Comment Macron a dragué De Rugy (qui n’attendait que ça)

, par  DMigneau , popularité : 0%

Comment Macron a dragué De Rugy (qui n’attendait que ça)

Les deux hommes ont fait connaissance en 2014. L’un était élu EELV, l’autre venait d’être nommé à Bercy sous Valls. - VILLARD / POOL / MAXPPP TPa/MAXPPP

Le nouveau ministre de " la Transition écologique " s’est rapproché d’Emmanuel Macron dès 2014. Il était " écologiste modéré " quand le président n’était qu’un ministre " libéral et inexpérimenté ". Récit d’une amitié politique récente.

C’est un fidèle du président qui entre au gouvernement. François de Rugy est dans " les petits papiers " d’Emmanuel Macron depuis longtemps. Les deux hommes font connaissance à la rentrée 2014. Juste après la nomination de Macron à Bercy, l’élu EELV de Loire-Atlantique critique dans les médias son inexpérience politique.

C’est un argument courant à l’époque où le groupe " écolo " de l’Assemblée est un conglomérat de pensées divergentes dont " l’unité " tient à son hostilité au " social-libéralisme " hollandais. Or, le nouveau ministre de l’Economie entend composer une " majorité d’idées " autour de sa future loi, dépassant " les clivages ", et il a bien repéré que François De Rugy n’est pas vraiment sur la ligne de Cécile Duflot, beaucoup plus " à gauche ".

Il l’appelle, le tutoie d’emblée (comme il le fait avec beaucoup de monde à l’époque) et lui propose un rendez-vous à Bercy avec Barbara Pompili, l’autre co-présidente du groupe EELV.

Le courant passe.

Pendant l’examen de la " loi Macron ", début 2015, Duflot bataille contre ce qu’elle appelle « une véritable régression et menace pour la cohésion sociale ».

De Rugy se fait discret… mais il ne peut empêcher que le groupe donne pour consigne de vote « contre ». Là, c’est Manuel Valls qui prend son téléphone. Le Premier ministre exige que le député vote « pour » sauf à devoir renoncer à un siège au gouvernement…

Le " 49-3 " évitera que l’on puisse connaître les positions finales de chacun. Plus tard, De Rugy soutiendra publiquement la libéralisation du transport par autocar.

Au début de l’été 2016, nouveau rendez-vous avec Macron. La confiance est gagnée. Le futur candidat à la présidence de la République dévoile son plan au futur président de l’Assemblée. De Rugy est l’un des rares politiques, au-delà du premier cercle « macroniste » a être mis dans la confidence.

Ils sont peu nombreux.

A la fin du mois d’août, il est même prévenu quelques jours avant la démission de Macron du ministère de l’Economie. Une autre marque d’attention. L’annonce de son ralliement n’est plus qu’une affaire de gestion tactique du calendrier.

" L’écologiste " s’embarque néanmoins dans une aventure parallèle : la primaire de " la gauche " où il fera un maigre 3,9 %. Après son élimination au premier tour, il est prié par Gérard Collomb d’annoncer illico son ralliement à Emmanuel Macron, avant le second tour.

Manière, sans doute, d’affaiblir par ricochet Manuel Valls.

De Rugy, qui s’était engagé comme les autres concurrents à soutenir le vainqueur (Benoît Hamon) attendra tout de même le 22 février pour officialiser son soutien au candidat d’ " En Marche ! " quelques heures avant François Bayrou.

Il était moins une !

Nicolas Prissette

Marianne