Chassé du pouvoir au Zimbabwe, Robert Mugabe refuse d’annoncer sa démission

, par  DMigneau , popularité : 32%

Chassé du pouvoir au Zimbabwe, Robert Mugabe refuse d’annoncer sa démission

Robert Mugabe vient d’être chassé de la présidence par un putsch militaire. - STR / AFP

Alors que tout le pays attendait qu’il renonce au pouvoir, celui qui règne sans partage sur le Zimbabwe depuis 37 ans a fait comme si de rien n’était dans un discours surréaliste. Il vient d’être chassé de la présidence par un putsch militaire.

Robert Mugabe a décidé de prendre au mot les militaires putschistes. Alors que l’armée a chassé le vieux (93 ans) président du Zimbabwe du pouvoir, le mercredi 15 novembre, en prétendant qu’il ne s’agissait " pas d’un coup d’État ", celui-ci a fait comme s’il gouvernait toujours le pays, ce dimanche 20 novembre, dans un discours étonnant.

Tout le Zimbabwe était suspendu aux lèvres du président qui gouverne cet État d’afrique australe sans partage depuis 37 ans et devait annoncer sa démission.

A la suite du coup militaire, Robert Mugabe a vu tous ses leviers de pouvoir sauter les uns après les autres : ses deux proches alliés, le chef de la police, Augustine Chihuri et le patron de l’administration pénitentiaire, Panadzai Zimondi, faisaient partie des généraux venus exiger de lui une démission.

Son parti politique, la Zanu-PF, l’a exclu de toutes ses fonctions dimanche et l’a même fait expulser, tout en le poussant à démissionner sous 24 heures.

Qu’à cela ne tienne : Robert Mugabe a démarré son discours en se félicitant que… " les pluies aient été bonnes ".

Pendant vingt minutes lunaires, d’une voix lente et calme, le chef d’État le plus âgé du monde a détaillé des projets politiques, évoquant juste " quelques désaccords " récents au Zimbabwe.

Il a même annoncé qu’il présiderait le congrès de la Zanu-PF en décembre, alors que le parti vient de l’exclure !

Pour faire face à cette tentative de le renverser, Robert Mugabe a exhorté les Zimbabwéens à " ne pas se soumettre à l’amertume ou à un quelconque désir de revanche ". Il a estimé, par ailleurs, que le coup d’État du 15 novembre n’avait " pas remis en cause [son] autorité en tant que chef de l’État et commandant en chef de l’armée ".

https://youtu.be/ODfDvOc1i54?t=49

Robert Mugabe, qui règne d’une main de fer sur le Zimbabwe depuis 37 ans, pays qu’il a largement contribué à faire plonger dans la misère, cherche en réalité à ce que sa destitution se fasse dans l’illégalité, plutôt que d’entériner une transition plus sereine.

Le mardi 21 novembre, il pourrait subir un processus « d’empêchement » au Parlement du Zimbabwe.

Magazine Marianne