Crise politique et sécuritaire au Mali

, par  DMigneau , popularité : 0%

Crise politique et sécuritaire au Mali

Le Mali fait partie des pays les plus pauvres du " capitalisme-salariat " mondial d’où l’impuissance de « l’État » à liquider les groupes djihadistes.

Ces « djihadistes » rêvent d’imposer le califat islamique sur le Mali, un État laïque.

A la suite de la chute du régime de Khadafi en 2011, plongeant la Libye dans le chaos avec une libre circulation des armes lourdes, les militaires Touareg maliens lourdement armés (Ex-fidèles de Khadafi) ont convergé vers le Nord-Mali.

Face au budget famélique de l’armée malienne, sous équipée, le rapport de force a rapidement changé.

En effet, dans les années 1960, 1990 et 2000 l’armée malienne malgré son sous-équipement structurel a su faire face à plusieurs rebellions touareg, des accords de paix ont été signé, les rebelles ont déposés les armes, notamment sous la présidence d’Alpha Omar Konaré.

Mais le chaos libyen a été décisif et fatal pour l’armée malienne.

La libre circulation d’armes lourdes, dans un espace où les États pauvres et surendettés sont incapables de bien s’équiper, a été une aubaine pour les djihadistes car ceux-ci ne prospèrent que où il y a le chaos (Irak, Syrie, Lybie, Afghanistan,etc.) et l’extrême pauvreté des États (Mali, Niger, Nigéria, Somalie, etc.)

Ainsi courant 2012, la rébellion touareg prenait ville après ville. Cette déroute de l’armée provoqua un coup d’État militaire dirigé par le capitaine Amadou Aya Sanogo contre Amadou Toumani Touré.

Ce coup d’État accéléra la désorganisation de l’armée et les 2/3 du territoire furent engloutis par les " sécessionnistes ". Sachant que rien ne peut l’empêcher de s’emparer de la capitale Bamako, le chef Touareg Iyag Ag Ghali adopte le « djihadisme » pour justifier, auprès de la population majoritairement musulmane, l’annexion totale du Mali en le transformant en califat islamique.

Face à la pression internationale, le putschiste Amadou Aya Sanogo cède le pouvoir à un gouvernement de transition, dirigé par Dioncounda Traoré, pour organiser de nouvelles élections.

Mais au centre du pays les djihadistes de Iyad Ag Ghali avançaient à grande vitesse et la capitale Bamako était menacée. D’où l’appel urgent du Mali à la France pour stopper les djihadistes. En quelques jours, avec une armée aérienne de premier plan, les djihadistes les plus hardis ont été " grillés " sur leurs pick-up et les autres ont disparu dans la nature.

Depuis les djihadistes Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa, « l’État islamique » au Sahel, etc. ont changé de tactique. Leur but n’est plus territorial (impossible à moins de se faire carboniser par les bombardiens français) mais l’organisation d’attentats meurtriers contre les bases militaires et les populations civiles inoffensives.

C’est dans le cadre de cette longue lutte contre le djihadisme que débute une nouvelle crise politique, actuellement, à Bamako où de grandes manifestations demandent la démission de Ibrahim Boubakar Keïta, un président élu démocratiquement pour cinq ans.

Cette situation est très dangereuse car nous avons vu les conséquences dramatiques du coup d’Etat contre le president démocratiquement élu Amadou Toumani Touré en 2012 désorganisant l’Etat central et précipitant la déroute de l’armée.

Que peut faire l’opposition si elle vient au pouvoir et que ne le peut l’actuel président élu pour sécuriser le Mali et éviter sa partition définitive ?

Rien.

L’actuel président ne doit pas céder sinon, s’en est fini de la fragile démocratie malienne.

Perspectives de long terme

L’humanité entre dans une zone de turbulence et d’accélération de l’Histoire où dans les grandes puissances économiques (États-Unis, UE, Chine, Japon,etc.) le " capitalisme-salariat " va décliner très rapidement d’ici 2050 et les chômeurs deviendront majoritaires.

Certains intellectuels font des projections subtiles sur le " réchauffement climatique " vers 2100 et qu’on a baptisé " Urgence climatique " alors qu’une grave crise du chômage menace les pays " développés " d’ici 2050 où la majorité de la population sera engloutie.

Il suffit de constater la baisse tendancielle du taux officiel de la croissance du PIB depuis 1960 (déjà négatif dans certains pays) pour voir que l’économie actuelle va " dans le mur ". C’est que nous sommes en lutte de " superclasses ", l’idéologie officielle tend à justifier le " capitalisme-salariat " comme un rapport social éternel.

Dans ce cadre global d’effondrement inévitable du " capitalisme-salariat " mondial au XXIe siècle, il faut dès maintenant de nouveaux « partis communistes » de chômeurs partout : en France, au Mali, aux États-Unis, etc.

Seul un « parti communiste » de chômeurs, d’une part participant activement aux élections( locales, législatives,etc.), soutenant les organisations de mouvement des chômeurs et précaires et d’autre part préparant stratégiquement pour le long terme la révolution communiste, pourra sauver l’humanité de la double crise économique et écologique.

Cette grande révolution a deux condtions :

1° ) Transformation de la population active en une « majorité de chômeurs »

2° ) Conséquence de la première : généralisation d’une nouvelle conscience communiste au sein de la population, la reconnaissance de la lutte des " superclasses " par les chômeurs et la nécessité, pour eux, d’une révolution politique pour s’émanciper définitivement du chômage.

M’bafo Pian

AgoraVox