Ces quatre pays de l’UE devraient figurer sur la liste noire des paradis fiscaux, pointe " Oxfam "

, par  DMigneau , popularité : 66%

Ces quatre pays de l’UE devraient figurer sur la liste noire des paradis fiscaux, pointe " Oxfam "

Alexey Vitvitsky / Sputnik

Une semaine avant l’adoption par les ministres européens des Finances d’une liste noire des paradis fiscaux, l’ONG " Oxfam " publie ce mardi 28 novembre à son propre recensement incluant plusieurs pays de l’Union européenne.

Les grandes multinationales et les « ultrariches » ne choisissent pas seulement des îles paradisiaques à l’autre bout du monde pour planquer leur argent.

Rappelant que des États membres de l’Union européenne sont aussi connus pour leurs pratiques agressives « d’optimisation fiscale », l’ONG " Oxfam " appelle ce mardi 28 novembre à ce qu’ils figurent dans la nouvelle liste noire des « paradis fiscaux » que doivent adopter les ministres européens des Finances le 5 décembre.

Les noms de ces pays sont déjà connus sur ce sujet : il s’agit de l’Irlande, du Luxembourg, de Malte et des Pays-Bas.

Tous ont en effet récemment été éclaboussés par divers scandales dont les " Paradise Papers ".

L’ONG les intègre donc son propre recensement, qui comprend une liste de 35 pays hors de l’Europe.

La " crédibilité " de l’Europe en jeu

Pour établir la liste noire de l’UE, les experts européens du groupe " code de conduite " statuent depuis plus d’un an sur 92 juridictions, réparties sur l’ensemble de la planète, en fonction de plusieurs critères tels que la "
transparence " ou " le respect des directives de lutte contre la fraude fiscale " émises par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Or, souligne " Oxfam ", si l’UE appliquait " ces mêmes critères de manière objective (…) sans céder à la pression politique ", elle serait contrainte de viser plusieurs de ses propres membres, qui sont censés déjà se plier aux dernières lois européennes destinées à combattre « l’optimisation fiscale ».

C’est " la crédibilité " de l’Europe, fortement affaiblie par les affaires à répétition (" SwissLeaks ", " LuxLeaks " etc.) qui est en jeu, alerte l’ONG.

« Nous sommes en train de " screener ", d’examiner la situation d’une cinquantaine de pays. Il n’y en aura pas 50 à la fin mais je souhaite que la liste soit extrêmement crédible », a précisé début novembre sur France Inter le commissaire à l’Économie et à la fiscalité, Pierre Moscovici.

Dans une semaine, chacun pourra juger de cette " crédibilité "…

Magazine Marianne