Capitalisme et fascisme, l’attelage monstrueux proche de son heure

, par  DMigneau , popularité : 0%

Capitalisme et fascisme, l’attelage monstrueux proche de son heure

Les ingrédients sont réunis pour que la sauce fasciste prenne : crise morale, élites politique et économique déconnectées de la réalité vécue par la majorité des citoyens, inégalités sociales qui ne cessent de croître, délitement du lien social ....et une droite prête à s’accoupler avec " la bête immonde " avec la coopération passive ou active du monde des affaires.

Les ingrédients sont réunis pour que " la sauce fasciste " prenne : crise morale, " élites " politique et économique déconnectées de la réalité vécue par la majorité des citoyens, inégalités sociales qui ne cessent de croître, délitement du lien social, fossé entre travailleurs mal payés, précarisés par des contrats de travail atypiques et le haut du " panier " bénéficiaire de rentes diverses (reproduction par le milieu social d’origine, formation dans des écoles pour élites, réseaux etc... Lire les travaux toujours d’actualité de P. Bourdieu).

Ce qui était tolérable lorsque les " fruits de la croissance " se répartissaient équitablement ne l’est plus aujourd’hui.

Le ressentiment se traduit par la vague populiste récupérée et manipulée par la droite et une certaine gauche qui ne parle plus de l’opposition " droite-gauche " mais de l’opposition " Peuple (uni) - Élite ". Comme si " le Peuple " était une entité sociologique homogène ne partageant que des intérêts communs.

L’intérêt du chômeur qui recherche un travail ou du salarié précaire (CDD, intérimaire, travailleur partiel, auto-entrepreneur) se confond-il avec l’intérêt et les préoccupations d’un salarié en CDI, bien rémunéré, travaillant dans un secteur en développement, dans la fameuse " e-économie ", par exemple ?

Le patronat mondialisé et la succession de gouvernements dans les pays occidentaux ont réussi à diviser le monde du salariat, le combat unitaire devient ainsi illusoire.

Diviser pour mieux régner, succès total.

Après le travail en miettes, le travailleur en miettes.

Autre fait : le désintérêt croissant pour un des modes d’expression de la Démocratie, le vote.

La droite et l’extrême droite utilisent le moyen classique qui fait ses preuves en période de crise pour ramasser la mise : désigner le bouc émissaire (le nouveau barbare) qui serait à l’origine de tous les problèmes de la Société, aujourd’hui l’immigré, musulman de préférence.

Parallèlement, les attentats terroristes des islamistes renforcent une demande de sécurité " à tout prix " même au prix de l’abandon des libertés individuelles et publiques.

Nous y sommes.

La droite dans l’inconscient collectif semble le plus à même d’assurer cette sécurité fantasmée quoique depuis le couple Hollande-Valls, les frontières sont ténues entre cette droite et un certain " socialisme de gouvernement ".

Ajoutons la remise en cause de la laïcité par des mouvements religieux interférant dans le débat public.

Droite complice et religion reforment " un couple " qui sent la naphtaline et le ranci. Tout est bon pour la prise du pouvoir, en particulier se servir du ressentiment dont le débouché est la haine.

Nous savons où cela conduit.

Peut-on encore nier le lien qui existe entre cette situation politique en état de délabrement - pourriture ? - avancé et la situation économique et sociale dans laquelle nous a plongés le diktat néolibéral ?

Celles et ceux qui ont mené les politiques de destruction du droit du travail, qui ont favorisé par des politiques fiscales l’accaparement des richesses par une minorité, qui ont laissé « la finance » diriger le monde, se prévalent de cette idéologie mortifère.

Ils s’en réjouissent et bavent de satisfaction d’avoir réussi leur " révolution " conservatrice rétrograde. Ils seront responsables et coupables de ce qu’il va advenir. Mais pas de tribunal international pour les juger, pas de sentences, aucune peine ne sera prononcée.

Le crime contre l’Humanité restera impuni.

Le discours néolibéral sature le non-débat public. Il est hégémonique depuis 40 ans et mené par « le monde des affaires » et les " économistes " de l’école orthodoxe (néolibérale).

Il est repris par la classe politique, les gouvernements successifs et les médias aux mains de financiers et de grandes entreprises privées. Les voix qui dénoncent cette tromperie, ce discours de classe détentrice de tous les pouvoirs est malheureusement inaudible.

Ce qui est répété devient Vérité.

Que suggère ce constat pour l’avenir ?

Le contexte politique et social délétère que nous connaissons, la soumission et la connivence de nos dirigeants politiques au exigences de « la finance », des multinationales et des lobbies divers, la prédominance incontestée du dogme néolibéral destructeur des solidarités, l’incapacité des forces de gauche à structurer un discours politique volontaire porteur d’espoir, amèneront des désordres et probablement des révoltes soudaines et violentes que des mouvements fascistes utiliseront.

Ces mouvements totalitaires ont le vent en poupe en Europe et ailleurs.

Ajoutons à cela les conséquences du réchauffement climatique qui exacerberont les tensions : multiplication des catastrophes naturelles avec ses conséquences sur la vie quotidienne, pression migratoire due aux déplacements de populations ne pouvant plus vivre sur leurs terres ....

Le type de croissance économique non remis en cause * et les comportements des consommateurs induits par ce modèle sont à l’origine du réchauffement climatique. Et ce dernier est déjà irréversible.

Seule question en suspens : combien de degrés en + d’ici la fin du siècle : 4,5 degrés ?

Arrivé à ce moment de l’Histoire - dans 5, 10 ans ? - la droite dite dure " s’accouplera " naturellement avec " la bête immonde ". Et le « monde des affaires », « la finance », les dirigeants des grandes entreprises internationalisées ou non se feront une douce violence pour coopérer.

L’ordre et son maintien sont une nécessité vitale pour faire perdurer le système. Rien de nouveau. Le Capitalisme pour sa survie a besoin d’un milieu social et économique stable.

L’arrivée au pouvoir d’un état autoritaire est l’aboutissement " naturel ", logique des réalités politiques, économiques, sociales et environnementales de ce début du XXI ème siècle. Tout y concourt. Tout se tient, tout s’enchaîne de manière inéluctable.

Les systèmes sophistiqués de surveillance et de répression des individus déjà en place soumettront les peuples. Internet et les réseaux sociaux (la délation, les fausses rumeurs, les fausses informations ont de beaux jours devant elles) apporteront leur contribution à la chasse aux " déviants " qualifiés de " terroristes ".

A moins que la course au réarmement nucléaire qui vient de reprendre ne propose une autre porte de sortie : l’illumination finale pour tous.

BERTHÉ Dominique Henri

* https://blogs.mediapart.fr/berthe-dominique-henri/blog/151217/capitalisme-et-ecologie-sont-incompatibles

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