" Du dégoût " : Jean-Luc Mélenchon réagit au soutien d’Andréa Kotarac à Marine Le Pen

, par  DMigneau , popularité : 0%

" Du dégoût " : Jean-Luc Mélenchon réagit au soutien d’Andréa Kotarac à Marine Le Pen

Jean-Luc Mélenchon, qui s’était déplacé pour soutenir André Kotarac (à gauche) aux municipales de Lyon en 2014, voit aujourd’hui le jeune espoir quitter son mouvement pour soutenir Marine Le Pen. - PHOTOPQR/LE PROGRES

Le conseiller régional " LFI " Andréa Kotarac a annoncé qu’il voterait pour le " Rassemblement national " aux européennes. Jean-Luc Mélenchon, que nous avions rencontré lundi pour un entretien à paraître ce vendredi 17 mai, l’avait justement cité comme exemple de la diversité des tendances au sein de son mouvement. Aujourd’hui, il tombe de sa chaise.

La réponse tient en deux mots.

Lorsque " Marianne " a demandé à Jean-Luc Mélenchon ce que lui inspirait l’annonce d’Andréa Kotarac, jeune conseiller régional de " la France insoumise " en Auvergne-Rhône-Alpes qui a déclaré ce mardi 14 mai qu’il voterait pour la liste du " Rassemblement national " (RN) aux élections européennes, la réaction du leader de LFI a été lapidaire : " Du dégoût ".

Sur " Twitter ", le député de Marseille a été un peu plus disert : " Pour solde de tout compte : Kotarac est le nom d’une boule puante de fin de campagne. Un coup monté. Le soutien d’un tel traître à ses amis déshonore ceux qui compteraient en profiter ".

LUNDI ENCORE, MÉLENCHON CITAIT KOTARAC

Quelques heures auparavant, Jean-Luc Mélenchon était loin de se douter qu’Andréa Kotarac, 30 ans, considéré comme l’un des éléments les plus prometteurs de LFI, lâcherait une telle " bombe " dans la campagne des " Insoumis ".

Ce lundi matin dans un café parisien, le quatrième de la dernière présidentielle accorde un long entretien à " Marianne ", à paraître ce vendredi en kiosque.

L’interview se poursuit par quelques minutes d’échange informel autour de l’actualité de " la France insoumise ". Répondant à une question sur les départs successifs de plusieurs figures emblématiques d’une ligne " souverainiste " (tels que François Cocq ou Djordje Kuzmanovic) et les inquiétudes autour de la montée supposée de tendances " communautaristes " dans son mouvement, Jean-Luc Mélenchon cite alors spontanément le nom d’Andréa Kotarac comme une preuve que la sensibilité " populiste " est encore bien vivante à LFI.

Le jeune conseiller régional venait tout juste de créer une polémique en participant à un forum " pro-Poutine " à Yalta en compagnie de membres du RN. Une incartade qui, pour Jean-Luc Mélenchon, est alors invoquée comme une preuve qu’il ne se comporte pas, comme d’aucuns lui ont reproché, en " dictateur "…

Impossible, à cet instant pour la figure centrale des " Insoumis ", de savoir que ce voyage en Russie n’était pas " une maladresse " mais bien un signe annonciateur.

Andréa Kotarac a finalement annoncé ce mardi, via un entretien à la revue " Éléments " et un passage sur BFMTV, qu’il quittait LFI, accusée de " ne plus défendre les intérêts du peuple mais ceux de la gauche ", pour voter en faveur de la liste RN conduite par Jordan Bardella, " la seule capable de battre Emmanuel Macron " aux européennes d’après lui.

Le trentenaire, exclu du « Parti de gauche », va mettre fin à son mandat de conseiller régional. Il n’a pas annoncé pour l’heure d’adhésion au " Rassemblement national ".

https://twitter.com/AndreaKotarac/status/1128361706764361728

Hadrien Mathoux

Marianne