Déclenchement, montant et durée des droits : ce que la réforme de " l’assurance chômage " va changer

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Déclenchement, montant et durée des droits : ce que la réforme de " l’assurance chômage " va changer

Les conditions d’accès à l’assurance chômage changeront le 1er novembre 2019. - BERNARD JAUBERT / ONLY FRANCE

Conditions d’accès durcies, prolongation des allocations plus difficile, diminution de l’indemnisation des plus hauts salaires au bout de sept mois, ouverture aux indépendants et en cas de démission : le Premier ministre, Edouard Philippe, a décrit par le menu ce mardi 18 juin ce que la réforme de " l’assurance chômage " changera dans quelques mois.

Bientôt du nouveau chez « Pôle emploi ». Le gouvernement a annoncé ce mardi 18 juin les nouvelles conditions d’accès aux droits qui découleront de sa réforme de " l’assurance chômage ", voulue par Emmanuel Macron, et qui entreront en vigueur le 1er novembre 2019.

Des mesures qui visent à réduire de 150 000 à 250 000 le nombre de « demandeurs d’emploi » et à atteindre 3,4 milliards d’euros d’économies sur la période 2019-2021, selon les objectifs annoncés à Matignon par le Premier ministre, Edouard Philippe.

Quelles en seront les conséquences concrètes pour les chômeurs ?

On récapitule.

LES CONDITIONS D’ACCÈS AUX ALLOCATIONS DURCIES

Pour avoir droit à une " allocation chômage ", vous devrez, à partir du 1er novembre 2019, avoir travaillé six mois sur les deux dernières années, au lieu de quatre sur les 28 derniers mois dans les conditions actuelles.

En clair, il faudra avoir travaillé plus pendant un laps de temps plus court pour toucher une indemnisation.

Combien de « demandeurs d’emploi » seront concernés par ce " coup de canif " dans la protection sociale ?

A la demande des syndicats, « l’Unédic » avait évalué plusieurs hypothèses de réformes. La plus proche de celle envisagée par le gouvernement, qui envisageait un passage à l’équivalent de 4 mois travaillés sur une période de 2 ans (donc 2 mois de moins que le projet gouvernemental sur une période équivalente), aboutissait déjà selon « l’Unédic » à une diminution de 11% du nombre de chômeurs indemnisés – soit 236 000 personnes –, pour une économie de 160 millions d’euros.

LE RECHARGEMENT DES DROITS PLUS DIFFICILE

Les conditions de " rechargement " des droits seront également durcies.

Rappel du principe : plus un « demandeur d’emploi » travaille avant d’atteindre l’épuisement de son droit à " l’allocation chômage " d’aide au retour à l’emploi (ARE), plus il acquiert de droits à " l’assurance chômage " dans la durée.

A partir du 1er novembre 2019, le « seuil de rechargement » sera rehaussé : il faudra avoir travaillé au minimum six mois, au lieu d’un seul actuellement, pendant sa période d’indemnisation pour pouvoir prolonger celle-ci de l’équivalent du temps travaillé.

Le Premier ministre a - en revanche - annoncé, conformément à la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, que les salariés démissionnaires et les « indépendants » auraient désormais accès à l’assurance chômage, sous certaines conditions.

BAISSE DES DROITS AU-DESSUS DE 4 500 EUROS

Si vous gagniez plus de 4 5000 euros brut dans votre emploi avant d’être au chômage, votre indemnisation diminuera à l’avenir de 30 % à partir de sept mois sans emploi.

Toutefois, vos " allocations chômage " ne pourront pas descendre sous un plancher de 2 261 euros net.

Seuls les cadres de plus de 57 ans ne sont pas concernés par cette dégressivité des droits au-dessus d’un salaire " plancher ".

" BONUS-MALUS " POUR CERTAINS CDD

Enfin, les « chefs d’entreprise » des secteurs de l’industrie agroalimentaire, de la production et la distribution d’eau, de la publicité, de " l’hébergement-restauration ", des transports, de l’industrie du bois, et de la fabrication de produits en caoutchouc et plastique seront concernés par le système de " bonus-malus " pour les contrats courts à partir du 1er janvier 2020.

Les contours précis de cette mesure ne sont pas encore connus mais son principe est le suivant : plus les salariés d’une entreprise sont nombreux à s’inscrire à « Pôle emploi », plus l’entreprise se verra attribuer un malus.

À l’inverse, plus une entreprise fera des efforts, plus ses cotisations vont baisser.

Ces dernières, aujourd’hui fixées à 4,05 %, varieront pour ces secteurs entre 3 % et 5 %.

Recrutements chez Pôle emploi

Après trois années de diminution des effectifs de « Pôle emploi », le gouvernement semble avoir décidé de prendre la direction inverse, en annonçant le recrutement de plus de 1 000 conseillers pour accompagner les chômeurs. Avec à la clef la promesse d’un dispositif " d’accompagnement intensif " des demandeurs d’emploi, concentré sur deux demi-journées dans les quatre premières semaines qui suivent l’inscription.

Louis Nadau

Marianne