Entre Modi et les Indiens, c’est toujours l’amour fou

, par  DMigneau , popularité : 64%

Entre Modi et les Indiens, c’est toujours l’amour fou

Selon un récent sondage, le premier ministre de l’Inde bénéficie d’une image favorable auprès de 81 % de ses administrés. Lesquels sont 62 % à juger positive la politique menée depuis bientôt deux ans et demi par le leader nationaliste hindou.

Mais quel est donc le secret de Narendra Modi ?

Les Indiens en pincent toujours pour lui, près de deux ans et demi après l’avoir porté à la tête du gouvernement de l’Inde. Un phénomène qui n’arrive jamais en France : selon le tout dernier sondage du " Pew Research Center ", 81% de la population a une image positive de son premier ministre qui franchira en novembre le cap du mi-mandat.

Quand on lui demande de juger la situation économique actuelle, elle répond à 80 % que celle-ci est satisfaisante.

De deux choses l’une : ou c’est toujours l’amour fou entre les Indiens et le leader nationaliste hindou, dont le charisme et la présence sur la scène internationale sont très fortement appréciés, ou les gens ne lisent pas les journaux.

Fin août, on apprenait en effet que la croissance a connu un gros coup de mou au premier trimestre de l’exercice fiscal 2016/2017 qui a démarré au 1er avril. Sur la période, le PIB de l’Inde n’a augmenté « que » de 7,1 %, contre 7,9 % au trimestre précédent, rendant mathématiquement difficile l’espoir du gouvernement de dépasser les 8 % cette année.

En outre, vient de souligner le quotidien " The Economic Times ", la balance commerciale du pays semble s’améliorer alors qu’elle masque en réalité un tassement des exportations, signe de la difficulté de l’Inde à vendre ses produits et ses services à l’étranger, ainsi qu’une forte baisse des importations ( - 14 % sur un an), preuve que la demande intérieure, frappée par l’inflation et le coût du crédit, est en train de fléchir.

D’où l’appel de certains économistes à dévaluer la roupie pour redonner de l’attractivité à l’Inde. Apparemment, l’opinion publique s’en contrefiche, puisque 65 % des personnes interrogées par le " Pew Research Center " se déclarent satisfaites de la politique menée actuellement à Delhi. Elles n’étaient que 36 % en 2014, au moment de l’arrivée au pouvoir de Modi.

Un Modi jugé compétent dans la lutte contre la pauvreté (pour 62 % des gens), contre le chômage (62 % également), contre le terrorisme (61 %) et contre la corruption (59 %).

L’intéressé aborde donc les prochaines échéances électorales prévues en 2017 en position de force, d’autant que ses compétiteurs semblent tout faire pour être disqualifiés avant le scrutin.

En Uttar Pradesh, un Etat grand comme la France peuplé de 215 millions d’habitants, la famille Yadav au pouvoir offre le spectacle affligeant de ses querelles intestines tandis que le clan Gandhi n’a rien trouvé de mieux à faire que de se choisir pour porte-drapeau Sheila Dikshit, 78 ans, ancienne chef du gouvernement de la région administrative de Delhi qui avait essuyé début 2015 une défaite cinglante aux élections locales.

Au Pendjab, 28 millions d’habitants, le " Parti de l’homme ordinaire " d’Arvind Kejriwal ambitionnait de renverser la table du bipartisme, mais le voilà maintenant au bord de l’implosion, laissant augurer une reconduction de la coalition en place autour du BJP… le parti de Modi.

Guillaume Delacroix

MediaPart