Écologie de façade. Le gouvernement réintroduit les insecticides tueurs d’abeilles

, par  DMigneau , popularité : 0%

Écologie de façade. Le gouvernement réintroduit les insecticides tueurs d’abeilles

Sous la pression des " lobbys " de cultivateurs de betteraves qui font face à une épidémie de " jaunisse virale ", le gouvernement a décidé de ré-autoriser un insecticide néonicotinoïdes " tueurs d’abeilles ".

Une décision qui dévoile la nature de ce gouvernement qui prétendait opérer un " tournant écologique " il y a un peu moins d’un mois.

Véhiculée par des pucerons verts, les " champs-agroindustriels " de betteraves sont touchés depuis le début de cet été par une épidémie virale de jaunisse qui peuvent entraîner des baisses de rendement de 30 à 50 %.

Face à cette épidémie, le puissant syndicat des cultivateurs de betteraves affilié à la FNSEA a obtenu la dérogation pour de nouveau épandre des insecticides dits " tueurs d’abeilles " interdit depuis septembre 2018 pour protéger les abeilles pollinisatrices.

La France étant le premier producteur de sucre en Europe grâce à la betterave sucrière ; la puissante filière agro-industrielle dont les profits se comptent en milliards d’euros par an, craint pour la production de cette année.

La principale crainte des scientifiques et écologistes à travers cette réintroduction des pesticides néonicotinoïdes est une inertie de contamination des sols car jusqu’à 98 % des doses appliquées sur les graines, selon des données industrielles – reste, dans les sols, où ils peuvent s’accumuler et contaminer, plusieurs années durant, les cultures ultérieures, ou encore les plantes sauvages poussant aux abords des parcelles dont nos abeilles raffolent.

Cette épidémie qui touche les betteraves démontre les limites des monocultures intensives qui n’offrent plus de prédateurs naturels aux insectes nuisibles tels que les pucerons verts.

En effet, les betteraves cultivées selon le " cahier des charges " de l’agriculture biologique semblent beaucoup moins - voir pas - touché par la jaunisse comme nous l’indique, Loïc Tridon, chargé d’études au sein de l’organisation régionale de l’agriculture bio (" Bio en Hauts-de-France ") pour [Le Monde-https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/08/06/face-a-la-jaunisse-de-la-betterave-sucriere-l-executif-veut-permettre-un-recours-aux-neonicotinoides_6048305_3244.html] : " Les parcelles de betteraves bio de la région ne sont presque pas concernées par ce problème ".

Les autres filières agro-industriels compte bien profiter de la brèche ouverte par la filière betteravière pour elles-aussi, déroger à l’interdiction des néonicotinoïdes. En effet, les producteurs de maïs ont - eux aussi - exprimer leur volonté de déroger à l’interdiction des néonicotinoïdes

Cette décision intervient après une année marquée par l’émergence d’un mouvement écologique fort au sein de la jeunesse qui affirme de plus en plus sa défiance envers la classe politique institutionnelle et son refus d’attendre les mesures " d’en haut ".

Face à cette dynamique d’une ampleur inédite, le gouvernement s’est à de nombreuses reprises retrouvé en difficulté.

Pour tenter d’y remédier, Emmanuel Macron a profité de la formation d’un " nouveau " gouvernement pour affirmer en " grande pompe " opérer un " tournant écologique " dans sa politique.

Moins d’un mois plus tard, la recomposition ministérielle tombe déjà ses fragiles tintes " écologique " en faiblissant devant n’importe quel " lobby ".

Elle montre que [« l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage »-https://www.revolutionpermanente.fr/Biocoop-Retour-a-la-Terre-en-greve-on-en-a-marre-des-salaires-de-misere].

Marcel ALI

revolutionpermanente.fr