Carburant de la crise des "gilets jaunes ", les prix de l’essence battent leur record depuis 2013

, par  DMigneau , popularité : 0%

Carburant de la crise des " gilets jaunes ", les prix de l’essence battent leur record depuis 2013

Le passage à la station essence est une préoccupation quotidienne pour de nombreux " gilets jaunes ". - DAMIEN MEYER / AFP

Le passage à la station essence en France reste douloureux. Les prix du carburant ne cessent en effet d’augmenter depuis janvier, à tel point que selon les données communiquées ce lundi 29 avril, les prix du " sans-plomb " n’ont jamais été aussi hauts depuis 2013. En cause : une augmentation du prix du brut qu’aucune baisse de taxe ne compense.

Le sort s’acharne sur le gouvernement.

Après cinq mois d’une crise des " gilets jaunes " qui avait été allumée par l’augmentation programmée en 2019 des taxes sur le carburant, et à la veille d’un « 1er Mai » que l’on annonce " tendu ", voilà que l’on apprend que le prix de l’essence à la pompe n’a jamais été aussi haut depuis 2013 !

Selon les données de la « Direction générale de l’énergie et du climat » (DGEC) communiquées ce lundi 29 avril, le litre d’essence " sans plomb 95 " (SP95) est affiché en moyenne à 1,5802 euro (les pompistes sont libres de fixer un prix plus élevé ou plus bas).

Le " sans plomb SP98 " (SP98) est également au plus haut, à 1,6402 euro le litre.

Quant au " gazole ", il reste sous son niveau d’octobre 2018, à 1,4818 euro le litre, mais n’a cessé d’augmenter depuis janvier.

https://infogram.com/essence-diesel-2018-2019-1h7v4pvk1jp84k0

Passage douloureux à la station essence

Selon le relevé de " Carburant.org ", le prix du gazole, carburant constituant 80 % de la consommation française, a augmenté de 4,26 % sur un an.

Celui du SP98 de 5,41 % sur la même période et celui du SP95 de 5,36 %.

Comme le rapporte l’association « 40 millions d’automobilistes », le prix du litre de gazole à la pompe a augmenté de 10 centimes et celui de l’essence de 17 centimes.

Le prix du litre de carburant est ainsi 20 centimes plus élevé dans une station essence en France qu’en Espagne ou en Allemagne.

Pourquoi cette hausse continue ?

D’une part, les pays de « l’Organisation des pays exportateurs de pétrole » (Opep) limitent volontairement l’offre depuis janvier dernier afin de faire augmenter les prix.

D’autre part, certains pays producteurs comme l’Iran, le Venezuela et la Libye, traversent des crises qui limitent leurs exportations. Si bien que le prix du brut, qui dépend également du taux de change " euro-dollar " et du niveau des stocks de produits pétroliers, a sensiblement augmenté (34, 57 % depuis le 1er janvier, selon " Boursorama ").

Pas de cadeau côté " taxes "

Dans le même temps, le gouvernement se refuse à baisser les taxes sur les carburants, tandis que le prix de distribution de l’essence reste le même.

Résultat : le coût de cette " pénurie organisée " par les pays producteurs se reporte sur les consommateurs.

Importante source de revenus pour l’Etat, les taxes représentent plus de 60 % du prix à la pompe.

En plus de la TICPE (" Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques "), la CCE (dite " taxe carbone ") s’ajoute une surtaxe de TVA de 20 %.

« Le gouvernement a abandonné la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019, mais on reste - en réalité - au même niveau de taxe qu’en octobre 2018. Il n’y a pas eu de " cadeau " de la part de l’État », précise l’association « 40 millions d’automobilistes » qui déplore " qu’aucune ne semble avoir été envisagée pour enrayer cette hausse immodérée, lourde de conséquences pour le budget des ménages ".

L’association de consommateurs plaide pour un retour d’une TICPE " flottante ", dont le montant s’adapterait en fonction du prix du brut afin d’amortir son augmentation.

En bleu foncé, le prix du brut, en vert, le coût de distribution. Les trois autres parts sont des taxes. - Capture Union française des industries pétrolières

Seule exception à cette hausse généralisée : la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Son président, Laurent Wauquiez, a baissé de 20 % la part perçue de la TICPE perçue par sa région, pour un gain moyen de 10 centimes d’euro à la pompe.

Evidemment, la mesure a un coût : les recettes de la collectivité sont amputées de 17 millions d’euros sur les 85 millions habituellement récoltés.

Louis Nadau

Marianne