Effectifs plafonnés, activités sportives et cours à distance : Blanquer détaille un peu plus la réouverture des écoles

, par  DMigneau , popularité : 0%

Effectifs plafonnés, activités sportives et cours à distance : Blanquer détaille un peu plus la réouverture des écoles

À partir du 11 mai, les établissements du premier comme du second degré rouvriront progressivement. - Thomas SAMSON / AFP

À deux semaines de la réouverture progressive des écoles, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a donné ce mardi 21 avril quelques précisions supplémentaires lors de son audition par la « Commission des Affaires culturelles et de l’éducation ».

Les professeurs sont " à cran " et les parents inquiets.

Depuis l’allocution et les annonces du président de la République, Emmanuel Macron, le lundi 13 avril, les établissements scolaires se préparent à une réouverture progressive à partir du 11 mai.

Autour, le climat est toujours aussi tendu.

D’abord chez les syndicats, furieux de voir le chef de l’État proposer un objectif sans qu’aucun protocole de reprise ne soit prêt. Ou ces parents, menaçant de ne pas mettre leurs enfants à l’école.

Lors de son audition face à la « commission des Affaires culturelles et de l’éducation » de « l’Assemblée nationale », le ministre de l’Éducation nationale s’est essayé à un exercice de déminage périlleux en donnant certaines modalités pratiques pour cette réouverture.

Reprise échelonnée

En visioconférence depuis son bureau de la rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer a tenu à donner le " tempo " de ces réouvertures. Et il se fera à partir de deux " mots-clés " : " progressif " et " social ".

Progressif parce que, le 11 mai, " on ne va pas avoir tous les élèves en classe ", a-t-il réaffirmé, citant en exemple le " mouvement " qui s’installe en Europe, notamment en Allemagne, au Danemark ou en Autriche, par le choix d’une reprise " par tranche d’âge ".

Et de préciser : " Nous allons commencer par les plus âgés de chaque grand domaine : fin de maternelle, fin du primaire, fin du collège, fin du lycée ".

En clair, la semaine du 11 mai verra le retour des grandes sections de maternelles, des CP et des CM2. Mais aussi de toutes les classes dont les effectifs sont déjà inférieurs à 15 élèves.

C’est le cas notamment des classes dédoublées en « REP + ».

Puis, à partir du 19 mai, ce sera au tour de l’enseignement secondaire (collège et lycée). Avec une rentrée pour les classes de troisième et de terminale mais aussi de sixième et de première.

Sans oublier les " ateliers industriels " en lycée professionnel.

Enfin, en troisième semaine, à partir du 25 mai, ce sera l’ensemble des élèves de toutes les classes qui reviendront étudier selon " quelques modalités ".

Des classes de 15 élèves maximum

Pour arriver à cet objectif d’une reprise complète à partir du 25 mai, Jean-Michel Blanquer a listé plusieurs possibilités.

Pour les séances " en présence ", des demi-groupes pourront être constitués pour limiter les effectifs à maximum 15 élèves.

Par ailleurs, des cours " à distance " pourront être prolongés " en tirant tous les enseignements de la période actuelle ".

Et, d’autre part, des " activités d’éveil " seront proposées aux élèves, en parallèle de leurs cours habituels, et elles regrouperont " à la fois du sport, de la santé, du civisme et de la culture ", d’après le ministre.

" Après le confinement, beaucoup d’élèves auront besoin de cela ", estime-t-il. " Nous devons avoir une vision large de l’enjeu social, a pointé Jean-Michel Blanquer. Il faudra être efficace avec un mix de petits groupes, d’enseignements à distance, d’étude en autonomie et d’épanouissement des élèves dans des activités sportives et culturelles ".

Les professeurs de tout niveau confondu, pour leur part, effectueront leur pré-rentrée le 11 mai. Et, pour eux, " pédagogiquement ", " il ne se passera pas les mêmes choses que lors des mois de mai et de juin habituel ", a souligné le ministre.

" La taille des groupes va permettre des choses inédites, notamment un travail de personnalisation des enseignements. Bien sûr, le but ne sera pas de boucler les programmes mais de voir où en est chaque élève pour consolider ses apprentissages et lui permettre de repartir convenablement l’année suivante ".

Sanitairement, même si la " rue de Grenelle " promet un cadre strict à venir, Jean-Michel Blanquer a simplement rappelé que les " distances " et les " gestes barrières " devront être scrupuleusement respectés.

" Nous garantirons cela par la taille des groupes et des flux ", a-t-il précisé. Il en faudra plus pour rassurer les professeurs dont beaucoup envisagent la possibilité d’exercer leur « droit de retrait ».

Anthony Cortes

Marianne