Esclavage en Mauritanie : vers une prise de conscience ?

, par  DMigneau , popularité : 17%

Esclavage en Mauritanie : vers une prise de conscience ?

Malgré son interdiction depuis 1981, l’esclavage existe toujours en Mauritanie. Grand défenseur des droits de l’Homme dans son pays, Biram Dah Obeid ne cesse de dénoncer le maintien et de cette pratique et appelle les Nations Unies à se saisir de la question.

Ils seraient environ 43 000 esclaves en Mauritanie. Ce chiffre, aussi surprenant qu’inquiétant, a été dévoilé par le « Global slavery index » en 2016 et fait de ce pays nord-africain l’un des plus touchés par ce phénomène.

Mais cette réalité, peu reluisante, est niée par le pouvoir qui n’apprécie pas l’activisme de Biram Dah Obeid. Le militant antiesclavagiste qui a reçu le prix des droits de l’homme de l’ONU en 2013 a été emprisonné à plusieurs reprises et son ONG " L’initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste " (IRA) n’est toujours pas reconnue par les autorités mauritaniennes.

Pourtant, Biram Dah Obeid ne désarme pas et vient d’adresser une plainte à la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les formes modernes d’esclavage afin de dénoncer ce fléau.

Il déplore l’attitude des voisins de la Mauritanie : « L’Union africaine et ses différentes institutions restent malheureusement quasi silencieuses et acquises à ce système d’apartheid implanté en Afrique de l’Ouest, à savoir le système mauritanien qui érige l’oppression de personnes d’ascendance africaine, l’esclavage et le racisme anti-noir en système de gouvernement ».

Le fondateur de l’IRA compte bien mettre en lumière le problème de l’esclavage grâce à cette plainte déposée auprès de l’ONU.

Le combat de Biram Dah Obeid commence à trouver un écho et début juillet. Il a même rencontré le célèbre révérend américain Jesse Jackson, ancien compagnon de lutte de Martin Luther King.

Les deux hommes ont pu échanger leur point de vue pour accélérer la fin d’une pratique d’un autre âge. Malheureusement, l’évolution des mentalités en Mauritanie est très lente et la pratique demeure très courante surtout dans certaines régions rurales.

Le pays est l’un des derniers à avoir interdit l’esclavage en 1981 et ce n’est qu’en 2007 que la pratique a été criminalisée. Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour que la Mauritanie sorte de ce fléau. Un chemin d’autant plus long et difficile que les pouvoirs publics continuent de faire la sourde oreille.

Seules une prise de conscience de la communauté internationale et les pressions qui pourraient en résulter pourraient conduire à une évolution positive et indispensable.

Adwa El Amrani

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