" Fainéants " et " bordel " vous ont choqué ? " Quand on s’approche de la vérité on s’y brûle ", répond Macron

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Fainéants " et " bordel " vous ont choqué ? " Quand on s’approche de la vérité on s’y brûle ", répond Macron

Emmanuel Macron donnait sa première interview audiovisuelle depuis son élection ce 15 octobre sur TF1. - Capture d’écran TF

Emmanuel Macron a été interrogé de longues minutes sur TF1 ce 15 octobre sur ses saillies aux airs d’insultes. Ni regret, ni reconnaissance d’une possible maladresse de la part du Président qui a tout de même pris soin de préciser que les Français ne devaient surtout pas se sentir " agressés " par ses mots.

La phrase aura fusé au bout d’une dizaine de minutes d’explications lors de sa première interview télévisée en tant que président de la République, ce 15 octobre au soir sur TF1 : " Parfois, quand on s’approche de la vérité, on s’y brûle. " Manière pour Emmanuel Macron de ne rien retirer de ses déclarations au doux parfum de mépris de classe, celle sur les " fainéants " qui refusent ses réformes ou sur les salariés de GM&S qui " foutent le bordel " au lieu d’accepter le travail qu’on leur propose.

Ces deux déclarations ont en effet servi de longue introduction à l’entretien ce dimanche soir. À Athènes début septembre, Emmanuel Macron avait fustigé " les fainéants, les cyniques et les extrêmes " qui l’empêchaient de réformer le pays, son entourage assurant par la suite qu’il parlait là de ses prédécesseurs.

Sur TF1, ce dimanche soir, il a répété avoir visé " les élites économiques et politiques " qui ne voulaient pas avancer.

Début octobre ensuite, en marge d’une visite aux salariés de GM&S, le président de la République avait suggéré que " certains ", " au lieu de foutre le bordel ", aillent " regarder s’ils ne [pouvaient] pas avoir des postes " sur le site de La Souterraine, à quelque deux heures de route.

Là, Macron a persisté en assurant que " lorsque certains bloquent tout, se mêlent à des activistes violents, font tout, non pas pour trouver un emploi, mais pour toucher la supra légale [une indemnité supérieure de licenciement, ndlr] ... eh bien je dis les choses comme elles sont. "

" Je n’agresse pas les Français, je dis les choses "

Tentant comme toujours de déployer son art du " en même temps ", Emmanuel Macron a toutefois tenté de rassurer ses " concitoyens ", de les assurer notamment de son " amour " : " Ce qui a été au cœur de ma conviction, c’est l’amour de mon pays et de mes concitoyens. Je suis très indifférent à tous les commentaires, (...) par contre je ne veux pas que le moindre de nos concitoyens puisse un instant penser que je n’ai pas une pleine estime pour lui. "

Les assurer de son amour... tout en revendiquant le fait de ne pas " masquer les choses ". Car le Président refuse absolument de revenir sur ses mots ou de reconnaître tout du moins une maladresse : " J’ai toujours essayé de dire les choses et de m’approcher d’une forme de vérité. Donc, je nomme. "

" J’assume totalement ce qui a été dit mais je tiens à faire un distinguo important, poursuit-il. Quand on dit cela (" foutre le bordel ", ndlr) on n’agresse pas ou on n’invective pas les Françaises et les Français, et je ne le ferai jamais car je considère l’ensemble de mes concitoyens. (...) Je dis les choses. "

Ne pas retirer une virgule à ses déclarations tout en assénant son " amour " aux Français... Suffisant pour ne pas se " brûler " ?

Delphine Legouté

Marianne