Bruits de bottes à Mexico

, par  DMigneau , popularité : 0%

Bruits de bottes à Mexico

Le vendredi 15 décembre, malgré la mise en garde du « Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme », des représentants d’Amnesty International et de dizaines d’ONG mexicaines, le sénat mexicain a donné son feu vert à la « Ley de Seguridad Interna » (loi sur " la sécurité intérieure ").

Cette loi confèrerait un pouvoir sans précédent aux forces armées mexicaines, notamment en ce qui concerne les exécutions extrajudiciaires, la torture et les enlèvements.

Elle légaliserait, entre autres dispositions, la capacité du président en tant que commandant en chef d’ordonner à l’armée d’exercer des fonctions de police, telles que la conduite de raids et l’arrestation de civils.

L’exécutif ne serait plus tenu de transmettre des informations concernant les opérations destinées à « combattre le crime organisé et le " terrorisme " ou tout autre élément "menaçant la sécurité nationale " ». Des milliers de militants regroupés sous le hashtag " Seguridad Sin Guerra ", (" la sécurité sans la guerre "), affirment que la loi " perpétuerait la violence qu’elle prétend combattre ".

Le transfert de l’autorité de l’état aux forces armées à l’approche des élections présidentielles de 2018 risque de peser sur les conditions du déroulement du scrutin et entacher les résultats.

Depuis 2006, la présence de l’armée et la mise en place de casernes dans tout le pays n’ont cessé de s’intensifier et le nombre de meurtres et de disparitions n’a cessé d’augmenter, parmi lesquels 43 élèves-enseignants qui ont disparu après avoir été arrêtés dans l’état de Guerrero en septembre 2014 (Ayotzinapa, crime d’État ?).

Pour de nombreux observateurs mexicains, la situation rappelle les années de présence militaire et d’oppression dans l’État du Chiapas lors du soulèvement zapatiste contre le « Nafta » en janvier 1994. ils considèrent que la nouvelle loi mettra le Mexique en situation de devenir un état militaire.

La constitution empêche le président actuel, Pena Nieto, de se présenter pour un troisième mandat.

Jeussey de Sourcesûre

AgoraVox