Carlos Ghosn, l’homme qui voulait plus que ses… 130 millions d’euros gagnés chez Renault-Nissan !

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Carlos Ghosn, l’homme qui voulait plus que ses… 130 millions d’euros gagnés chez Renault-Nissan !

Carlos Ghosn a gagné une fortune chez Renault-Nissan. - ULI DECK / DPA / dpa Picture-Alliance

Soupçonné par la justice du Japon d’avoir soustrait des millions à l’impôt, Carlos Ghosn ne vivait pas pourtant sur un salaire minimum : depuis son arrivé à la tête du groupe Renault en 2005, puis tant que dirigeant de Renault-Nissan, jusqu’à son arrestation ce lundi 19 novembre pour " fraude fiscale ", il a pu amasser une petite fortune…

Une paille.

Carlos Ghosn, le patron de " Renault-Nissan " dont le Japon a annoncé ce lundi 19 novembre l’arrestation pour des soupçons de " fraude fiscale ", aurait, selon l’agence de presse japonaise " Jiji ", sous-évalué ses revenus de quelque 5 milliards de yens, soit 38,9 millions d’euros.

Le subterfuge aurait commencé en 2011 et aurait duré plus de cinq ans, selon l’agence de presse " Kyodo ". L’industriel " franco-libanais " est actuellement interrogé par la police de Tokyo, qui cherchera probablement à comprendre comment ce polytechnicien a pu en arriver là.

Difficile de croire, en effet, qu’il peinait avec son salaire légal à " boucler ses fins de mois " : depuis son arrivée à la tête de " Renault ", en 2005, il a pu engranger, selon nos calculs, une petite fortune dépassant les 130 millions d’euros !

Ces quinze dernières années, le stratège de 64 ans avait toutefois montrer qu’il n’en avait jamais assez, veillant à augmenter régulièrement sa rémunération.

A force, le nouveau salaire faramineux de Carlos Ghosn était même devenu " un marronnier " de l’actualité économique…

En 2005, quand il devient directeur général de " Renault ", l’homme d’affaires s’octroie un fixe de 1,2 million d’euros, auquel il faut rajouter le versement régulier de " stock-options ", ces actions achetées à un prix plus bas que le marché et qui permettent de confortables bonus quand les résultats de l’entreprise suivent.

L’industriel commence " raisonnablement " : la première année, il en touche pour 200 000 euros " seulement ".

Dès 2006, il s’augmente de 45,5 % pour établir sa rémunération à 7,4 millions d’euros, dont 5,4 millions d’euros de " stock options ".

Suivent deux années de " vache maigre " : " seulement " 6,1 millions en 2007, et même 1,2 million en 2008, année de la crise financière.

Ces sommes ne couvrent toutefois qu’un mi-temps pour Carlos Ghosn. Ses revenus en tant que PDG de " Nissan " ne sont pas renseignés sur cette période.

Carlos Ghosn, meilleur salaire du Cac 40

Ils le sont en revanche en 2009. On apprend alors que le « Conseil d’administration » du constructeur japonais a décidé de rémunérer son patron à hauteur de 8 millions d’euros, auxquels il faut rajouter 1,2 million d’euros chez " Renault " (toujours pas de " stock-options " cette année-là).

Cela suffit alors à faire de Carlos Ghosn… le PDG le mieux payé du « Cac 40 » ! Les mêmes sommes lui sont attribuées en 2010.

A partir de 2011, Carlos Ghosn entre dans une nouvelle dimension, celle des dix millions d’euros annuels et plus. C’est justement durant cette période que " le stratège " va, selon les révélations de la presse japonaise, se laisser aller à une fraude d’une ampleur colossale.

Cette année 2011, les revenus de l’homme d’affaires connaissent un premier pic à 13,3 millions d’euros. L’année suivante, il touche 11,2 millions d’euros.

En janvier 2013, le ministre de l’Industrie Arnaud Montebourg lui demande un " effort " salarial de décence, son groupe prévoyant de supprimer 7 500 emplois.

De mauvaise grâce, Carlos Ghosn repasse donc sous la barre des 10 millions, avec 9,6 millions d’euros de revenus. Grâce à son double emploi, il demeure néanmoins l’un des patrons les mieux payés au monde.

Étienne Girard

Marianne