Déchéance de nationalité : quand la France dit oui, la Suède dit non à l’extrême droite

, par  DMigneau , popularité : 64%

Déchéance de nationalité : quand la France dit oui, la Suède dit non à l’extrême droite

Le jour même où les députés français votaient l’introduction dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour les terroristes, leurs homologues suédois rejetaient mercredi un amendement similaire. Proposé par la gauche ici, il l’était là-bas par… l’extrême-droite.

Les députés français ont voté en faveur de la déchéance de nationalité. - Sipa

Cruel coïncidence pour Hollande et Valls. Alors que, sur leur proposition, les députés français votaient mercredi l’introduction dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes ou délits en lien avec le terrorisme, la Suède a rejeté dans le même temps un amendement similaire. Lequel avait été proposé par les " Démocrates de Suède " qui, comme ne l’indique pas leur nom, est le parti d’extrême droite là-bas.

L’amendement en question était proposé dans le cadre d’un projet de loi antiterroriste. Comme la France, Stockholm renforce son arsenal pénal en punissant par exemple désormais de deux ans de prison un départ vers l’étranger afin de participer à une entreprise terroriste.

Sont aussi durcies les peines pour divers délits en lien avec le terrorisme. En revanche, pour la déchéance de nationalité, c’est " inte " (" non ", en suédois). Cette mesure a été rejetée sans ambiguïté, par 45 voix pour et 236 voix contre. En fait, seuls les députés d’extrême droite ont voté en sa faveur.

Tout le contraire, donc, de ce qu’il s’est passé en France…

Que disait l’amendemanet suédois ?

Le parti anti-immigration souhaitait introduire " la possibilité de retirer la nationalité suédoise à une personne condamnée pour un délit en lien avec le terrorisme (...) même si cela la rend apatride ".

Si, en France, les références aux binationaux et à l’apatridie ont disparu du texte voté à l’Assemblée, l’idée avait bien été portée par François Hollande devant le Congrès le 15 novembre. Et le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a d’ores et déjà annoncé la volonté d’y revenir.

Dans ce cas, le projet de loi français redeviendra l’exacte copie de l’amendement suédois rejeté. Pour un gouvernement qui ne cesse de brandir la portée " symbolique " de cette modification constitutionnelle, en voilà un symbole !

Abdallah Soidri

Marianne