En Grèce : des réformes qui bafouent les valeurs européennes...

, par  DMigneau , popularité : 100%

En Grèce : des réformes qui bafouent les valeurs européennes...

Un reportage diffusé sur France 3 consacré à la Grèce, dans la série " Avenue de l’Europe ", met en évidence, dans ce pays, des manquements graves à la Charte sociale européenne.

Le reportage, à 25 minutes :

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-3/avenue-de-l-europe/avenue-de-l-europe-le-mag-du-mercredi-13-septembre-2017_2360605.html

L’Europe a imposé à la Grèce des réformes qui ont annihilé les droits des travailleurs : toutes les entreprises pratiquent une flexibilité poussée à l’extrême.

Le reportage s’ouvre sur la situation dramatique que vivent des ouvriers dans une mine de lignite en Macédoine occidentale : malgré les dangers et les difficultés de leur profession, l’état a réduit leur salaire de 30 à 70 %.

Comment vivre dans ces conditions ?

Comment espérer ?

En Grèce, l’ensemble du droit du travail a été démantelé au point de ne plus respecter les règles inscrites dans la Charte sociale européenne.

Les européens ont poussé les Grecs à les adopter " pour leur bien ", leur disait-on.

Un Grec sur trois a, ainsi, basculé dans la misère : chômage, absence de protection sociale.

Les chômeurs " longue durée " ne touchent plus rien au bout d’un an et la banque alimentaire est leur seul recours.

Un chômeur, ancien boucher, témoigne : il dort désormais dans la rue. Il a été licencié sans motif. Son fils et sa fille se sont exilés ; l’un en Angleterre, l’autre aux Pays bas. " Tous les deux ont émigré. Je ne veux pas qu’ils connaissent ma situation... ", déclare ce chômeur.

Les jeunes sont les premières victimes de cette réforme radicale du droit du travail : même les plus diplômés travaillent pour presque rien, environ 50 % d’entre eux sont au chômage.

Un exemple vient illustrer la situation de ces jeunes : une jeune enseignante gagne seulement 300 euros par mois... dans ces conditions, elle n’a pas les moyens de quitter l’appartement de sa mère.

En effet, curieusement, la loi grecque permet même que les jeunes soient moins payés que les autres, ce qui est, pourtant, totalement illégal : une discrimination contraire à la Charte européenne.

Une autre loi permet aussi de licencier sans indemnité et sans préavis pendant la première année de travail... encore une violation du droit européen...

Bruxelles et le FMI ont imposé ces lois " Travail " qui permettent une flexibilité à outrance.

Le code du travail a été cassé.

Et au total ?

La flexibilité n’a toujours pas permis de créer des emplois. Beaucoup de jeunes sont même prêts à quitter leur pays pour retrouver une activité et un salaire décent.

Le marché du travail grec est devenu le plus flexible d’Europe... et les Grecs attendent toujours désespérément le retour de la croissance.

En Grèce, les suicides, les dépressions, les maladies mentales sont en forte augmentation. Retraités, jeunes, travailleurs, tous ces gens sont sacrifiés au nom de " l’Europe ".

rosemar

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