Crise au Royaume-Uni : après ​le ministre du " Brexit " David Davis, Boris Johnson démissionne

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Crise au Royaume-Uni : après ​le ministre du " Brexit " David Davis, Boris Johnson démissionne

David Davis, eurosceptique convaincu, avait été chargé des négociations du " Brexit " après le référendum de juin 2016. - Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Après le ministre du " Brexit " David Davis la veille, c’est autour de Boris Johnson de démissionner ce lundi 9 juillet. Un double camouflet de taille pour la Première ministre Theresa May, deux jours après l’adoption par son gouvernement d’un plan pour un " Brexit doux " qui doit encore être confirmé par le Parlement britannique.

Boris Johnson démissionne à son tour

Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a annoncé sa démission dans l’après-midi de ce lundi 9 juillet. Flamboyante figure du camp du " Leave " , l’ancien maire de Londres avait rejoint le gouvernement de Theresa May après le référendum de 2016 ayant entériné le " Brexit ". Ce week-end, il avait comparé le fait de défendre le plan de " Brexit doux " proposé par Theresa May à " cirer une merde ". Son départ fait suite à celui du " ministre du Brexit " David Davis, parti du gouvernement dans la soirée de dimanche.

Theresa May pensait peut-être arriver enfin au bout de ses peines quand elle a annoncé, vendredi, qu’elle était parvenue à rassembler son gouvernement derrière un " Brexit doux ", qui assurerait le maintien d’une relation commerciale étroite avec l’Union européenne.

Deux jours plus tard, la démission ce dimanche 8 juillet de son ministre chargé de mener la négociation à Bruxelles compromet fortement les plans de la Première ministre et replonge le Royaume-Uni dans la crise.

" Le jeu de chaises musicales " a commencé : le démissionnaire a été remplacé ce lundi par le conservateur Dominic Raab, jusqu’ici secrétaire d’Etat au Logement, a annoncé le " 10 Downing Street ". Cet " eurosceptique ", ancien membre de la campagne " pro-Brexit ", fait partie de la jeune génération montante du parti de Theresa May.

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David Davis, était le " Monsieur Brexit " du gouvernement depuis le référendum de juin 2016. Dans sa lettre de démission, il dénonce la voie de négociation imposée par Theresa May. Selon lui, les " règles communes " avec l’UE, adoptées par le gouvernement réuni en séminaire vendredi, " laissent le contrôle de larges parts de (leur) économie à l’Union européenne ".

Il déplore que ce " Brexit doux " ne permette pas de respecter la volonté de rupture avec Bruxelles que les Britanniques ont exprimée à travers leur vote et qu’il encourage l’UE à faire " de nouvelles demandes en vue de concessions " de la part du Royaume-Uni.

Dans cette configuration, le contrôle du parlement britannique, qui ne s’est pas encore prononcé sur le plan proposé par le gouvernement May, est selon lui " illusoire ". " Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier " avec l’UE, assure-t-il. Or, explique-t-il : " L’intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, pas seulement un conscrit réticent ".

Risque de démissions en série

Cette démission a été suivie par celle d’un de ses adjoints en charge de la sortie du pays de l’Union européenne, Steve Baker, mais surtout par celui ce lundi d’un autre mastodonte du gouvernement, Boris Johnson, également adepte d’une ligne dure sur le " Brexit . Dans les jours à venir, Theresa May va donc non seulement devoir nommer des remplaçants, mais aussi convaincre ces nouveaux venus d’adhérer à son plan.

Alexandra Saviana

Marianne