ".

Témoignant d’une conception toute particulière des rapports diplomatiques entre chefs d’État, le leader autoritaire d’Anatolie a continué son " entreprise de démolition ", prenant à témoin les journalistes présents : « Il est tellement inexpérimenté ! Il ne sait pas ce qu’est la lutte antiterroriste, c’est pour cela que les " gilets jaunes " ont envahi la France ».

Si le chef de l’État turc trépigne tant, c’est qu’Emmanuel Macron a estimé jeudi que l’offensive turque contre les milices kurdes des " Unités de protection du peuple " (YPG) en Syrie mettait " en péril l’action de la coalition contre Daech ". Des propos répondant à une première sortie dans le camp turc, dont le chef de la diplomatie, Mevlüt Cavusoglu, avait accusé le président français de " parrainer les terroristes " en Syrie.

" Soyons clairs, ce n’est pas une déclaration, ce sont des insultes ", a réagi la présidence française, pointant ce " dernier excès " en date d’Erdogan.

« Il y a cette question de l’opération turque en Syrie et de ses conséquences, la résurgence possible de " Daech " (...) mais il y en a d’autres encore sur lesquelles ce sont des réponses turques sur le fond qu’il nous faut », a souligné l’Élysée sur le fond, annonçant par ailleurs que " l’ambassadeur turc sera[it] convoqué au ministère pour s’en expliquer ".

A une semaine d’un sommet crucial de l’Otan, la partie s’annonce " musclée ".

Louis Nadau

Marianne

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