Castex nous offre un couvre-feu policier " made in Darmanin " pour les fêtes

, par  DMigneau , popularité : 0%

Castex nous offre un couvre-feu policier " made in Darmanin " pour les fêtes

Avec une certaine habileté, le gouvernement a cherché à maquiller l’échec de sa gestion sanitaire pour préparer les fêtes.

Son cadeau ?

Le rétablissement du « couvre-feu » avec Darmanin aux manettes et plus de 100 000 policiers pour nous imposer son ordre le soir du nouvel an.

Pour nous faire payer l’échec de sa stratégie sanitaire, c’est le retour de la matraque.

Un discours sur la défensive qui tente de faire oublier la gestion désastreuse de " la deuxième vague "

Fortement critiqué sur sa gestion erratique de la crise sanitaire et de cette " deuxième vague ", Castex a commencé son allocution, ce jeudi 10 décembre, par la défense des mesures de couvre-feu ainsi que des modalités du confinement qui - force est de le constater - n’ont pas mis fin à cette " seconde vague " épidémique.

En invoquant les bilans des autres pays européens, dont la gravité révélerait en creux les "succès " de la gestion française, le « Premier ministre » a surtout cherché " à noyer le poisson " en évitant habilement de reconnaître de façon frontale l’évidence : l’épidémie n’est pas " sous contrôle " et les objectifs en matière de réduction des contaminations sont loin d’être atteints.

Macron s’était en effet, début novembre, publiquement donné pour objectif d’atteindre, au 15 décembre, le cap des 5 000 contaminations quotidiennes, seuil favorable à un " dé-confinement " progressif ainsi qu’à la reprise en main de l’épidémie. Or, depuis le 28 novembre, leur nombre ne descend guère en dessous des 11 000 et semble même repartir légèrement à la hausse.

Ce constat, loin d’être une fatalité, n’est autre que l’expression de l’échec du confinement " Made in MEDEF " que nous dénoncions le 29 octobre dernier et qui ne promettait rien que le travail au prix de notre vie sociale, assumant cyniquement la primauté des profits patronaux sur notre santé.

Des bricolages qui visent avant tout à maintenir les profits du grand patronat, au détriment des travailleurs et des petits commerces

Cette " seconde vague " qui - pour l’heure - n’est pas encore aussi brutale en intensité que la première du fait de la généralisation des « gestes barrières », n’en est pas moins des plus mortelles et tend à s’étirer dans le temps du fait de la stratégie sanitaire gouvernementale. Une gestion qui a surtout visé à préserver le grand capital au détriment de la vie sociale de la population, de la santé des travailleurs, rejetant le coût de la crise sanitaire sur le " petit commerce ".

Cette gestion sanitaire n’est guère autre chose qu’un bricolage à l’image des " perspectives stratégiques " annoncées ce soir par Olivier Véran qui n’a fait que promettre " beaucoup plus " de tests ce qu’il promet depuis des mois, sans jamais réussir à mettre en œuvre la seule stratégie à même de casser les " chaînes de contaminations " : le " tester, tracer, isoler ".

Après bientôt huit mois de gestion, le gouvernement prétend avoir appris mais n’a en réalité pas avancé d’un pas sur ce terrain-là... ce qu’il a cherché à vendre comme du " pragmatisme ".

Signe que le gouvernement navigue " toujours à vue ", son plan détaillé annoncé " en grandes pompes " lors de l’annonce du " dé-confinement " par étape part tout bonnement à la poubelle. Une illustration - s’il en fallait - qu’il n’y a rien à attendre et aucune confiance à avoir dans le gouvernement et sa capacité à gérer la crise sanitaire.

De plus, rien n’a été dit à propos des « personnels soignants » qui se battent au quotidien avec un outil de travail grandement dégradé et des moyens humains déficitaires contre l’épidémie et ses conséquences.

Le discours gouvernemental, aux accents fortement paternalistes et condescendants, se paye essentiellement de " coups de communication " mais ne propose pas de plan sanitaire crédible pour renforcer à court, moyen et long terme notre système de santé, améliorer les conditions de travail des soignants et préserver la santé de la population comme en témoigne l’injonction à peine réaliste du ministre de la Santé à " ne pas se précipiter sur les tests avant les fêtes " !

Aucune perspective donc, si ce n’est courber encore et pour longtemps l’échine, se terrer chez soi, attendre, et ce afin que les " grands magasins " restent ouverts pour Noël.

Aucune annonce n’a été faite sur la stratégie sanitaire à moyen terme pas plus que sur la campagne de vaccination qui n’a fait l’objet d’aucune mention directe de la part du gouvernement, témoignant ainsi d’une certaine fébrilité politique.

Continuité et renforcement du confinement " pro-patronal " d’octobre

Le point soigneusement évité tout au long de la conférence de presse gouvernementale est bien entendu le maintien du travail dans les grandes entreprises et les " grands magasins ", qui se trouve être la véritable raison de la préférence accordée à Noël sur le réveillon du « Nouvel An ».

Les deux ressorts de ce confinement " made in MEDEF " auront été d’une part le maintien des activités économiques non essentielles dans les grandes entreprises et l’industrie et d’autre part, l’ouverture des écoles et des lycées afin de permettre aux parents de travailler sans avoir à assurer la charge de la garde des enfants.

Mais en l’absence d’une véritable politique de gestion de la crise sanitaire, le gouvernement ne peut que " réchauffer " ses demi-mesures qui favorisent l’économie au détriment de la santé.

Les mesures annoncées par Jean Castex au rang desquelles figure notamment le rétablissement d’un « couvre-feu » de 20h00 à 6h00 (mesure plus contraignante encore que le confinement dans ses modalités actuelles), s’inscrivent dans la continuité des mesures " pro-patronales " imposées fin octobre.

La stagnation de l’épidémie est la démonstration des limites de ces mesures qui n’ont eu qu’une efficacité partielle. Or, plutôt que de reconnaître que, dans le cadre de l’impréparation globale du gouvernement face à la reprise de l’épidémie, " l’ouverture " de l’économie et des écoles constituaient un " plafond ", Olivier Véran a préféré en appeler en premier au " relâchement collectif " pour expliquer l’existence de ce " plateau " des contaminations.

Darmanin et sa police en toile de fond, la répression comme seul horizon

Mais l’élément principal de cette conférence tient sans doute dans la présence à peine discrète de Darmanin, celui-là même qui se trouve au cœur de la tempête de la contestation contre la loi de « Sécurité globale ».

Malgré le ton prudent de la conférence, c’est bien la matraque qu’on nous a promis en cas de reprise de l’épidémie. Alors que près de 300 000 contraventions ont déjà été dressées, le " premier flic de France " a annoncé que la plus ferme intransigeance serait de mise, promettant de réprimer toute infraction ainsi que d’éventuelles " fêtes sauvages ".

L’interdiction du réveillon du « Nouvel An » sera aussi l’occasion du déploiement de près de 100 000 policiers et gendarmes afin de faire respecter le couvre-feu.

Dans un contexte d’offensive sécuritaire, impossible d’ignorer le bourdonnement de la menace répressive annoncée par celui qui entend faire taire les journalistes et les manifestants qui se battent contre son projet de loi liberticide.

Trop occupé à défendre sa loi anti-démocratique, le gouvernement vient d’être rappelé à la réalité de ses échecs en matière de gestion sanitaire. Ses tentatives pour redorer a posteriori son bilan, à un an des élections, ne doivent pas passer sans contestation.

Non, il n’y a aucune confiance à avoir en Macron et son gouvernement pour répondre à la crise sanitaire. Il est plus que nécessaire d’opposer à son impéritie une stratégie alternative. Ce dernier n’a en effet que la matraque pour résoudre la crise sanitaire. Il est plus que nécessaire de dénoncer ce retour de l’autoritarisme et le nouveau " tour de vis " que nous prépare le gouvernement, sous la houlette d’un Darmanin désavoué par la rue.

Jean BEIDE

revolutionpermanente.fr