Derrière la crise ukrainienne, c’est un nouvel ordre mondial qu’impulse Vladimir Poutine

, par  DMigneau , popularité : 0%

Derrière la crise ukrainienne, c’est un nouvel ordre mondial qu’impulse Vladimir Poutine

Arriva ce qui devait arriver : le président russe et son gouvernement infligent une leçon magistrale à l’incompétence et l’arrogante illégalité de « l’Occident », mettant ce dernier en " échec et mat ".

L’on pensera ce que l’on veut de la situation, il faut au minimum reconnaître au président Poutine et l’ensemble du personnel politique russe qu’ils ont été d’une infinie patience tout au long d’une situation qui n’a cessé de se dégrader sous les coups fourrés de « l’Occident » via les basses manœuvres " otanesques " pilotées par Washington, et malgré les mises en garde répétées russes.

Pour comprendre la décision russe, il convient de rappeler que depuis mai 2014 le président Poutine a refusé de reconnaître l’indépendance du Donbass et ses deux républiques populaires. Son plan n’est pas l’invasion de l’Ukraine qui ne l’intéresse pas, mais sa démilitarisation, sa " neutralisation " et le refus de la voir intégrer l’OTAN. Il vient d’ailleurs d’exhorter l’armée ukrainienne à renverser l’actuel gouvernement et à reprendre le contrôle du pays.

Sans entrer dans les détails que chacun pourra retrouver via « Internet », voilà environ 30 ans que le " Mur de Berlin " a été démantelé, l’Allemagne réunifiée et 2 ans plus tard, que l’URSS s’est délitée.

Après la dissolution du " Pacte de Varsovie ", l’un des accords entre " Est-Ouest " au bout d’une période de " guerre froide " interminable a été la promesse de « l’Occident » de ne pas intégrer les pays de l’Europe de l’Est dans l’OTAN. Ce qui n’a pas été respecté, « l’Ouest » profitant de la faiblesse de ce qu’il restait de la Russie pour avancer ses pions en direction du plus grand pays du monde en termes de superficie.

En 1999, la « République tchèque », la Hongrie et la Pologne l’ont rejoint. Et les " va-t’en-guerre " de l’OTAN préparaient activement les candidats suivants.

En 2004, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et les trois pays baltes - Lituanie, Estonie et Lettonie - l’ont rejoint à leur tour.

Ensuite, ce furent l’Albanie et la Croatie, en 2009.

Sans oublier les statuts spéciaux du Monténégro, de la Bosnie-Herzégovine, de la Géorgie et de l’ex-République yougoslave de Macédoine. Bref, en quelques années l’OTAN est passée de 13 pays à 29 et toujours en direction de l’Est. Ces adhésions ajoutées à l’entrée de la plupart de ces pays dans « l’Union Européenne » ont d’ailleurs été source de multiples problèmes économiques, sécuritaires, migratoires,... pour les pays de l’Europe de l’Ouest dont certains députés européens demandaient moins de précipitation dans cette course folle aux nouveaux entrants devenue ingérable à bien des égards.

Qui donc s’est avancé sans arrêt vers l’autre pour le menacer ?

La Russie s’est-elle avancée vers « l’Union Européenne » afin de l’encercler ?

A-t-elle installé des bases militaires aux frontières des États-Unis ?

A ces questions élémentaires, nos pays restent muets. Car ce sont bien les États-Unis qui ont poursuivi leurs plans guerriers en direction de la Russie – et par la suite, la Chine – ennemi " communiste " de toujours, sourds aux demandes sécuritaires russes, poussant l’OTAN toujours plus vers « l’Est » du continent européen, n’hésitant pas au passage d’exploser la Yougoslavie – épisode à ne pas oublier ! – au point de tenailler progressivement le territoire russe et d’installer nombre de bases militaires non loin de ses frontières.

Patiemment, dans le silence des vaincus, la Russie a travaillé à son redressement à tous niveaux et sentant d’où venait le danger, s’est dotée dans le même temps et le plus grand secret, de capacités à répondre à toute forme d’agression extérieure, au point d’avoir à ce jour les armes les plus redoutables qui soient, avec une avance technologique sur ses rivaux occidentaux estimée selon les " experts ", à 10 ans.

Si un conflit majeur devait survenir entre la Russie et d’éventuels agresseurs, ces derniers n’auraient pas le temps d’un soupir pour être vitrifiés. Les armes hypersoniques développées par la Russie sont sans commune mesure avec tout ce qu’il y a de connu jusqu’à présent, et si conflit majeur devait survenir, il vaudra mieux se trouver proche du lieu de déflagration et disparaître instantanément pour ne quasi rien sentir de ce qui se passera ensuite.

Vladimir Poutine a d’ailleurs été clair pour ceux " qui tenteraient d’interférer : la réponse sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n’avez encore jamais connues ".

Forts avec les faibles, « l’Occident » prédateur a poursuivi sa politique de destruction massive d’infrastructures de pays entiers dont il convoite les richesses que ce soit au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Asie ou en Afrique.

Et quels que soient les changements de gouvernements à la tête de nos Etats belliqueux, une chose ne varie jamais : le pillage de pays détenant ce que « l’Occident » convoite.

Un exemple de cette mise à sac se déroule chaque jour sous nos yeux en Palestine, sans que cela ne suscite la moindre sanction ou menace à l’égard du régime d’apartheid israélien, animé par l’idéologie sioniste criminelle qu’au contraire nous soutenons et finançons depuis des décennies.

Malgré nos discours aux envolées lyriques, nous exerçons toujours la loi du plus fort sur le plus faible. Et malgré les travestissements que nous y mettons sous bannière " humanitaire ", cela se voit comme le nez au milieu du visage. Sauf que pour le coup, les gouvernements occidentaux se reposant comme d’habitude sur leur arrogante conviction d’être les plus grands, les plus intelligents et les plus forts – avec ce mépris insupportable que viennent nous rappeler les habituels pseudo " experts & spécialistes " de plateaux-télés assortis ici-et-là de " philosophes " dont la nullité n’a d’égale que leur égo d’une perversion sans limite – sont tombés sur plus fort qu’eux en la personne du président Poutine.

Au passage, il n’est pas inutile de rappeler que malgré les mêmes discours menaçants et les sanctions de toutes sortes, ces mêmes " forts en gueule " occidentaux s’abstiennent de s’en prendre de front à l’Iran, sachant que là aussi, ils seraient défaits avec en prime, la disparition quasi instantanée de la colonie israélienne.

Dans un message télévisé à ses concitoyens – autrement plus dense et riche en informations et explications que ceux de " l’ado de l’Elysée " qui la plupart du temps " parlotte pour s’écouter parler " – le président russe est revenu sur l’état du monde en général et la crise ukrainienne en particulier.

Il a rappelé et documenté pour ceux qui ne le savaient pas, l’origine du pays et a expliqué quelles étaient les " lignes rouges " que son gouvernement avait indiquées à ceux qu’il appelle encore et toujours ses " partenaires occidentaux ". Moscou vient d’ailleurs de prévenir qu’elle agirait de même avec la Suède et la Finlande si par erreur ces deux pays devaient eux aussi intégrer l’OTAN.

A bon entendeur...

Les « Occidentaux » n’ont rien voulu entendre, trop occupés à déverser des tonnes d’armes à l’Ukraine dont soudain il faut impérativement respecter les frontières, eux qui les violent partout.

Ainsi, de quel droit ont-ils imposé le Kosovo en plein milieu de la Serbie qui n’en voulait pas ?

Et pourquoi tout ce beau monde se fait-il complice de l’occupation illégale du régime d’apartheid en Palestine ?

Ce " deux poids, deux mesures " est à dégueuler ! Et ce " droit international ", mais surtout occidental " à géométrie variable " vient de " se casser les dents " sur un morceau trop dur et trop gros qui n’a que faire de ses piètres gesticulations.

Comme en Syrie, le président Poutine a agi de manière ordonnée et par étapes, à la demande des présidents des républiques populaires du Donbass. Après huit ans de refus, et sous les bombardements incessants de l’Ukraine, il a finalement signé la reconnaissance de Lougansk et de Donetsk comme républiques indépendantes et s’est porté au secours de leurs populations " russophones " soumises depuis des années à une guerre de " basse intensité " qui aurait coûté la vie à près de 15 000 civils.

Qui, de « l’Occident » a exercé une réelle pression sur Kiev pour que cessent le pilonnage sur ces entités " indépendantistes " ?

Qui l’a contraint à respecter les " accords de Minsk " ?

Personne.

Sinon de multiples réunions, déclarations, promesses... dont on sait qu’elles n’engagent que ceux qui veulent y croire. Et dans le même temps, il y a eu une augmentation de livraisons d’armes, de moyens financiers, de conseillers militaires et de troupes pour renforcer l’Ukraine dont le président, lui aussi issu de ces nouveaux " jeunes cadres " qui séduisent les électeurs par leur jeu d’acteurs mais n’ont rien de l’expérience politique indispensables pour mener une nation, conduisent ces dernières vers l’abîme.

Sauf que la politique n’est pas un jeu et que vouloir l’appréhender comme tel peut être fatal pour ses acteurs.

Pour l’heure, le plus pénible est de voir et entendre les interventions intempestives des responsables " politico-merdiatiques ".

Aucun recul.

Aucune " mise à distance ".

Chacun pense devoir y aller de " sa petite phrase ", de son message plus ferme et déterminé que celui du voisin, comme si cela allait changer quoi que ce soit à la situation.

Jusque et y compris ceux qui se déclarent " de gôôche ".

Quelle indigence, quelle pauvreté d’arguments, quelle perspective misérable pour les peuples dirigés par ces guignols qui ne voient pas le piège étasunien qui leur est tendu et dans lequel ils tombent tête la première.

Dans un discours d’urgence, le " monarque de l’Elysée " qui adore parler de " guerre " au moindre événement de son quinquennat a voulu assurer les Français " qu’il était prêt ".

A quoi donc, pourrait-on se demander ?

Affronter la Russie, aux côtés de l’OTAN ?

Lui qui déclarait il y a quelques mois que l’OTAN était " en mort cérébrale " !?

Lui qui doit " plier bagage " au Mali ?

Lui qui participe à des alliances au Moyen-Orient où les « Occidentaux » vont d’échecs en échecs ?

Lui qui s’entoure des conseils de François Hollande et Nicolas Sarkozy, " bras cassés " s’il en est ?

Lui qui, avec son équipe, ont été d’une rare incompétence pour gérer sa " guerre " contre un virus de la dangerosité d’une grippe ?

C’est dire l’incongruité de ces affirmations et le vide abyssal qui les sous-tend. J’ai déjà souligné combien ces gens-là, incultes et inexpérimentés étaient dangereux pour les citoyens.

Quelles preuves faut-il encore pour que ces derniers comprennent qu’une fois de plus leurs dirigeants les trompent ?

Les États-Unis et leurs alliances criminelles nous ont menti sur tout : le Vietnam, la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen,... – pour ne citer que les plus récents et sans évoquer la Palestine où un lent génocide se poursuit dans l’indifférence générale – et maintenant ils diraient la vérité sur l’Ukraine !?

Mais que faut-il donc à ceux qui se revendiquent " de gôôche " et se réclament du " non-alignement " pour comprendre qu’à chaque déclaration officielle de nos « Etats voyous », il convient précisément de prendre le contre-pied de ce qu’ils annoncent au lieu de " s’aligner " sur leurs déclarations !?

Combien de millions de victimes faudra-t-il encore pour en tirer les leçons !?

Et ceux qui il y a peu s’opposaient à ces mêmes gouvernements et aux décisions ineptes prises lors de l’épisode " Covid-19 " épousent-ils à présent leurs discours ?

Comme déjà signalé, voyez l’incohérence de ces positions traduisant le manque de culture politique de citoyens n’ayant pour seul repère que les " chaînes d’infos " aux mains des milliardaires acoquinés au pouvoir, et qui manipulent l’opinion comme ils veulent.

Les vrais " non-alignés " qui connaissent les sombres manigances occidentales se sont pour la plupart abstenus de condamner la Russie, disant au contraire qu’ils comprenaient la réaction russe : la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Iran, le Venezuela, la Syrie, Cuba, l’Egypte... et même la Serbie. Ce qui fait " un paquet de monde " et invalide l’affirmation d’une " condamnation mondiale et unanime " contre elle.

Parce que derrière cette crise ukrainienne, c’est au renversement de l’hégémonie occidentale que le président Poutine vient de donner un coup probablement fatal, imposant une vision du monde multipolaire à ceux qui l’ont dirigé de manière unipolaire.

Bien qu’il soit hasardeux en de telles circonstances de se projeter dans l’avenir et de prédire ce qu’il en sera, je pense qu’il adviendra de l’Ukraine et des aventures risquées de son président Zelensky financées par « l’Occident » – on en est à plusieurs milliards de dollars ou d’euros, le tout avec nos impôts, faut-il le rappeler !? – ce qu’il est advenu de la Géorgie et de son allumé président Saakachvili qui croyait lui aussi il y a quelques années au soutien de « l’Union Européenne » et de l’OTAN pour s’en prendre à la Russie.

On a vu ce qu’il en est sorti...

Et je profite de l’occasion pour rappeler que tous deux ont été conseillés par les idiots utiles, taches dans le " paysage politique " français, que sont Bernard-Henri Lévy et son clone, Raphaël Glucksmann, imposteurs avérés qu’il faudrait bannir des micros et plateaux télés, voire juger pour complicité de crimes de guerre. Ce serait un acte positif de santé publique.

Dessillez-vous les yeux, et voyez comment les Etats-Unis agissent : ils ne s’engagent plus eux-mêmes mais fomentent de troubles alliances, financent et arment à tours de bras leurs " alliés " du moment – ce qui fait tourner à plein régime leurs industries d’armement – et les poussent à prendre tous les risques.

Mais une fois le conflit enclenché, ils s’abstiennent.

L’administration Biden a d’ailleurs annoncé qu’elle ne ferait pas la guerre en Ukraine et Paris en a profité pour préciser à son tour que " la France n’avait pas déclaré de guerre contre la Russie ". Le président Zelensky l’a compris trop tard et se plaint déjà que ceux qui l’ont poussé à ne pas négocier avec le voisin russe ni appliquer les " accords de Minsk ", se font plus que discrets maintenant qu’il a besoin d’eux sur le terrain. Et qui semble d’un coup prêt à négocier un " cessez-le-feu " avec la Russie mais exclusivement par l’intermédiaire d’Israël.

Faut-il un dessin pour comprendre ce qui se trame en coulisses ?

Dans quelques jours, voire quelques semaines, la situation sera réglée et la Russie a rappelé ses objectifs : démilitariser l’Ukraine, en chasser le gouvernement infesté de nazis et la rendre neutre.

Mais certainement pas l’occuper.

Ce qui devrait à terme, pacifier la région.

Soit l’exact opposé de ce que fait « l’Occident » dans toutes ses interventions militaires. Les discours des uns et des autres apparaîtront pour ce qu’ils sont : beaucoup de vent pour rien et chacun aura une nouvelle démonstration que l’OTAN est vraiment une organisation obsolète et de tous les dangers pour nos pays qui doivent d’urgence la quitter et s’atteler à son démantèlement.

Enfin, « l’Union Européenne » aura fait une nouvelle démonstration de la pauvreté de son personnel politique, diplomatique, sans parler du peu d’intelligence et de perspicacité qui l’anime.

Dans la surenchère imbécile de mesures prises contre la Russie, « l’Union Européenne » annonce " geler " les avoirs de Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov, ce que la Russie a averti être un point de non-retour !

En fin de compte, ce sont les « Européens » qui paieront l’addition. Et il ne faudrait pas s’étonner qu’à un moment, la Russie coupe le robinet de gaz vers « l’Europe » à qui les Etats-Unis seront ravis de vendre leur saloperie de gaz de schiste liquéfié, plus cher et écologiquement catastrophique tant dans l’exploitation que le transport par containers.

Puis, les " écolos de service " viendront nous parler " d’environnement ".

Il serait urgent que les citoyens comprennent enfin que « l’Europe » a plus besoin de la vaste Russie, riche de ses immenses étendues non encore exploitées, formidable porte vers « l’Asie »... que l’inverse !

Les Etats-Unis eux-mêmes ont compris ces enjeux mondiaux et sous l’administration Obama se sont tournés vers « l’Asie » sentant bien d’où ils étaient menacés dans leur hégémonie.

Pourquoi donc « l’Union Européenne », géographiquement soudée au continent " eurasiatique " à qui la Russie n’a cessé de " tendre la main " n’a-t-elle pas compris le virage qu’elle devait opérer en s’arrimant à « l’Est » et ses perspectives pour son avenir, plutôt que d’entretenir sa vassalité vis-à-vis des Etats-Unis situés à 6 000 km d’océan, empire vacillant qui viole tous les traités internationaux et qui l’ignorera le temps venu, comme cela se passe avec tous ses " alliés " ?!

Daniel VANHOVE

Le Grand Soir.fr