De déchéance en déchéance …

, par  DMigneau , popularité : 100%

De déchéance en déchéance …

L’avant Noël fut tristement agité par cette cynique décision présidentielle : vouloir faire honte à des terroristes bi-nationaux, en les privant de ce qui leur tenait sûrement le plus à cœur : être Français.

Cette mesure, si elle est adoptée, fera beaucoup de peine à ceux qui se font sauter avec une ceinture d’explosifs. Ne pas arriver devant les soixante-dix vierges en brandissant un passeport français devrait, en effet, réduire sensiblement leur charme aux yeux de ces promises qui les attendent avec impatience.

Le ridicule ne tue pas, fort heureusement, pour François HOLLANDE, mais l’indignité n’a pas besoin d’être proclamée par un tribunal pour s’attacher désormais aux basques d’un homme qui aura descendu peu à peu, jusqu’à se prosterner devant les criailleries de l’extrême-droite de l’UMPFN.

Décidément cette année 2015 n’aura pas été une année faste puisque démarrée dans les attentats contre Charlie-Hebdo, poursuivie par le carnage du vendredi 13 novembre … et achevée par cet attentat contre nos principes fondamentaux consistant à fabriquer plusieurs millions de « Français à l’essai ».

On pouvait donc penser qu’il était temps que débute 2016 en espérant qu’elle sera meilleure … mais 2015 nous réservait une dernière déchéance … et ce n’est pas la moindre.

Un saucisson-chaud pistaché, un tablier de sapeur, un chapon de Bresse, un cardon à la moelle, un Saint Marcellin, un brochet au beurre blanc … j’arrête mon énumération, car je vous entends déjà en train de saliver, d’autant que les vignobles qui entourent Lyon se mêlent de la partie, de Juliénas à Condrieu, de Saint Véran à Saint Joseph … pour vous étourdir.

Depuis de nombreuses années, les gens pressés qui déboulaient de l’ensemble du nord de l’Europe par l’autoroute A6 en direction de la Côte d’Azur ou du Languedoc et de l’Espagne, pouvaient lire un panneau leur suggérant de faire au moins une étape à Lyon « Capitale mondiale de la gastronomie ».

Et voici que cela aussi s’écroule.

Un classement des cinquante meilleures tables au monde, dénommé « The world’s 50 best restaurants » avait porté un coup fatal à notre fierté nationale… en ne plaçant que quatre restaurants français dans ces élus … dont pas une seule table lyonnaise.

Lorsque nos sportifs reviennent d’une grande compétition sportive sans médailles, le soupçon de dopage chez les concurrents nous sert à ne pas plonger dans la déprime.

Pour les restaurants, le Quai d’Orsay de Laurent FABIUS lança un classement concurrent, modestement dénommé « La liste » qui classe les mille meilleures tables au monde.

Horreur et consternation, dans ce classement félon deux restaurants lyonnais seulement se glissent discrètement : « La Mère Brazier » à la 247 ème place et « Le neuvième art » à la 470 ème place.

Hors Lyon, mais dans le Rhône, l’indéboulonnable Paul BOCUSE est maintenu à la 102 ème place et Guy LASSAUSSAIE à la 234 ème place. Paul BOCUSE, jadis pape du palais, devancé par plus de cent restaurants … va-t-il résister à cet affront ? A croire que certains en veulent à sa vie.

Concernant « La Mère Brazier », j’y avais emmené celle que j’appelle « ma fille vietnamienne », il y a onze ans … et la volaille demi-deuil que nous avions dégustée était magnifique.

Après la déchéance de nationalité, ce classement est une véritable déchéance gastronomique … dont Lyon aura du mal à se remettre … oui, vivement 2016, pour qu’on tourne la page.

Jean-Paul BOURGÈS

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