En Guyane, le blocage " total " ne sera finalement que " partiel "

, par  DMigneau , popularité : 0%

En Guyane, le blocage " total " ne sera finalement que " partiel "

Afin de contenir les critiques d’une partie de la population, le collectif " Pou Lagwiyann dékolé ", à l’origine des manifestations pour de meilleures conditions de vie et de travail en Guyane, est finalement revenu sur sa décision. Le blocage du territoire acté pour ce lundi 10 avril ne sera finalement que " partiel ".

Plus question de blocage " total " en Guyane. Le collectif " Pou Lagwiyann dékolé " (" pour que la Guyane décolle " en créole) à la tête du mouvement de protestation qui ponctue depuis trois semaines le quotidien de la population, a reculé ce dimanche 9 avril.

Le blocage " total " annoncé pour ce lundi ne sera finalement qu’un blocage " partiel " après qu’une partie des Guyanais, qui s’estime prise en otage, ait exprimé sa colère quant à la tournure de la mobilisation.

" On ne peut pas aujourd’hui faire des blocages pour empêcher les piétons, les vélos et les scooters de passer ", a ainsi concédé Olivier Goudet, porte-parole des très médiatiques " 500 Frères ", collectif qui lutte contre l’insécurité sur le territoire et figure de proue du mouvement. Tous les autres véhicules, à l’exception des " engins d’urgence ", devraient en revanche être bloqués au niveau des différents barrages érigés sur les axes routiers.

Après le vote d’une grève générale illimitée le 25 mars dernier, après qu’une délégation de ministres ait été envoyée sur place par le gouvernement et suite à l’échec des négociations - le conseil des ministres a validé mercredi une aide d’urgence de plus d’un milliard d’euros à destination la Guyane contre l’avis des leaders du mouvement qui demandent le déblocage de 2,1 milliards supplémentaires - la situation semble par conséquent toujours aussi compromise.
Bien que le durcissement de la protestation semble susciter de plus en plus la réprobation parmi les riverains comme le rapporte l’AFP.

En particulier sur internet et les réseaux sociaux.

" Une partie de la Guyane a peur de s’exprimer "

" Il n’est pas tolérable de se voir refuser le droit de circuler librement sur le territoire. (…) Une partie de la Guyane a peur de s’exprimer ", dénoncent par exemple les signataires d’une pétition en ligne qui a recueilli plus de 1 800 signatures.

Le groupe Facebook " Stop aux barrages en Guyane " a - lui - d’ores et déjà réuni plus de 2 000 internautes. Face à la contestation voire à l’essoufflement du mouvement, " Pou Lagwiyann dékolé " a tenu ce dimanche soir, devant des centaines de personnes, un " meeting d’explication " à Cayenne, la capitale.

Côté gouvernement, après ses " excuses ", la ministre des outre-mer, Ericka Bareigts a une nouvelle fois demandé, ce dimanche, aux collectifs de " lever les derniers barrages ". " L’économie guyanaise ne peut être fragilisée plus longtemps ", a-t-elle déclaré.

" En continuant, on enlise davantage la Guyane ", a également déploré Franck Louison, un cadre pour la Guyane de la Fédération des très petites entreprises (FTPE), qui s’est retirée du collectif vendredi.

Ce jour-là, des heurts étaient par ailleurs survenus devant la préfecture de Guyane.

La cible des plusieurs centaines de manifestants ?

Les policiers.

" Je condamne avec la plus grande fermeté les violences commises contre les forces de l’ordre ", avait aussitôt déclaré le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl. " Le combat va être encore long ", a quant à elle résumé sur scène, lors du " meeting d’explication " ce dimanche, une célèbre militante féministe guyanaise...

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