Congo : des massacres font craindre à l’ONU une purification ethnique

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Congo : des massacres font craindre à l’ONU une purification ethnique

Les réfugiés ont relaté des cas de personnes découpées en morceaux, violées ou mutilées. - Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Dans un rapport publié ce vendredi, l’organisation des Nations unies détaille des horreurs perpétrées en République démocratique du Congo. Des attaques sur les civils qui sont souvent basées sur l’appartenance ethnique.

Des récits effrayants sur la violence qui s’intensifie en République démocratique du Congo (RDC). Plus de 250 personnes ont été tuées dans la provinces du Kasaï ces derniers mois, un bilan qui pourrait signaler le déclenchement d’un nettoyage ethnique, selon un rapport publié ce vendredi 4 août par l’organisation des Nations unies.

Parmi les victimes confirmées, 62 étaient des enfants.

L’ONU met avant l’implication des forces de l’ordre locales et nationales.

Des témoignages ont été recueillis auprès d’une centaine de personnes qui ont fui le Kasaï vers l’Angola voisin entre mars et juin. Elles ont constaté le caractère ethnique des attaques souvent perpétrées par des " Bana Mura ", une milice formée en mars dernier avec le soutien du gouvernement et “ visant à éliminer l’ensemble ” de certaines populations dans les villages, note le rapport.

Les survivants ont évoqué les cris de personnes brûlées vives, la vision de leurs proches traqués puis abattus et leur propre fuite, terrorisés. Ces bains de sang sont d’autant plus terrifiants que, selon les indications que nous avons recueillies, il semblerait que les populations sont toujours plus souvent ciblées en raison de leur appartenance ethnique ”, a déclaré Zeid Ra’ad al Hussein, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.

" Empêcher que cette violence ne bascule dans un processus de purification ethnique à plus grande échelle

Les réfugiés ont relaté des cas de personnes découpées en morceaux, violées ou mutilées, dont un garçon de sept ans qui s’était fait couper plusieurs doigts et défigurer ou encore une femme dont le bras gauche a été tranché.

Au moins 80 charniers ont été découverts dans la région par l’ONU qui a annoncé que ces violences pourraient constituer des crimes contre l’humanité au regard du droit international.

C’est un avertissement très sérieux qui est adressé au gouvernement de la RDC, afin d’agir sans délai pour empêcher que cette violence ne bascule dans un processus de purification ethnique à plus grande échelle ”, a averti Zeid Ra’ad al Hussein.

Plus de 3 400 morts depuis l’an dernier

La violence a éclaté en août 2016 entre la milice " Kamuina Nsapu " et le gouvernement, qui ont tous les deux ciblé certaines ethnies dans la région.

L’ONU cite notamment une attaque dans le village de Cinq où 90 personnes qui se cachaient dans un centre médical ont été abattues. Parmi les 251 victimes tuées recensées, l’ONU en attribue 150 aux " Bana Mura ", 79 aux " Kamuina Nsapu " et 22 aux militaires des forces armées de la République démocratique du Congo.

En juin dernier, l’Église catholique chiffrait le bilan à 3 400 morts dans la région.

Il n’est pas question de justes ni de méchants dans cette crise, souligne Scott Campbell, directeur du bureau des droits de l’Homme des Nations unies dans le pays. Tous les partis doivent être tenus responsables. ”

Jenny Che

Marianne