Élections territoriales en Corse : raz-de-marée des nationalistes

, par  DMigneau , popularité : 7%

Élections territoriales en Corse : raz-de-marée des nationalistes

Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

La coalition nationaliste de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni est arrivée largement en tête ce dimanche 3 décembre au premier tour des élections territoriales en Corse avec 45,36 % des voix.

Le résultat est net. La coalition nationaliste de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni est arrivée largement en tête ce dimanche 3 décembre au premier tour des élections territoriales en Corse avec 45,36 % des voix, selon les résultats définitifs officiels.

La participation est en recul, à 52 %.

La liste " Pè a Corsica " (" Pour la Corse "), qui rassemble les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni, a encore amélioré son score par rapport aux élections territoriales de décembre 2015 marquées par leur victoire historique : 35,34 % au deuxième tour.

Au premier tour, les deux leaders nationalistes n’avaient alors pas fait liste commune et avaient obtenu 17,62 % pour M. Simeoni et 7,73 % pour M. Talamoni, avant de fusionner leurs listes au second tour.

" Le score final, il est évident que c’est une véritable lame de fond, un véritable raz-de-marée démocratique, qui vient confirmer et amplifier ce qui s’est passé en décembre 2015 avec la victoire des nationalistes, a réagi Gilles Simeoni. Je crois qu’aujourd’hui la Corse envoie un signal très fort à Paris et dit d’une voix très largement majoritaire : nous voulons la paix. Nous voulons la démocratie. Nous voulons construire une île émancipée. A Paris de faire sa part de chemin pour qu’ensemble nous élaborions une solution politique ".

" Le résultat est remarquable, au delà de nos attentes, a abondé Jean-Guy Talamoni. Au deuxième tour, nous allons demander aux Corses de nous placer le plus haut possible de façon à avoir une légitimité pour obtenir l’ouverture de négociations sur des sujets essentiels :

- la co-officialité de notre langue,

- le statut de " résident " pour protéger les électeurs,

- l’amnistie pour les prisonniers et les recherchés ".

Derrière, la droite régionaliste de Jean-Martin Mondoloni arrive en deuxième position avec 14,97 % des voix, suivie de la liste " Les Républicains " emmenée par Valérie Bozzi (12,77 %) puis de la liste " La République en Marche " de Jean-Charles Orsucci (11,26 %).

Les deux listes de Jean-Martin Mondoloni et de Valérie Bozzi pourraient s’unir en vue du second tour.

Le petit parti indépendantiste " U Rinnovu ", partisan d’une ligne nationaliste plus dure, obtient 6,69 % des suffrages - près de 3 % en 2015 - et ne peut se maintenir au 2e tour - il lui aurait fallu atteindre 7 % - mais aurait pu s’agréger à une autre liste au second tour ayant dépassé les 5 %.

Toutefois Paul-Félix Benedetti, tête de liste, a rejeté dimanche soir tout rapprochement avec " Pe a Corsica ". " Nous voulons garder une ligne cohérente ", a-t- dit à l’AFP, rappelant avoir écarté toute union pendant la campagne.

La gauche, qui avait présenté cinq listes en 2015 et n’en présentait qu’une cette fois-ci, menée par Jacques Casamarta - " Corse insoumise " - obtient 5,68 % des suffrages. Cette liste commune " PCF-Insoumis " était soutenue par Pierre Laurent mais avait été désavouée par Jean-Luc Mélenchon.

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