De retour en France, le journaliste Loup Bureau revient sur ses conditions de détention en Turquie

, par  DMigneau , popularité : 65%

De retour en France, le journaliste Loup Bureau revient sur ses conditions de détention en Turquie

Loup Bureau a déclaré avoir reçu " menaces " et " intimidations " mais n’avoir pas été " maltraité physiquement ". - Capture d’écran BFMTV

Le jeune reporter a été libéré le 15 septembre et a retrouvé le sol français ce dimanche. Accusé de " participation à une organisation terroriste ", il était resté enfermé plus de 7 semaines dans une prison du sud-est de la Turquie. Il commence à raconter sa détention.

Après 51 jours dans les geôles turques, le journaliste indépendant Loup Bureau a finalement regagné la France ce dimanche 17 septembre. Son avion, qui le ramenait d’Istanbul, a atterri à 9 heures à l’aéroport de Roissy. Il y a été accueilli par ses proches et la ministre de la Culture, Françoise Nyssen.

Devant un parterre de journaliste, le reporter de 27 ans, qui était accusé de " participation à une organisation terroriste " par la Turquie, s’est dit " soulagé ". Il est revenu sur son séjour carcéral :

" Les conditions de détention ont changé. Au départ, c’était un peu compliqué. Mais à partir du moment où il y a eu un soutien plus public, à partir du moment où le président, monsieur Macron, a annoncé qu’il demandait ma libération, il y a eu du changement. Les gardiens ont commencé à comprendre que je n’étais pas un terroriste. Que les faits qui m’étaient reprochés n’étaient pas forcément vrais. "

" Je n’ai pas été maltraité physiquement mais il y a eu des menaces et des intimidations ", a précisé le journaliste qui a été relâché vendredi 15 septembre. " En ce qui concerne la prison, je dois dire que j’étais bien traité. J’avais de quoi manger, les gardiens étaient à ma disposition "

" Il a été traité comme un prisonnier kurde "

Présent à l’aéroport, son père, Loïc Bureau, a été plus direct :

" Psychologiquement, il était sur la brèche (...) Lors de sa garde à vue, il a été traité comme un prisonnier kurde, il a subi des sévices. Jusqu’à Istanbul, il n’a pas dormi et a été mis dans un endroit de grande misère humaine. "

La veille sur " TV5 Monde ", Loïc bureau avait évoqué un " dénouement-éclair " après la visite en Turquie du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, alors que les espoirs de libération semblaient alors devenus très maigres.

La veille de sa libération, ses avocats avaient reçu l’acte d’accusation de la justice turque, acte qui ouvrait la perspective d’un procès. Malgré son retour en France, Loup Bureau " a toujours au-dessus de lui un risque de condamnation, une condamnation extrêmement grave puisque cela voudrait dire que Loup est un terroriste ", a rappelé son avocat.

D’abord soupçonné puis formellement accusé par Ankara d’appartenir à une organisation terroriste, Loup Bureau était détenu dans la ville de Sirnak, au sud-est de la Turquie.

Il avait été interpellé à la frontière turco-irakienne après que les autorités aient trouvé sur son appareil photo des clichés le montrant aux côtés de combattants kurdes des YPG. Cette milice armée, qui combat Daech en Syrie, est aux yeux du gouvernement turc une branche du PKK, lui-même classé comme " terroriste ".

Pierre Chevillard

Marianne