Comme Roussel, Jadot prêt à participer à un gouvernement " d’union nationale " avec Macron

, par  DMigneau , popularité : 0%

Comme Roussel, Jadot prêt à participer à un gouvernement " d’union nationale " avec Macron

Après Roussel (PCF), Jadot (EELV) a ouvert la voie ce vendredi à la participation à un gouvernement " d’union nationale " pour dépasser le " blocage institutionnel " sous réserve d’un programme satisfaisant.

Si pour l’heure, ni Bayou ni Rousseau ne se sont exprimés, l’accord avec une telle option illustre des divergences qui pourraient s’aiguiser au sein de la " NUPES ".

Déjà, mardi soir, Fabien Roussel, allait jusqu’à affirmer être prêt à intégrer un hypothétique gouvernement " d’union nationale " à la condition que celui-ci mette " la barre très haute ".

L’ex candidat " écologiste " à la présidentielle, Yannick Jadot, invité au micro de " France Inter " ce vendredi, a pris " le train en marche ", soulignant que " les Verts " étaient " toujours prêts à des compromis ", n’excluant pas qu’ils participent, sous conditions, à un éventuel gouvernement de " coalition " pour sortir de la crise politique, avant de regretter " du bout des lèvres " que le chef de l’Etat ait pour l’heure uniquement fait des " appels du pied clairement à droite ".

Face à l’impasse politique, le chef de l’Etat très mal élu avait cherché mercredi, à l’occasion d’une nouvelle allocution présidentielle, à " responsabiliser " les différentes forces d’opposition en appelant au rassemblement et à une " méthode de gouvernance " nouvelle qui devrait passer par un " élargissement de la majorité ".

En ouvrant la voie à une réponse favorable, Fabien Roussel et Yannick Jadot renvoient " la balle " au camp présidentiel et traduisent une nouvelle clarification à droite de secteurs à l’intérieur de la " NUPES ".

Au sein de " EELV ", ni Julien Bayou, « Secrétaire national » du parti et co-président du groupe à « l’Assemblée », ni Sandrine Rousseau, candidate à la vice-présidence du palais Bourbon, n’ont réagi à cet appel du pied de leur ex-candidat aux présidentielles.

Un silence de la part des instances du parti symptomatique des tergiversations qui règnent au sein de la " coalition de la gauche ".

Les quelques conditions énoncées comme préalable à une entente avec Macron, notamment la " reparlementarisation " du régime de la « Vème République » (les résultats des élections législatives sont une " opportunité historique " de " changer les méthodes de gouvernement ", dixit Jadot) ou le " remaquillage " social et " écologique " de la " Macronie " (" s’il proposait des mesures de lutte contre le dérèglement climatique, pour l’agriculture, le pouvoir d’achat, la démocratie, évidemment il faudrait y réfléchir ", poursuit l’ex candidat des " Verts " à la présidentielle-), masquent mal qu’une telle coalition, du reste assez hypothétique, aurait pour tâche principale de faire accepter de nouveaux sacrifices aux classes populaires et au " monde du travail ".

Macron, lui-même, ne s’en cache pas. Mercredi, il ré-insistait sur sa volonté d’appliquer le programme pour lequel il a été " élu " et notamment (surtout) ses contre-réformes présentées comme " indispensables ".

Une chose est sûre, au sein de la " NUPES ", les divergences commencent à s’exprimer à voix haute et la viabilité de " l’alliance " pose de plus en plus question.

Plus tactiques que stratégiques, ces divergences pourraient être cependant amenées à s’approfondir dans les prochains mois.

Quoique puissent être les différentes tactiques, la réalisation d’une " coalition " avec un " Macron six-pieds sous terre ", incapable de gouverner et coupable durant son premier quinquennat des pires attaques contre le " monde du travail " et la jeunesse, apparaîtrait comme une trahison majeure.

Un juste retour des choses pour les tenants du " capitalisme vert " d’ " EELV ".

Pour le " PCF " ce serait se placer dans le camp du bloc bourgeois, cette fois ultra minoritaire, et une trahison historique à des " années lumières " des intérêts du monde ouvrier et de son origine authentiquement révolutionnaire.

Nathan ERDEROF

Revolutionpermanente.fr