" C’est plutôt malin de ma part " : Macron s’auto-congratule avant le premier tour

, par  DMigneau , popularité : 0%

" C’est plutôt malin de ma part " : Macron s’auto-congratule avant le premier tour

Pour Emmanuel Macron, ne pas répondre à ses opposant politiques n’est pas du mépris, c’est " plutôt malin ". AFP

Régulièrement accusé d’être trop méprisant au cours de son quinquennat, Emmanuel Macron lui se voit " plutôt malin ", selon ses propos retranscrits dans une interview donnée au quotidien " Le Parisien " ce jeudi 7 avril.

Mais le président a-t-il été aussi malin qu’il le prétend ?

" Je n’ai jamais méprisé les Français ".

Le 4 avril dernier, dans les journaux du groupe " Ebra ", le candidat Emmanuel Macron se défendait face à ceux qui lui reprochaient ses multiples " petites phrases " du quinquennat – du fameux " Je traverse la rue et je vous trouve un travail " jusqu’à " les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder ".

Quatre jours plus tard, le naturel arrogant est de retour " au galop " dans sa dernière interview accordée au " Parisien ".

Interrogé sur son refus de débattre ou de nommer ses opposants à la présidentielle, le président affirme qu’il ne faut y voir aucun mépris.

" Au contraire, c’est plutôt malin de ma part ", rétorque-t-il, avec un brin de modestie.

« Quand on cite les autres, on leur fait " de la pub ", c’est ça la vérité ! », poursuit Emmanuel Macron.

" Je ne vais pas prendre de mon temps de parole pour taper sur les autres, ça ne m’intéresse pas. Il y a cinq ans, c’était pareil, je ne parlais jamais de mes adversaires. Et ça marche beaucoup mieux. Les autres font une énorme erreur ".

Les autres : comprenez ceux qui osent critiquer le président d’un bilan sortant…

" Monsieur vote blanc "

Un peu plus loin dans l’entretien, il se montre à peine plus tendre avec les électeurs qui votent " blanc " qu’avec ceux qui ne sont pas vaccinés : « Voter " blanc ", c’est mieux que de ne pas voter, commence-t-il doucement avant de se chauffer. Mais le problème, à mes yeux, c’est quand même que monsieur " vote Blanc " n’apporte pas beaucoup de solutions. C’est ça, la réalité. »

Ainsi, selon lui, si le Français vote " blanc ", ce n’est pas parce qu’il ne trouve aucune offre qui lui correspond. Non, c’est parce qu’il n’est " pas capable de choisir un candidat ".

Faut-il alors comprendre que l’électeur insatisfait est un " gros nul " ?

Non, car juste après, nouvelle tentative " d’humilité " : « si on voit qu’il y a beaucoup de votes " blancs " dans ce scrutin, je crois qu’il faudra poser le débat pour savoir si on doit le reconnaître ».

Faut suivre.

On serait presque " resté sur notre faim " si Emmanuel Macron ne faisait pas un détour par cette fameuse " envie d’emmerder " les non-vaccinés.

Interrogé par une lectrice du " Parisien ", il s’explique : « Mais quand j’ai dit cela devant les lecteurs de ce journal, ça n’a choqué personne dans la salle. J’étais même le plus modéré de la bande ! »

Si vous vous attendiez à un mea culpa, c’est raté puisqu’à le croire, sa phrase polémique était quasiment " tiédasse ".

Malin ou pas malin ?

Reste qu’on peut effectivement trouver Macron assez " malin " dans sa façon de mener sa campagne électorale.

Exemple : esquiver le débat avec les autres candidats alors que son avance a fondu dans les sondages sitôt son programme dévoilé ?

Malin !

Lever le " passe vaccinal " et le port du masque, à la mi-mars, c’est à dire un mois avant l’élection présidentielle, alors que des épidémiologistes trouvent la décision trop précoce et que la vague " Omicron " n’est pas terminée ?

Malin !

Officialiser le rachat de la branche nucléaire de " General Electric " et la turbine d’ " Arabelle " par EDF pour se présenter comme " le garant " de la souveraineté énergétique, alors qu’il était lié à la vente de ces turbines aux mêmes Américains, 7 années plus tôt, et pour deux fois moins cher ?

Alors là, très malin !

Axel PERRU

Thibaut SOLANO

Marianne.fr