En Azerbaïdjan, le leader de l’opposition a déclaré une grève de la faim

, par  DMigneau , popularité : 0%

En Azerbaïdjan, le leader de l’opposition a déclaré une grève de la faim

En disant, " la liberté ou la mort ", il poursuit sa grève depuis environ 20 jours et en voyant la volonté du peuple, le régime a décidé de l’emprisonner chez lui.

Tofiq Yagublu, membre du « Conseil National des forces démocratiques de l’Azerbaïdjan », est un ancien et actuel détenu politique.

Arrêté à plusieurs reprises, il a été arrêté une dernière fois pour un accident de voiture. Alors que la voiture de Yagublu était garée sur un emplacement sur la rue, un employé de la société " SILKWAY " d’une famille dominante s’est approché de sa voiture et l’a heurtée, puis s’est plaint à la police en disant que Yagublu l’avait frappé avec un tournevis.

L’enquête a supprimé toutes les images de l’évènement, y compris les épisodes enregistrés par Tofig Yaqublu sur son téléphone. Le tribunal l’a condamné à 4 ans et 3 mois de prison.

Protestant contre cela, Tofig Yaqublu poursuit sa grève de la faim :

" Je commence une grève de la faim pour protester contre la pratique consistant à emprisonner des politiciens en Azerbaïdjan sous de faux prétextes, afin qu’ils ne puissent plus accuser personne ".

Tofig Yagublu et sa fille Nargiz Yagublu

Le processus de destruction de l’opposition politique en Azerbaïdjan a commencé après le discours du président Ilham Aliyev le 19 mars.

Dans ce discours, Ilham Aliyev a déclaré ouvertement que l’opposition politique " radicale " en Azerbaïdjan serait éliminée.

L’opposition politique, qu’il qualifie de " radicale ", est une opposition civile qui ne coordonne pas ses slogans et ses actions avec le gouvernement, qui se bat pour la démocratie en Azerbaïdjan et qui exige « l’intégration européenne ».

Parallèlement à ce discours de colère, Aliyev a déclaré avoir entamé un " processus de dialogue " entre toutes les forces politiques qui ont accepté de se contenter de " l’opposition " dans le cadre fixé par le gouvernement.

Il a qualifié l’opposition " d’ennemi " et de " pire que l’ennemi ", affirmant que les conditions de ce dialogue pourraient être les libertés politiques et juridiques, la libération des prisonniers politiques et la fin des arrestations à motivation politique, et a dit qu’il les détruirait.

Ilham Aliyev a répété à plusieurs reprises les motifs de son discours à la télévision et à d’autres moments, et semblait donner des instructions aux « forces de l’ordre » pour " arrêter ".

Après ce discours, plus de 40 militants politiques ont été arrêtés en Azerbaïdjan.

Ils ont été brutalement torturés. Le but de la torture était de donner un faux témoignage selon lequel ils avaient reçu des instructions du président du " Parti du Front populaire d’Azerbaïdjan ", Ali Karimli, pour un coup d’État.

On ne sait toujours pas où les nombreuses personnes arrêtées dans " la vague ", y compris l’ancien prisonnier politique Fuad Gahramanli, l’un des dirigeants du " Parti du Front Populaire ", ont été expulsés de force de leurs maisons il y a trois mois.

Ali Karimli. Leader de l’opposition. Chef du Front populaire d’Azerbaïdjan

" Amnesty International " et de nombreuses autres organisations internationales ont fait des rapports de la répression, ainsi que des personnalités du « Département d’État » américain et de nombreux autres pays, et des organismes diplomatiques en Azerbaïdjan ont exprimé leurs positions.

Ils ont appelé le gouvernement azerbaïdjanais à adhérer aux principes de la démocratie et de la liberté d’expression.

Tofig Yagublu, l’un des leaders de l’opposition, est une personne d’une grande influence dans la société. Il a été arrêté à plusieurs reprises pour des raisons politiques.

Sa fille et son gendre ont également été incarcérés comme « prisonniers politiques ».

Son autre fille, Nargiz, l’une des leaders du mouvement de jeunesse en Azerbaïdjan, est décédée lorsque Tofig Yagublu était en prison.

Son fils Rahim Yagublu, qui n’était pas apte au service militaire en raison de sa santé, a été emmené au service pour punir Tofig Yagublu.

Tofig Yagublu, qui avait été arrêté lors d’une opération de police le 23 mars sur de faux arguments, avait déjà reçu un avertissement. Il a été arrêté sous prétexte de " trouble à l’ordre public " et a été condamné à 30 jours.

Tofig Yagublu, qui a été soumis à des tortures intenses lors de cette arrestation, dès sa libération a déclaré dans un communiqué :

« On m’a demandé de quitter le " Conseil national ", de mettre fin aux activités de l’opposition et de ne pas être aux côtés d’Ali Karimli. Si tu ne respectes pas ces conditions, tu seras emprisonné pendant une longue période, m’ont-ils dit. »

Trois mois après cet incident, Tofig Yagublu a été arrêté sur de fausses accusations dans une opération policière planifiée et le 2 septembre, le tribunal l’a condamné à quatre ans et trois mois de prison.

Depuis ce jour, il a commencé une grève de la faim.

Il est intéressant de noter qu’à partir de ce jour, l’actualité principale des « réseaux sociaux » en Azerbaïdjan reste la question de Tofig Yagublu. Et il n’y a pas de presse libre en Azerbaïdjan, tous les médias indépendants sont fermés et les sites de médias créés par des journalistes expatriés sont bloqués sur le territoire de l’Azerbaïdjan…

Selon les rapports annuels des " Reporters sans frontières ", l’Azerbaïdjan occupe la 168e place parmi les 180 pays en termes de « liberté de la presse ».

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev est qualifié de " dictateur " par les principales publications mondiales et ses conseillers les plus proches sont le président russe Vladimir Poutine et le président turc Tayyip Erdogan.

L’épouse d’Ilham Aliyev, Mehriban Aliyev, occupe le poste de première vice-présidente.

Par ailleurs, Mehriban Aliyeva a reçu la « Légion d’Honneur » en France, ce qui surprend beaucoup la société azerbaïdjanaise.

Selon une liste établie par Leyla Yunus, une autre porteuse de la « Légion d’honneur » française, directrice de « l’Institut de la paix et la démocratie », et une militante des « droits de l’Homme » en exil, il y a 195 prisonniers politiques en Azerbaïdjan.

Ganimat ZAHID,

Rédacteur en chef du journal " Azadlig ",

Directeur général de " Turan TV "

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