Derrière la violence d’Etat, la violence du capital

, par  DMigneau , popularité : 0%

Derrière la violence d’État, la violence du capital

1 . Les « violences » du « 1er Mai »

C’est reparti comme en 1936 et 1968, les violences sont dues aux mouvements sociaux qui protestent contre les réformes « démocratiquement » votées donc légitimes.

De ce fait, toute manifestation qui s’opposerait à ces projets de lois et lois seraient anti-démocratique et de ce fait … violentes. Et dans ce cadre, les « black-blocs » ne sont que les « théâtres d’ombre » d’un affrontement infiniment plus important, celui du « Capital » et du « Travail »…matrice de l’Histoire humaine.

D’où vient la violence ? Telle est la vraie question.

Oui, la démocratie organise " la discussion politique ".

Mais faut-il rappeler à quel prix ce « succès » fut obtenu ???

4 Révolutions furent nécessaires (1789,1830, 1848, 1871) et tant de victimes et de sang versé, pour arriver à institutionnaliser la République… sans que personne désormais ne se présente, ayant comme programme affiché, le retour au système féodal.

Mais il fallu aussi les mouvements sociaux 1906 [1], 1936 [2], 1968 pour que les revendications sociales soient prises en compte et reconnues par les autorités politiques, générant ainsi du progrès social pour toutes et tous.

Avant les « accords de Grenelle » ou « de Matignon », la violence était celle du « Capital », comme rapport d’exploitation du travail via le seul rapport de propriété, s’étant juste substitué à la violence de l’esclavage et de ses déclinaisons (servage, fermage, travail à façons).

Jamais dans l’Histoire « le Capital » ne négocie, hormis sous contrainte du rapport de forces que Marx appelle « lutte des classes » Les dates de 1936, 1945 et 1968 en sont la matérialité.

Les violences et l’affrontement ne viennent jamais du « Travail », mais du « capital », obnubilé par son seul taux de profit obtenus contre la société et « l’intérêt général ».

- 2 . Le « libéralisme », derrière " la douceur " du mot, la violence des chiffres

Derrière « le libéralisme » se niche le piège des mots et la violence du réel.

Comment imaginer que « libéralisme » renvoyant à la notion de liberté cache un système d’extorsion de richesses aussi performant ?

C’est l’intelligence des capitalistes, d’avoir produit une « idéologie » morale - le « libéralisme » [3] - qui justifie moralement, le système d’exploitation dénommé « Capitalisme », car le capitalisme est un système d’exploitation violent, autant contre l’Homme que la nature :« Le Capital épuise deux choses : le travailleur et la nature  » [4].

Le fondement d’une religion est, dans une situation de souffrance individuelle, de capter les sentiments, par « l’attractivité » des mots.

Tel est le rôle et la mission du « libéralisme », que d’offrir une « philosophie » à l’essence morale, permettant de masquer la réalité des rapports sociaux d’’exploitation, autrement dit d’extraction de richesses produites par autrui. C’est la raison qui fait que le « libéralisme », reste dans l’idéologie, refusant toute discussion sur le réel et pour cause … car le capitalisme concret, c’est :

- 21 milliardaires qui possèdent autant que les 40 % les plus pauvres,

- 1 % les plus riches qui détiennent 25 % des richesses nationales,

- La fraude fiscale qui pèse plus de 60 milliards d’euros par an,

- Notre Pays qui " abrite " 9 millions de pauvres,

- 3 millions de logements qui sont inoccupés,

- 600 000 logements indignes,

- 4 millions de « mal-logés »,

- Les femmes qui ont en moyenne un salaire de 23 % inférieur à celui des hommes,

- Le taux de chômage des jeunes de « 15 à 24 ans » qui atteint 40 % dans les quartiers défavorisés,

- Plus d’un million de personnes « en situation de handicap » qui vivent sous le seuil de pauvreté,

- 11,5 millions de personnes en situation de « précarité énergétique », mais E.D.F. a été privatisé.

0n dénombre 52 000 décès prématurés du fait de la pollution de l’air.

Mais " dans le même temps ", la France est championne d’Europe de la distribution des dividendes.

Victor Hugo écrivait : « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ».

Jamais autant qu’aujourd’hui cette approche philosophique , n’a eu autant de matérialité, exprimant la violence d’un système : le capitalisme.

3 . De l’intérêt général

Le fondement de la Révolution française, tient dans ce concept, qu’aucune autre révolution, de par le monde - ni celle de l’Angleterre, ni celle des U.S.A - définit que la loi, voté par les députés, est porteuse de « l’intérêt général » et non « d’intérêts particuliers » transformés en lois.

De fait, aucune loi n’a de fondement en République Française si elle ne vise pas « l’intérêt général », celui de la société dans son entier. C’est cet objectif qui « obligea », dans le cadre de la lutte des classes de 1944 à des décisions spécifiques à notre Pays :

- L’impôt défini par " assiette " et taux selon le niveau de revenus (impôts progressifs) [5]

- Rôle de l’État dans l’Économie (Nationalisations industrielles et planification)

- Services publics et statuts, fondement de l’application de « l’intérêt général ».

4 . L’Europe du " marché unique ", Europe " des violences sociales du Capital "

L’Europe présentée comme " l’expression des libertés ", n’a servi que de support à la " libéralisation " du « Capital ».

Depuis l’origine, l’Europe n’a eu comme objectif que de faire « du marché », le destin obligé de l’Europe auxquels au nom de la « liberté individuelle », il fallait accepter « les contraintes du marché », car toute liberté a ses contraintes.

Voilà quelques dates qui révèlent les fondamentaux de « l’Europe » :

1952 : création du CECA (" Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier ") dont l’objectif est de définir une politique commune à 6 états (France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-bas).

En fait le C.E.C.A., initie « un marché commun du charbon et de l’acier ».

1958 : Le « Traité de Rome » acte fondateur de l’Europe crée le « marché commun européen »

1986 : « Marché unique Européen »

1993 : Le « Traité de Maastricht » développe la logique du « marché européen » en axant son développement sur « la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes » au sein de la « Communauté Européenne ».

Aucune politique sociale et fiscale d’harmonisation n’est élaborée. Seul compte « le marché ».

1999 : création de " la Zone Euro ".

2001 : Les monnaies nationales sont abandonnées, « l’Euro » devient la monnaie de la « zone euro » géré par une " banque centrale indépendante " et ayant comme seul objectif l’inflation.

2005 : En mai 2005, le « Traité constitutionnel Européen » est rejeté par référendum, mais il revient sous la forme du « Traité de Lisbonne », non adopté par les Peuples (pas de nouveau référendum) et institue le principe du « marché libre et non faussé ».

On le voit, la seule logique Européenne est celle de développer le « marché libre et non faussé ». Et ceci n’est pas idéologique mais la réalité si l’on observe les privatisations effectuées dans notre pays :

5 . L’impuissance de l’État

Ces privatisations au-delà de la matérialisation de « l’idéologie du marché », a des conséquences directes sur toute la société, du fait de l’affaiblissement de l’État conduisant à ce qu’on appelle désormais son « impuissance politique ».

Là non plus, ce n’est pas de l’idéologie, mais la réalité des chiffres que personne ne peut contester et que visualise ce graphique :

Il faut bien se rendre compte qu’avec un secteur public industriel fort, la France en 1985 c’était 50 % des investissements industriels, 25 % de la valeur ajoutée, pour 20 % d’emplois.

Désormais, c’est « l’État diminué » qui se limite à moins de 15 % des investissements et 5 % de valeur ajoutée et d’emplois.

Nous avons là la matérialité de ce qui est appelé « l’impuissance de l’État ». Quand De gaulle disait « Il nous faut une voiture populaire » deux ans après la R 4L sortait.

La Puissance de l’État ne se discutait pas, du fait de sa maîtrise directe d’Entreprises industriels stratégiques. Désormais, quand l’État demande quelque chose, il faut qu’il aille « négocier » avec « le Patronat », comme n’importe quel syndicat.

Qui peut s’étonner après de « l’impuissance de l’État » ???

6 . La destruction de la France

Le discours de Yvon GATTAZ [6] à l’époque était : « il faut que l’État nous donne les entreprises industrielles pour que l’on puisse les moderniser et développer la compétitivité », d’où les privatisations et le transfert au « Privé ».

Et quel résultat ce transfert a-t-il donné au pays ???

Ce fut le choix stratégique du « Patronat français » que de déserter le combat (comme en 40) et de se réfugier sur les activités financières lucratives.

Là encore, ce n’est pas de l’idéologie, mais la matérialité des chiffres :

Où l’on observe que plus l’État transférait au secteur privé des activités industrielles stratégiques et plus celles-ci étaient abandonnées obligeant en fait les consommateurs à acheter des produits « made in ailleurs » (Frigidaires, télévisions, machines à laver etc.), aggravant la situation de l’emploi (chômage) et creusant les déficits (sécurité sociale, solde commercial).

Voilà la violence du patronat en faits.

Et l’investissement ?

Si l’on considère avec juste raison que ce sont les investissements en " recherche développement " qui déterminent la compétitivité de demain, il faut alors observer, là encore, la trahison du patronat Français.

Et là encore ce n’est pas de l’idéologie, juste l’analyse du graphique qui visualise les investissements faits en " recherche-développement " en comparaison avec l’Allemagne … dans la période des privatisations qui devaient permettre de développer la compétitivité.

Ce sont ces choix de gestions qui entraînent les conséquences sur l’emploi.

7 . Les violences sur l’emploi

En 1986, lors de ma période de fin d’études universitaires, mon avenir sur le marché de l’emploi se présentait ainsi :

- 85 % des emplois créés étaient en « C.D.I. », c’est-à-dire stable, permettant ainsi d’envisager de dessiner un avenir humain.

Pour un étudiant, aujourd’hui, c’est l’inverse : 85 % des emplois créés sont " hors C.D.I. ", donc pour l’essentiel précaires.

Peut-on construire un avenir, dans le cadre de ce système fondé sur la précarité de masse ?

Il faut bien comprendre que cette évolution s’est faite au moment de la période des privatisations. Il y a donc bien un rapport direct entre " privatisations " et " précarisations "…

Et la précarisation est « violence contre l’humain ».

8 . Les violences du Gouvernement Macron

Après avoir cassé l’économie française dans sa base industrielle et nous rendre ainsi « prisonnier » des aléas de la « mondialisation », il fallait aller plus loin pour répondre aux désirs du « Patronat ».

Celui-ci depuis des années réclame " l’assouplissement " des règles de protection des salariés en vue de pouvoir imposer ce « marché unique pur et parfait » de « tube à essais » du laboratoire du libéralisme.

Le principe est que toute entreprise doit passer sous les " fourches caudines " de la concurrence, concurrence qui se fabrique par " la mise en concurrence " systématique des salariés entre eux.

De fait, il ne peut y avoir de « marché pur et parfait », condition du « plein emploi libéral » qu’en réduisant ou supprimant leur protection collective.

En France :

- Les " lois Macron " sur l’ouverture des commerces le dimanche,

- La « loi " Travail " » de El Khomri

L’inversion de la hiérarchie des normes du « Code du travail » nous renvoie au XIXème siècle.

Les licenciements collectifs permanents, les menaces contre les délégués syndicaux, la réduction des représentants du personnel et la fusion des instances représentatives où « les partenaires sociaux négocient », sont de la violence contre l’ensemble du monde du travail.

Et toutes les lois actuelles - ne nous y trompons pas !! - viennent « du Capital », l’État n’étant que " l’exécuteur des basses œuvres " au service « du Capital ».

Soulignons que derrière la " modernité " déclamée :

- La mise en cause du « Code du travail » nous renvoie à 1910,

- La mise en cause du « statut » des cheminots nous renvoie à 1920,

L’idée du « second jour de travail gratuit », définition de la corvée, nous renvoie au système féodal.

A quoi il faut rajouter, souligner, alerter sur sa volonté de se rapprocher de l’Église :

« Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, sans doute, vous et moi bravé, les sceptiques de chaque bord. Et si nous l’avons fait, c’est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer  » nous renvoie ici avant la loi de 1905 de « séparation de l’Église et de l’État », créant la laïcité.

Le besoin de religion pour masquer les violences sociales : Cet appel aux religions est un appel de fait aux confrontations religieuses puisque sa déclaration choisit, de plus, une religion particulière :

« Ce dialogue est indispensable, et si je devais résumer mon point de vue, je dirais qu’une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation ; et qu’un président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir. »

Cette déclaration vise à amplifier les mouvements religieux comme seuls à même de régler les problèmes de la société, au vu des démissions politiques et leur transfert au seul « marché » générant les violences sociales ici aperçues.

Et cet appel aux conflits religieux est d’autant plus urgent que selon un sondage 72 % des Français considèrent que sa politique est socialement injuste.

9 . De l’utilité de Marx

C’est à ce moment de l’analyse qu’il nous faut ressortir l’analyse que Marx dévoile du rôle de la religion dans le Capitalisme et dont les médias ne répètent que la fin : « la religion est l’opium du peuple ».

La vraie phrase dans son intégralité est la suivante : « La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple. »

Ce n’est donc point à la religion en tant que tel qu’il s’attaque mais beaucoup plus à la religion, utilisée comme expédiant, pour voiler les violences du « Capital ».

Le Président Macron dans une situation politique difficile, mal élu, et perçu comme un bourgeois (" Président des riches "), a besoin des religions pour faire oublier la violence de sa politique, d’où son appel à la religion soutenu par « le Patronat » qui préfère évidemment le retour de la « guerres des religions », qui jamais ne discuteront de la violence des profits, au retour de la « lutte des classes »... dont la question de la répartition des richesses matérielles et du « bien-être », est le fondement.

10 . Macron ou « la financiarisation de l’État »

Après avoir été imposée aux entreprises du « secteur privé » avec les résultats que l’on connaît - chômage de masse, précarisations, suicides - la « financiarisation » s’applique désormais à l’État ce qui explique toutes les décisions financières budgétaires de baisse de l’imposition des entreprises et « des plus riches » financées par des hausses sur les familles (C.S.G, Taxe sur l’essence) et la baisse ou la suppression des Services publics.

La suppression de la « taxe d’habitation » au-delà du fait qu’il s’agit d’un impôt injuste, va surtout permettre de supprimer la commune, fondement de la démocratie depuis 1789.

Tout doit aller « au marché » d’où l’objectif de supprimer le « statut » des cheminots et de privatiser le rail et les aérogares.

11 . Le gouvernement des banquiers

Macron est l’expression de cette domination de « la Finance » sur l’économie réelle et institue « le gouvernement des banquiers, par les banquiers ».

Il faut savoir que cette période de domination des banquiers et de la bourgeoisie d’affaires sur le Pays a déjà eu lieu sous le règne de Louis-Philippe et que cette période a déjà développé la paupérisation des « classes laborieuses » en installant au pouvoir une bourgeoisie d’affaire :

« accession de la bourgeoisie aux affaires manufacturières et financières, permettant un essor économique de première importance en France (révolution industrielle).

Cependant, la chute du régime qu’il a fait naître a pour principales causes d’une part la paupérisation des " classes laborieuses " (paysans et ouvriers) et d’autre part le manque de compréhension de la part des élites de " la monarchie de Juillet " pour les aspirations de l’ensemble de la société française. » [7]

Karl MARX présent à Paris au moment de la « Révolution de 1848 » écrivit :

« Après la révolution de Juillet, lorsque le banquier libéral Laffitte conduisit en triomphe son compère le duc d’Orléans à l’Hôtel de ville, il laissa échapper ces mots : " Maintenant, le règne des banquiers va commencer. "

Laffitte venait de trahir le secret de la révolution.

Ce n’est pas la bourgeoisie française qui régnait sous Louis-Philippe, mais une fraction de celle-ci : banquiers, rois de la Bourse, rois des chemins de fer, propriétaires de mines de charbon et de fer, propriétaires de forêts et la partie de la propriété foncière ralliée à eux, ce que l’on appelle l’aristocratie financière.

Installée sur le trône, elle dictait les lois aux Chambres, distribuait les charges publiques, depuis les ministères jusqu’aux bureaux de tabac » [8]

On voit à quel à quel point « celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre » / K. Marx

12 . Le « guignol des marchés »

Toute la presse " mainstream " s’est précipité sur ce numéro de « Forbes » montrant le « Président moderne » expliquer, qu’il était le leader du « marché libre ».

En fait, le « Leader-Président », surnommé « Jupiter » par les médias, n’est qu’un guignol.

Il faut préciser que « le marché » dans la théorie " libérale ", n’a besoin pour fonctionner que de la rencontre entre une courbe d’offre et de demandes fixant un prix, tout ceci étant régulé par la « main invisible », chère à Adam SMITH.

Et que dans ce cadre, le grand leader du « free market » est tout au plus un serviteur du « marché », pas plus, et quand on ne fait que « servir » le croisement de deux courbes, le grand enfant que je reste, appelle cela un « guignol ».

De Gaulle disait - lui - que « la politique ne se décide pas à la corbeille » [9].

La grandeur était .

13 . Derrière la " violence d’État ", la " violence du capital "

Toutes les lois votées depuis une trentaine d’années sont des lois violentes contre la société, puisqu’elles s’attaquent à « l’intérêt général », fondement de la République, dont le Service public est porteur, pour favoriser l’intérêt particulier, d’où les privatisations et « mises en concurrence ».

Chaque privatisation, dénommée idéologiquement « ouverture à la concurrence », est un viol de la République car seul le « Service public » en tant qu’outil, matérialise la décision politique « d’intérêt général ».

Le discours « libéral » sur la possibilité de faire exécuter par « le privé » des missions de Service public, dénommé, « délégation de services public » est une privatisation de fait.

Dans cette situation, du fait même de la définition du « marché », les contraintes de Services public (sécurité, qualité) et de tarifications sociales, sont abandonnées et s’y substitue celle du profit, première contrainte d’une entreprise dans le cadre « du marché ».

Comment, dans ces conditions, peut-on encore oser prétendre que « déléguer » un Service public au « marché » revient au même ???

Où a-t-on vu une « délégation de service public » rendre un service de qualité supérieure ???

Ceci est un non-sens du fait de la contrainte de profit….

Pour cacher ses violences qui paupérisent la société, l’État a aussi besoin de montrer de manière pornographique les « violences des manifestations », d’où le rôle très ambigu de la Police qui, sur ordre, n’est pas intervenu en amont lors de la manifestation du « 1er Mai », permettant aux « éditocrates du marché » de ne parler que des violences des « bris de magasin » omettant ainsi toutes les violences sociales de « casse industrielle » et de Services publics opérés en catimini, à l’ombre des lois.

La violence d’État décrété par l’entremise des lois est celle « du Capital » qui, pour obtenir ce qu’il veut, n’a point besoin d’aller manifester.

Jean-Jaurès expliquait déjà :

« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers.

Ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale  »

Jean JAURÈS-1906.

Rien de nouveau sous le soleil de Satan.

Tout est déjà parfaitement connu et l’on sait déjà qu’en cas de défaite sociale éventuelle des cheminots, l’irruption sociale reviendra encore plus forte.

Dans l’Histoire, l’insurrection de « la Commune de 1871 » vient après la Révolution inachevée de 1848.

L’Histoire ne se répétant pas, elle ne pourra plus représenter un « nouveau jeune moderne ». Si comme le dit le proverbe, « Chat échaudé craint l’eau froide » alors « prolétaire violenté s’attaque au Maitre » et ceci vaut depuis Spartacus.

Que les « prolétaires modernes » du « nouveau monde » de la « Macron company » des « start-up de pacotille » et des « ubérisés du quotidien » comprennent que derrière les lois qui détruisent les « protections collectives » (code du travail statut, « Services publics »), se trouve « le Patronat » qui dicte en permanence à « Jupiter », les lois à faire adopter.

Oui, derrière la violence d’État, toujours, se trouve la violence du Capital.

« Précarisés et violentés de tous les Pays », unissez-vous.

Fabrice AUBERT

P.S :

Je vous joins ici un article qui montre comment une entreprise « du marché » (ex entreprise publique privatisée " GDF-SUEZ ") va imposer à chaque usager de payer « les prix de marché » en passant par les tribunaux, sans que jamais les français n’aient eu le moyen démocratique de pouvoir se prononcer.

Une violence de plus…du « marché libre et non faussé ».

https://fr.news.yahoo.com/electricit%C3%A9-rapporteur-public-conseil-detat-lannulation-dun-tarif-170650976--finance.html

Le Grand Soir

Notes :

[1] 1300 grèves débouchant sur la création du « Code du travail » de 1910.

[2] Création des « congés payés », hausse des salaires.

[3] La recherche du profit individuel permet le développement de la société.

[4] Karl MARX

[5] Aujourd’hui, c’est la T.V.A. qui rapporte le plus en termes de ressources fiscales, or cet impôt est le plus injuste. Il pénalise plus les pauvres que les riches.

[6] Père de l’actuel Pierre GATTAZ

[7] Wikipédia

[8] « Les luttes de classes en France » 1948

[9] « La Corbeille » étant, à l’époque, le lieu d’achat et de vente de « la Bourse ».