Cop 21 : l’énorme recul de l’Australie sur le climat

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Cop 21 : l’énorme recul de l’Australie sur le climat

Le Premier ministre Malcolm Turnbull a annoncé renoncer à l’inscription des objectifs de réduction de gaz à effet de serre ce lundi 20 août. - SEAN DAVEY / AFP

L’Australie, un des pays générant le plus de gaz à effet de serre par habitant, a renoncé ce 20 août à inscrire dans la loi ses objectifs climatiques en raison d’une fronde des élus de la majorité.

Nouveau coup de massue pour Malcom Turnbull et les partisans de l’instauration d’une politique énergétique durable. Déjà fragilisé par des récents sondages le reléguant au rang des chefs de gouvernement les plus impopulaires de l’histoire du pays, le Premier ministre australien encaisse un nouveau coup dur, porté cette fois par sa propre majorité.

Depuis octobre 2017 et l’annonce de son plan énergie, dit « National Energie Guarantee » (NEG), Malcolm Turnbull tente, en vain, d’engager les différents partis à poursuivre la transition énergétique de l’Australie.

Présenté à plus d’un titre comme « une réforme nationale historique », le NEG vise à garantir la fiabilité énergétique et la réduction des émissions de « gaz à effet de serre », notamment par l’accroissement des investissements dans la production d’énergies propres, éolienne et solaire, entre autres. Une politique d’autant plus nécessaire que près de deux tiers de la production électrique du pays repose en majorité sur des centrales à charbon vieillissantes.

Fronde de l’ancien Premier ministre

Après plusieurs mois d’âpres débats, les tenants de la frange la plus conservatrice du parti libéral du Premier ministre ont obtenu de lui un renoncement : il n’inscrira pas la réduction des « gaz à effet de serre » dans le cadre de cette loi.

Menée par Tony Abbott, prédécesseur de Turbull à la tête du pays et membre influent de la Chambre des représentants, la fronde met un coup d’arrêt aux espoirs de trouver une issue à une « guerre des tranchées » que se livrent, depuis plus d’une décennie, les élus de ce grand pays charbonnier sur les questions climatiques, rapporte le " New York Times ".

C’est pourtant Tony Abbott lui-même qui s’était engagé lors de la signature de l’accord de Paris sur le climat, en décembre 2015, à réduire les émissions dans une fourchette de 26 % à 28 % d’ici à 2030.

Depuis, aucune législation n’avait entériné ces objectifs.

La fin de tout espoir d’accord sur la transition énergétique ?

Au plus bas dans les sondages, Malcom Turnbull se livre depuis plusieurs mois à « un exercice d’équilibriste » entre la frange la plus à droite de sa majorité – un petit groupe de parlementaires " climato-sceptiques " et " pro-charbon " – et l’opposition « travailliste », qui appelle à se détacher davantage de la dépendance au carbone.

Juliette Hay

Marianne