Budget de la Défense : le général de Villiers finit par claquer la porte avant même son rendez-vous avec Macron

, par  DMigneau , popularité : 0%

Budget de la Défense : le général de Villiers finit par claquer la porte avant même son rendez-vous avec Macron

Emmanuel Macron et le général de Villiers. - SIPA

Plutôt que d’être viré, le général de Villiers préfère démissionner de son poste de chef d’état-major des armées. Comme un dernier pied de nez adressé à Emmanuel Macron...

Le psychodrame à la " Grande muette " pouvait difficilement se terminer autrement. Après une semaine de phrases aigres et de recadrages, le général de Villiers a présenté sa démission de son poste de chef d’état-major des armées ce mercredi 19 juillet, par le biais d’un communiqué adressé à l’AFP.

Dans ce texte, le haut-gradé considère " ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel (il) croit pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays ". Le numéro un de l’administration militaire tire donc les conclusions du désaccord qui l’oppose au chef de l’Etat, Emmanuel Macron, sur la question du budget de la Défense.

Les deux hommes s’étaient vus ce lundi, selon " Le Monde ", et étaient convenus d’une entrevue plus poussée ce vendredi. Le haut-gradé a préféré devancer le rendez-vous, qui devait sans doute sceller son éviction, en annonçant lui-même son départ.

Au travers de cette démission, il paye sa franchise devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, ce jeudi 13 juillet. Au détour d’une audition à huis clos, il avait déclaré, au sujet du budget de la Défense 2017, en baisse de 850 millions d’euros : " Je ne me laisserai pas baiser comme ça ".

Manifestement furieux de cette prise de liberté avec " la réserve " habituellement gardée par les fonctionnaires militaires, le Président lui avait répliqué vertement à deux reprises.

Devant les militaires, dès jeudi dernier, d’abord. “ Je considère qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef ", avait-il affirmé sur un ton... martial.

Auprès du JDD, ce dimanche, Emmanuel Macron s’était fait plus précis en envisageant clairement l’éviction du chef d’état-major des armées :" Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change ".

Dans ce dialogue par médias interposés, le général de Villiers aura lui aussi signifié qu’il n’entendait pas lâcher l’affaire. Au détour d’un billet destiné aux jeunes intégrant l’armée diffusé sur son compte " Facebook ", ce vendredi, il a glissé des propos lourds de sens sur son engagement : " Personne ne mérite d’être aveuglément suivi. La confiance est une vertu vivante. Elle a besoin de gages. Elle doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l’obéissance active, là où l’adhésion l’emporte sur la contrainte ".

Cette annonce de sa démission apparaît finalement comme un dernier défi à l’autorité du Président. Plutôt que de se soumettre, le général a entendu se démettre... pour retrouver une totale liberté de ton ?

Magazine Marianne