Brigitte Macron en mode Bernadette Chirac : " pièces jaunes " mais surtout… " sous-marin " de campagne électorale

, par  DMigneau , popularité : 0%

Brigitte Macron en mode Bernadette Chirac : " pièces jaunes " mais surtout… " sous-marin " de campagne électorale

A Marseille, le déjeuner de Brigitte Macron avec le maire de droite Jean-Claude Gaudin n’est pas passé inaperçu. - Boris HORVAT / AFP

Brigitte à Lyon, Brigitte à Marseille… A moins d’un an des élections municipales, l’épouse d’Emmanuel Macron multiplie visites et rencontres d’élus dans plusieurs métropoles cruciales. Agitant quelque peu la " famille LREM " qui n’est pas dupe du manège.

Le tour de France de Brigitte Macron. Ces derniers temps, l’agenda de " la première dame " se garnit de rendez-vous qui ressemblent de moins en moins à ceux d’une " première dame " cantonnée à " l’inauguration de chrysanthèmes " ou aux engagements caritatifs

La semaine dernière à Marseille, cette semaine à Lyon, l’épouse d’Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à une " arme secrète " en campagne, à moins d’un an des élections municipales 2020.

BRIGITTE MACRON POUR " LA PAIX DES GAULES " ?

Officiellement, celle qui a pris mercredi dernier la succession de Bernadette Chirac à la présidence de la " Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France " (l’organisation qui collecte les fameuses " pièces jaunes " au profit des enfants hospitalisés) est ce mardi 18 juin à Lyon pour l’inauguration d’une " maison du répit " – un centre de repos pour les proches de personnes handicapées. Mais dans « la capitale des Gaules » ces temps-ci, c’est aussi " La République en marche " (LREM) qui a besoin d’un répit, ses " barons locaux " se livrant une guerre ouverte pour prendre les commandes l’an prochain d’une ville identifiée comme " la capitale de la Macronie ".

Et la " première dame " a plutôt l’air d’y être en mission

Ainsi lundi soir, Brigitte Macron a partagé un dîner avec le maire de Lyon, Gérard Collomb, ex-ministre du gouvernement d’Edouard Philippe retourné l’an dernier dans sa " chère ville ".

Ce mardi, elle accompagne son rival, le président de la métropole David Kimelfeld, pour visiter la nouvelle " maison du répit ". Finalement, Gérard Collomb en sera aussi, bien que la municipalité lyonnaise n’ait pas participé au financement de cette structure.

Difficile, en somme, de ne pas voir dans la présence de madame Macron une " mission diplomatique ", voire un " coup de sonde " du Château avant d’arbitrer ce conflit.

A MARSEILLE, UNE VISITE REMARQUÉE

La semaine dernière déjà, la toute nouvelle " sœur pièces jaunes " a fait une visite remarquée dans une autre métropole cruciale pour les municipales : Marseille.

Jeudi et vendredi, " l’émissaire de l’Elysée " y a rencontré plusieurs candidats pressentis ou déclarés, avec ou sans étiquette LREM, alors que la succession du maire LR Jean-Claude Gaudin est ouverte.

L’épouse du président de la République a déjeuné avec ce dernier, ainsi qu’avec Martine Vassal, présidente LR de la métropole et du département, et Yves Moraine, chef de la majorité municipale.

Une simple " réunion d’amis ", a assuré Brigitte Macron. Ou bien un signe que l’option d’une alliance entre LR – à l’agonie dans la cité phocéenne après les élections européennes – et LREM, est encore sur la table pour l’an prochain.

Plus tôt vendredi, Brigitte Macron s’est également affichée, lors d’une visite d’une " Ecole de la deuxième chance ", avec le député LREM de la circonscription Saïd Ahamada, pour l’instant seul candidat officiel à la candidature " macroniste ".

La veille, elle avait commencé son déplacement par une visite aux côtés de Jean-Philippe Agresti, le doyen de la faculté de droit d’Aix-en-Provence, non-adhérent à " En Marche " mais l’une des personnalités de " la société civile " évoquées pour mener la campagne municipale LREM.

Bref, une " tournée des popotes " qui n’a pas manqué d’agiter le microcosme politique local, se perdant en conjectures sur les significations de telle ou telle rencontre, voire se rassurant

" La première dame n’a pas de rôle politique, il ne faut pas y voir un message politique ", a ainsi voulu croire Saïd Ahamada. Et " le cabinet " de la " première dame " d’abonder auprès du " Monde " : " Il ne faut pas voir dans son déplacement à Marseille un aspect politique ".

Reste que Brigitte Macron - qui répondra ce jeudi soir aux questions compatissantes de Marc-Olivier Fogiel sur RTL - prend furieusement des airs de sosie de Bernadette Chirac, seconde période. C’est-à-dire non plus seulement " la porteuse de sac à main " ni " l’ambassadrice des pièces jaunes ", mais bien la conseillère politique du président…

Voire, un jour, l’élue, comme sa prédécesseure en Corrèze ?

Louis Nadau

Marianne