Entretien avec Malcom Ferdinand

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Entretien avec Malcom Ferdinand

Pour une écologie qui dépasse les fractures environnementales et coloniales de la Modernité, une " écologie-du-monde ", à la hauteur des enjeux du présent. Penser une écologie décoloniale, une " écologie-du-Monde ", un entretien réalisé par Marie-Yemta Moussanang.

Dans cet épisode, on rencontre Malcom Ferdinand, philosophe et auteur d’un essai qui vient de paraitre au " Seuil ", intitulé " Une écologie décoloniale, Penser l’écologie depuis le monde caribéen ".

Malcom Ferdinand propose une conception de l’écologie radicalement en rupture avec son acception dominante.

Une écologie " décoloniale ", une " écologie-du-monde ".

Par delà " environnementaliste " et " colonialité ", il développe un récit qui nous permet de penser la " Modernité " depuis la perspective des mondes caribéens, un récit qui n’occulte pas l’existence des navires négriers du passé et du présent, des plantations d’ici et d’ailleurs, ni le sort de ceux qui sont dans les cales de ce navire " Modernité ".

Il nous propose un récit qui saisit le " Tout-Monde " contemporain dans sa complexité et qui permet de théoriser et problématiser les enjeux du présent autrement.

Ce récit propose une autre compréhension et une autre généalogie de la crise écologique, d’autres références et d’autres figures, et nous permet de comprendre que toutes les destructions sont construites ; qu’elles s’inscrivent dans une Histoire politique, sociale, économique, culturelle

Ici, celle de notre " Modernité " occidentale et du monde qu’elle a configuré autour de ce qu’il appelle " un habiter colonial de la terre ".

L’ambition de l’écologie " décoloniale ", ce n’est pas seulement de " changer de récit ", de protéger « l’environnement », ni seulement de reconnaître les luttes anti-racistes ou anti-esclavagistes, mais bien plutôt d’instaurer un monde.

De réparer la double fracture qui sépare les luttes " décoloniales " des luttes " environnementales " pour retrouver la force nécessaire et enfin briser la " cale du monde ".

Cette écologie " décoloniale " propose de quitter la plantation et son ère ; elle nous permet de voir ce qu’il reste à faire, et à défaire.

Elle nous rappelle également que " l’écoutille " qui sépare " le pont " de " la cale " se brise des deux côtés ; du côté des " libres " et des " captifs ", que l’on a tous du travail, car la " Modernité " nous a inculqué - à tous - des formes de " l’habiter colonial ".

C’est un livre passionnant et important qui réussit à tenir ensemble, sans mettre de côté l’exigence de justice. On vous invite vraiment à le lire, parce que l’on a pas eu le temps de parler de tout, et que c’est un essai qui a véritablement le pouvoir de transformer nos imaginaires.

Et que « l’Ecologie » c’est, aussi, une question d’imaginaire.

Bonne écoute :

https://soundcloud.com/afrotopiques/malcom-ferdinand-penser-une-ecologie-decoloniale-une-ecologie-du-monde

Marie-Yemta MOUSSANANG

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