Ce que nous ne pouvons plus supporter

, par  DMigneau , popularité : 0%

Ce que nous ne pouvons plus supporter

Nous avons donc un président qui sciemment a laissé des policiers agir de manière ultra-violente contre des manifestants en très grande majorité pacifistes qui se retrouvaient pris à parti, violentés, agressés et parfois très gravement blessés alors qu’ils exerçaient juste leur droit à manifester, à exprimer leur mécontentement ou leur opinion.

Non seulement, ces policiers ont été libres d’agir violemment mais il est fort possible qu’ils aient reçu l’ordre d’agir ainsi ou bien aucun ordre ne leur a été donné et on les a donc laissé agir par eux-mêmes en laissant leurs bas instincts s’exprimer librement.

On verra quelles suites seront données aux nombreux débordements et fautes de ces policiers mais il est probable qu’une grande partie de ces violence sera " enterrée " ou étouffée.

Voilà donc un pays où l’on met en place un climat de peur pour éliminer toute contestation.

Car il ne fait aucun doute que de nombreuses personnes se sont abstenues d’aller manifester en voyant la violence des forces de l’ordre se déchaîner contre les manifestants.

On est pas très partant pour aller défiler dans les rues quand on voit des personnes avec des mains arrachées, des yeux crevés, des mâchoires éclatées, des visages défigurés, ...

Il n’y a d’ailleurs eu aucun décompte précis des blessés lors des manifestations. Les chiffres sont très variables et on sent bien une volonté de ne pas contester l’existence de blessés graves sans pour autant en faire un décompte précis.

Il fallait impressionner et faire reculer la mobilisation en montrant les blessures occasionnées sans pour autant en montrer l’étendue, ce qui entretient un certain flou quant aux risques réels.

Le LBD (" Lanceur de Balle de Défense ") qui, de par son nom même est destiné à un usage défensif, s’est transformé très rapidement en arme offensive, utilisé pour blesser gravement les manifestants.

Un tir à moins de quelques mètres, en visant vers la tête, a toutes les chances si la balle atteint une cible de créer des lésions très graves.

Depuis le mouvement des " gilets jaunes " en octobre 2018, jusqu’au 21 janvier 2019, on dénombre 143 blessés graves (dont 17 femmes), 92 déclarent avoir été touchés par des tirs de " lanceur de balles de défense ".

De plus, au 3 avril 2019, ces derniers ont occasionné 23 fois la perte d’un œil. D’autres, par centaines, ont été visés à la tête, selon David Dufresne sur " Médiapart ".

En février 2019, suite aux manifestations des " Gilets Jaunes ", le « Conseil de l’Europe » a appelé la France à suspendre l’usage des LBD afin de mieux respecter les droits humains.

C’est le règne de la peur et de la terreur.

Un pays qui met en place un tel climat n’est plus vraiment démocratique car il élimine d’office tout débat.

La peur fragilise les démocraties et peut aisément les faire tomber dans la haine et la xénophobie. Voilà peut-être le pari de notre président : faire " d’une pierre deux coups " en se débarrassant de manifestants encombrants et attiser les haines entre les groupes sociaux, faisant ainsi progresser les groupes et partis « extrémistes ».

Il apparaîtrait alors comme le seul garant et défenseur d’une pseudo-démocratie.

Et que dire de ces " pseudo-débat " ultra organisés et encadrés qui n’était, en fin de compte, que des monologues de notre président. Un monologue inaudible et sans aucun intérêt où des réponses toutes prêtes, conventionnelles et peu constructives étaient débitées à la chaîne.

Nous sommes donc dans un pays où la seule voix audible est celle de " notre " président.

Car on a vu pendant la crise des " gilets jaunes " ce qu’il en était des " journalistes " qui tous - plus ou moins - étaient " au pied " de " notre " président et de ses " sbires-ministres ".

Ah !!! Si les gens n’avaient pas compris quelle était la position des " journalistes " vis à vis des politiques, je pense qu’elle est maintenant claire dans leur esprit : c’est " à genoux " devant ces pseudo-représentants du peuple à leur lécher les pieds.

Il faut voir comment les journalistes de tout bord ont vomi, craché et injurié ces pauvres manifestants. Ce n’était pour eux qu’une populace indistincte, imbécile, violente, moche et nauséabonde.

Quant aux quelques journalistes qui osent braver le pouvoir, ils sont convoqués par la « Direction à la sécurité intérieure » et doivent s’expliquer sur leurs articles et leurs sources.

On cherche là aussi à leur faire peur en les intimidant, voir en les surveillant, surtout s’ils s’intéressent à " notre " président et à son étrange protégé, le dénommé Benalla.

Voilà donc un président qui alors même que le pays est bouleversé par un mouvement sans précédent décide de l’ignorer, de ne pas même nommer ce mouvement quand il aborde le sujet, qui pratique " la politique de l’autruche " en regardant ailleurs et en faisant semblant de s’occuper d’autres problèmes et qui au final part faire du ski.

Voilà un président qui envoie " la troupe " pour mater et faire tirer sur ces gueux, ces indésirables, ces gens qu’il ne connaît pas au final : ses propres concitoyens.

Quelle infamie et quelle honte !!

Je ne me reconnais plus dans ces " représentants " qui n’ont que du mépris vis à vis du peuple qu’ils représentent, qui se gavent et abusent du système, qui ne sont là que pour perpétuer leurs propres avantages et positions.

Le président Macron a été élu car les français en avait assez des " élites ", des discours formatés où les efforts doivent toujours être faits par les mêmes, des solutions uniques.

Ils voulaient quelqu’un " de neuf " qui soit " hors du système ", avec des idées audacieuses et intelligentes, des idées qui permettent de sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes engagés.

Et finalement, c’est pire qu’avant.

Nous avons un président autocrate, méprisant, hautain, peu humain, avec peu d’empathie, quelqu’un de " froid " et technocratique, obnubilé par " la com’ ".

Tout ce que les français détestent, en somme.

Peut-être cet article sera-t-il considéré comme " haineux " et pourra-t-il donc grâce à la nouvelle loi actuellement examinée à « l’Assemblée Nationale » être retiré du net...

Nous voilà revenus presque 250 ans en arrière, donc.

Il va donc à nouveau falloir tout changer.

razoumikhine

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