Bugs de " l’école à la maison " : Blanquer deux fois contredit par les faits

, par  DMigneau , popularité : 0%

Bugs de " l’école à la maison " : Blanquer deux fois contredit par les faits

En plus d’être démenti par les faits après avoir assuré que le dispositif numérique de « l’Éducation nationale » était prêt pour un nouveau confinement, Jean-Michel Blanquer semble s’être avancé un peu rapidement sur les causes de ces " couacs ".

Ça fait désordre. Ce mardi 6 avril, comme à l’occasion du premier confinement, " l’école à la maison " a débuté avec de multiples " bugs " signalés par des professeurs, parents et élèves, en raison de " serveurs numériques " inaccessibles ou défaillants. Un incident doublement fâcheux pour le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer : en plus d’être démenti par les faits après avoir assuré que ce genre d’incident ne se reproduirait plus, le ministre semble en effet avoir avancé des justifications bancales pour les expliquer.

Dans un communiqué, le ministère reconnaît que dans " certaines régions (Grand-Est, Île-de-France, Hauts-de-France, Occitanie), les services d’ENT étaient fortement ralentis, voire inaccessibles ce matin ". Ces " couacs " surviennent alors que l’enseignement à distance a été généralisé pour cette semaine depuis la fermeture des établissements scolaires vendredi soir et jusqu’aux vacances de printemps unifiées à partir du 12 avril. Avant une rentrée le 26 avril en " présentiel " dans les écoles et en " distanciel " une semaine supplémentaire dans les collèges et lycées.

L’origine de ces problèmes serait à imputer, selon les déclarations faites par Jean-Michel Blanquer à la presse ce mardi matin lors d’un déplacement dans une école parisienne, à " un opérateur privé à Strasbourg victime d’un incendie il y a quelque temps, qui n’a pas pu faire face à l’afflux de connexions ce matin ".

Le prestataire en question n’est autre qu’ " OVHcloud ", dont le président, Michel Paulin a dû démentir sur " Twitter " les affirmations du ministre. " OVHcloud n’est pas responsable des dysfonctionnements de certains services d’éducation à distance ", écrit-il, précisant que " l’incendie de Strasbourg n’a aucun lien avec ces derniers ".

Cerise sur le gâteau : " Des régions ENT affectées et des applications indisponibles ne sont pas hébergées chez Ovhcloud ! "

Jean-Michel Blanquer aurait-il parlé trop vite ?

https://twitter.com/michel_paulin/status/1379426031463895042?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1379426031463895042%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.marianne.net%2Fpolitique%2Fgouvernement%2Fbugs-de-lecole-a-la-maison-blanquer-deux-fois-contredit-par-les-faits

" TRÈS FORTE ATTAQUE INFORMATIQUE "

Concernant le dispositif du Cned (" Centre national d’enseignement à distance ") " ma classe à la maison ", lui aussi " en rade " ce matin, le ministre a évoqué une " très forte attaque informatique venue de l’étranger " qui aurait frappé le site. Le Cned a déjà été victime d’une " cyber-attaque " en avril 2020, comme l’a révélé " Challenges ". Il s’agissait alors d’une attaque " par déni de service " - les fameuses attaques " DDoS ", qui consistent à saturer les serveurs avec de multiples tentatives de connexion simultanées.

Selon le communiqué du ministère, le raid de ce matin serait de même nature.

« L’Éducation nationale » assure par ailleurs que " les plateformes du CNED sont dimensionnées pour accueillir plusieurs millions d’utilisateurs par niveau (école, collège, lycée) et un nombre illimité de classes virtuelles ".

Et de conclure : " Cette simultanéité exceptionnelle des sollicitations cumulée aux actes de malveillance actuels peut expliquer certaines difficultés d’accès. "

La faute à " pas de chance ", quoi...

Contacté par " Marianne ", le Cned n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos sollicitations.

L’an dernier, " l’école à la maison " avait commencé de la même manière. Le ministère de « l’Éducation nationale » avait alors évoqué " des difficultés liées à des phénomènes de saturation survenus en ce premier jour de mise en place qui nécessite un temps d’adaptation et d’appropriation de nouvelles façons de travailler ".

Depuis, Jean-Michel Blanquer avait assuré que ces déboires informatiques n’étaient qu’un mauvais souvenir : « Notre système " ma classe à la maison " qui propose des classes virtuelles est prêt », assurait-il au " Parisien " le 26 août dernier. Le ministre de « l’Éducation nationale » en avait même remis " une couche " dans le " JDD " quatre jours plus tard. " Nous nous tenons prêts ", clamait-il.

Pas assez, manifestement.

Louis NADAU

Marianne.fr