FINKIELKRAUT, LE PROBLÈME À LA SOUCHE

, par  DMigneau , popularité : 0%

FINKIELKRAUT, LE PROBLÈME À LA SOUCHE

Contre-feux. Le " philosophe " néoconservateur continue de distiller son poison raciste en banalisant le vocabulaire de l’extrême droite.

C’est toujours le même scénario avec Alain Finkielkraut. Il profère une ignominie raciste, puis explique qu’il est victime d’un " mauvais procès " afin de se soustraire à la critique.

Nul dérapage, donc, dans ses derniers propos qui ont soulevé, à juste titre, l’indignation générale. « Le petit peuple blanc », « les non-souchiens »… voilà qu’un académicien, qui continue de sévir sur les ondes du service public, reprend sans vergogne le dictionnaire de l’extrême droite.

Et ce n’est pas la première fois qu’il utilise ce terme, emprunté à son ami d’extrême droite Renaud Camus, qui « ethnicise » le nationalisme et aime fantasmer sur une « Europe blanche », fécondée par les Indo-Européens, supposés pères génétiques de « la race blanche ».

L’idée qu’il puisse exister une nation française qui ne soit pas figée, blanche et chrétienne, mais un creuset toujours en fusion est insupportable pour le " philosophe " néoconservateur.

En 2011, inquiet de l’irruption et de la banalisation dans le débat public du terme « Français de souche », l’historien Patrick Weil rappelait que « les souches sont immobiles, tandis que les êtres humains bougent et évoluent. La France a été une terre d’invasion puis de migrations, et les nouveaux venus ont toujours fini par s’intégrer ».

« Il est sûr que l’Éden n’étant situé en France par aucune tradition, nous descendons tous d’immigrants à un certain horizon temporel », ironise de son côté le démographe Hervé Le Bras, qui sauva l’honneur d’une émission de " France Culture " à laquelle Finkielkraut avait convié le théoricien du « grand remplacement »…

Mais non, nous avons mal " compris ", nous autres, la " richesse " de la langue de l’académicien que Bourdieu jugeait comme « un sous-philosophe », « qui participe à la construction de fantasmes sociaux qui font écran entre une société et sa propre vérité ».

Maud Vergnol

L’humanité.fr