Catalogne : un an après le référendum, les Catalans toujours divisés

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Catalogne : un an après le référendum, les Catalans toujours divisés

Manifesation des indépendantistes à Barcelone le 1er octobre 2018.

REUTERS/Enrique Calvo

Un an après le référendum illégal du 1er octobre 2017, les Catalans commémorent la tenue d’un referendum illégal d’autodétermination. Indépendantistes et unionistes semblent irréconciliables.

Une bataille des drapeaux entre royalistes et républicains, nationalistes catalans contre nationalistes espagnoles ou encore partisans de l’union qui rejettent toute forme de nationalisme et se sentent pris au piège entre les indépendantistes et les partisans de la répression.

Le gouvernement espagnol considère qu’il n’y a rien à célébrer aujourd’hui et que ce 1 er octobre est un jour de triste mémoire. Ce référendum fut « un acte illégal, comme l’a dit la justice et il n’a eu aucune conséquence juridique », a ajouté la porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa.

Les tensions sont encore vives en Catalogne, durant le week-end, plusieurs manifestations ont eu lieu à Barcelone. Les indépendantistes ont commémoré la tenue du référendum, tandis que des unionistes clamaient « Gloire à l’Espagne ».

Il y a un an, les indépendantistes occupaient les écoles pour en faire des bureaux de vote. 2,3 millions d’électeurs participaient au scrutin près de la moitié de l’électorat. Et le résultat était sans appel : 90 % de votes en faveur de l’indépendance de la Catalogne.

La déclaration d’indépendance fut proclamée quatre semaines plus tard le 27 octobre et le gouvernement catalan aussitôt destitué par le gouvernement espagnol.

Plusieurs de ses membres du gouvernement catalan s’enfuiront comme le président du gouvernement Carles Puigdemont.

D’autres seront emprisonnés.

Quelles solutions à la crise ?

Le nouveau président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez adopte un discours plus ouvert que son prédécesseur Mariano Rajoy mais comment dialoguer quand chacun campe sur ses positions : strict respect de la Constitution qui a été bafouée par ce « referendum illégal » du côté du gouvernement espagnol, organisation d’un nouveau referendum d’autodétermination du côté des indépendantistes.

Pedro Sanchez reconnaît qu’un an après le référendum, « il est impossible de trouver un consensus sur une question aussi délicate ». Il estime néanmoins que les dirigeants catalans ne devraient pas rester plus longtemps en prison.

Il y a encore 7 personnes en prison, dont la présidente du Parlement catalan qui avait proclamé l’indépendance. Elles sont détenues dans l’attente de leur jugement pour rébellion qui devrait débuter en janvier et durer trois mois.

Ces dirigeants séparatistes risquent jusqu’à 25 ans de prison.

Y a-t-il un risque de voir la situation tourner à l’affrontement ?

La situation est complètement différente un an plus tard puisque le gouvernement reconnaît que les indépendantistes ont le droit de manifester et que c’est aux Catalans eux-mêmes et à leur gouvernement toujours aux mains des indépendantistes de maintenir l’ordre dans la région.

Béatrice Leveillé

rfi.fr