Charles Trenet, poète, chanteur et enchanteur...

, par  DMigneau , popularité : 0%

Charles Trenet, poète, chanteur et enchanteur...

Charles Trenet disparaissait il y a tout juste vingt ans, le 19 février 2001 : " Il a inventé la chanson moderne ", assure Valentin Schmite, auteur de " La révolution Trenet ".

Nombreux sont les auteurs à l’avoir encensé ou chanté, de Jacques Higelin, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Anne Sylvestre à Benjamin Biolay...

Avec les chansons de Trenet, la nature, le rythme, la gaieté, l’invention verbale entrent en scène...

Ainsi, cette chanson " Ah dis, ah bonjour " qui nous invite à vivre " à la bonne heure ", selon l’expression du philosophe et essayiste Patrick Viveret, c’est à dire à profiter de l’instant et des merveilles de la nature.

Une chanson printanière qui invite à la curiosité et à la découverte de la nature, c’est un véritable hymne aux bonheurs simples que nous offre Charles Trénet...

La chanson s’ouvre sur une succession d’interrogations qui soulignent une attention au monde.

Tout d’abord une question qui évoque " dans le bois ", un " lumineux coquelicot "... Et on découvre qu’il s’agit d’une image pour suggérer un " soleil matinal ", " plus matinal que les jolis yeux " d’une amoureuse...

Le texte lui est adressé à la deuxième personne comme le montre l’expression " tes jolis yeux "... et il revêt, ainsi, une allure familière.

Après avoir mis en jeu la sensation visuelle, grâce à l’image du coquelicot, le poète nous invite à écouter le réveil de la nature : " Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico ? "

Il nous fait entendre les échos sonores du chant du coq, à l’aube.

Puis, il nous incite à observer attentivement cette nature, dans le moindre détail, avec " cette goutte sur la joue d’une fleur ", qui symbolise la rosée du matin et " des larmes de bonheur "...

Le poète magnifie, ainsi la fleur, grâce à cette personnification...

L’emploi de déictiques, dans le premier couplet, semble suggérer la présence de tous les éléments du décor.

La nature entière associée à " l’ardeur " est elle-même personnifiée : " Elle a vingt ans "...

Les nombreux impératifs qui se succèdent : " ouvre les yeux. Réveille-toi... ouvre ton cœur, ouvre ta fenêtre, laisse entrer " donnent du dynamisme et de la vitalité au texte...

Les verbes utilisés sont le plus souvent des verbes d’action ou de mouvement qui suggèrent aussi une vigueur et une énergie renouvelées.

Il s’agit de célébrer l’amour, la lumière, la liberté... il s’agit de rendre hommage de la manière la plus simple à la lumière, en disant tout simplement : " bonjour ".

Les activités proposées sont elles-mêmes très simples : " Cueille la fleur, chante, va-t-en courir sur les chemins... "

Les chemins qui deviennent sous la plume du poète : " de la nature les lignes de la main ", nouvelle personnification qui humanise la campagne environnante...

Puis le bonheur d’un bain dans la rivière, puis celui de se sécher au soleil sont évoqués et suggérés avec empressement, toujours grâce à des impératifs.

L’humour n’est pas oublié dans cette remarque : " N’assieds pas ton derrière Sur les orties familières. "

Le poème s’achève sur le thème de la fuite du temps et sur une invitation à profiter du temps présent...

La mélodie légère, sautillante, enjouée est, en elle-même, une véritable invitation au bonheur.

Les paroles :

https://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-ah-dis-ah-dis-ah-dis-bonjour

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2021/02/charles-trenet-poete-chanteur-et-enchanteur.html

Vidéo :

https://youtu.be/hNl9HyoUdyQ

et pour une petite tranche de bonheur et de poésie supplémentaire, régalez-vous avec ses chansons immortelles :

https://www.youtube.com/watch?v=-62RMi9Vip8&list=PL0242D56770223A48&index=7

Rosemar

AgoraVox