Corruption au ​Brésil : après Dilma Rousseff, le président Michel Temer bientôt traduit devant la justice ?

, par  DMigneau , popularité : 38%

Corruption au ​Brésil : après Dilma Rousseff, le président Michel Temer bientôt traduit devant la justice ?

Michel Temer formellement accusé de " corruption passive ". - Sergei Karpukhin/AP/SIPA

Le président Michel Temer, 76 ans, a été formellement accusé de " corruption passive " par le procureur-général du Brésil, Rodrigo Janot, ce lundi 26 juin, en marge de l’affaire Petrobras. Pour que la procédure judiciaire se poursuive, ces accusations doivent toutefois être validées par le vote de deux-tiers des députés.

Le Brésil va-t-il de nouveau destituer son président ?

Un an à peine après la procédure d’impeachment lancée contre l’ancienne icône de la gauche, Dilma Rousseff, accusée d’avoir maquillé les comptes publics, c’est au tour de son successeur et ancien vice-président du PMDB (parti centriste), Michel Temer, 76 ans, d’être formellement accusé.

L’enquête dont il fait l’objet - pour corruption passive - ouverte début mai en marge de la gigantesque affaire Petrobras, s’est en effet soldée ce lundi 26 juin par la décision du procureur-général du Brésil, Rodrigo Janot, de traduire en justice, en l’occurrence devant la Cour Suprême (STF), l’actuel chef d’état brésilien.

En cause notamment, la divulgation d’un enregistrement audio en mai dernier dans lequel Michel Temer semble entre autres autoriser Joesley Batista, haut dirigeant de l’entreprise JBS, un géant de la viande, à verser des pots-de-vins à l’ex-président de la chambre des députés, Eduardo Cunha, condamné fin mars à 15 ans de prison pour corruption dans l’affaire Petrobras.

Temer est toutefois également accusé d’avoir lui-même perçu une importante somme d’argent.

" Entre les mois de mars et avril 2017, (…) le président Michel Miguel Temer Lulia, se prévalant de sa condition de chef du pouvoir exécutif et de leader politique national, a reçu (…) un bénéfice indu de 500 000 reais [135 000 euros] offerts par Joesley Mendonça Batista ", précise effectivement le rapport du procureur-général du Brésil, Rodrigo Janot.

" Rien ne nous détruira "

Outre les chefs de corruption passive, Michel Temer est aussi accusé d’obstruction à la justice et de participation à une organisation criminelle. Deux accusations sur lesquelles Rodrigo Janot doit se prononcer prochainement. Pour l’heure, seule l’Assemblée est habilitée à statuer sur de possibles poursuites judiciaires contre le président, celles-ci devant être validées au préalable par le vote de deux-tiers des députés.

Si tel était le cas, Michel Temer serait écarté du pouvoir comme Dilma Rousseff avant lui pour une période de 180 jours. Une hypothèse d’autant plus ironique que l’intéressé a été l’un des principaux artisans de la destitution de l’ancienne protégée de Lula. Selon " Le Monde " néanmoins, qui cite le site " Congresso em Foco ", le président brésilien bénéficierait à ce jour du soutien des parlementaires. Entre 240 et 250 députés lui seraient de fait fidèles, soit plus que les 172 élus nécessaires.

Impopulaire, Michel Temer, très contesté dans le pays en proie à une grave crise économique et sociale, a échappé début juin à une autre procédure judiciaire ouverte quant à elle pour financement illicite de la campagne présidentielle de 2014, menée aux côtés de Dilma Rousseff.

Confiant, le président brésilien compte ainsi aller au bout de son mandat, censé terminer en décembre 2018. " Il nous faut continuer (…) rien ne nous détruira ", a-t-il déclaré ce lundi...

Magazine Marianne