Ce que la justice reproche à Penelope Fillon

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Ce que la justice reproche à Penelope Fillon

Franceinfo détaille les raisons pour lesquelles l’épouse de l’ancien Premier ministre a été mise en examen, mardi.

© Fournis par Francetv info

C’était attendu.

Après François Fillon et son ex-suppléant à l’Assemblée nationale, Marc Joulaud, Penelope Fillon, l’épouse du candidat de la droite et du centre à la présidentielle, a été mise en examen, mardi 28 mars, pour " complicité et recel de détournement de fonds publics ", " complicité et recel d’abus de biens sociaux " et " recel d’escroquerie aggravée ".

Franceinfo détaille ce qui lui est reproché.

" Complicité et recel de détournement de fonds publics "

Ce chef de " mise en examen " concerne les activités de Penelope Fillon comme " assistante parlementaire " de son époux ou de son ex-suppléant Marc Joulaud à plusieurs reprises entre 1986 et 2013.

Durant cette période, l’épouse de François Fillon a perçu 680 380 euros net, soit plus de 3 600 euros par mois en moyenne, pour ces fonctions.

Les enquêteurs cherchent à déterminer la réalité de cet emploi.

Le clan Fillon a défendu le contenu du travail accompli par Penelope Fillon. Son époux a mis en avant " des tâches simples mais essentielles ", comme la gestion du courrier et de l’agenda et la préparation des discours, dans le cadre d’une relation de travail " très personnelle ".

François Fillon a récemment affirmé avoir remis aux enquêteurs " des courriers avec des notations ", " des échanges de mails ", mais a concédé avoir retrouvé peu de documents pour les années les plus anciennes.

Une défense vigoureuse mise à mal par les propos tenus par Penelope Fillon elle-même. Elle avait notamment déclaré, en 2007, ne pas être impliquée dans le travail de son mari : " Je n’ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre. "

" Complicité et recel d’abus de biens sociaux "

Ce volet concerne son emploi à la " Revue des deux mondes ", propriété de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, un proche de François Fillon.

Penelope Fillon a été rémunérée par cette publication entre mai 2012 et décembre 2013, alors qu’elle était redevenue " assistante parlementaire " à partir de juillet 2012, lors du retour de François Fillon à l’Assemblée nationale.

Pour un salaire mensuel de 5 000 euros brut, Penelope Fillon aurait réalisé plusieurs " notes et des fiches de lecture ", mais seules deux recensions ont été publiées.

Elle assurait également un rôle de " conseillère littéraire " auprès de Marc Ladreit de Lacharrière. Devant les enquêteurs, elle a indiqué lui avoir délivré des conseils " oraux uniquement ", à " quatre ou cinq " reprises, a révélé " Le Monde ".

" Recel d’escroquerie aggravée "

Les soupçons " d’escroquerie aggravée " visent des pièces retrouvées à l’Assemblée nationale, notamment une fiche de renseignements sur laquelle l’épouse du candidat a déclaré en juillet 2012 un travail mensuel à " La Revue des deux mondes " de 14 heures, d’après des sources proches du dossier citées par l’AFP.

Mais « les enquêteurs ont découvert un brouillon de cette fiche de renseignement dans lequel était inscrit cette fois " 30 heures " », expliquait le JDD.

Les enquêteurs se demandent si ce nombre d’heures aurait été minimisé pour respecter la limite légale du temps de travail cumulé quand elle était à la fois salariée par la revue littéraire et l’Assemblée de juillet 2012 à novembre 2013, deux emplois censés être à temps plein.

" Son contrat de 281 jours par an pour la revue lui laissait une totale liberté " pour organiser son travail, avait assuré l’avocat de François Fillon, Antonin Levy.

Franceinfo