Brexit : le nouvel accord de Theresa May rejeté par les députés

, par  DMigneau , popularité : 0%

Brexit : le nouvel accord de Theresa May rejeté par les députés

Crédit Photo : Airis Oikonomou / AFP

Le Royaume-Uni s’enfonce un peu plus dans l’incertitude avec ce nouveau rejet de l’accord de Theresa May sur le " Brexit ".

Les députés viennent à nouveau de rejeter l’accord proposé par Theresa May, alors que la veille, celle-ci avait obtenu de « l’Union Européenne » des garanties juridiques, concernant notamment le « backstop » – mécanisme qui assure, pendant une période de transition, le maintien de l’Irlande du Nord dans « l’union douanière ». [1]

La question du rétablissement de la frontière avec l’Irlande du Nord avait déjà été à l’origine du rejet en janvier, par les députés, du premier plan de sortie de « l’Union Européenne ».

Ainsi, alors que la date définitive de sortie de « l’Union Européenne » est fixée au 29 mars, l’incertitude va croissante, plongeant dans le désarroi les classes dominantes britanniques.

Comment sortir de la crise dans laquelle la classe dominante britannique s’est en partie elle-même plongée ?

L’équation paraît insoluble pour Theresa May, qui, après avoir évité de justesse un " vote de défiance ", tente de jongler entre les différents intérêts des classes dominantes et des fractions de son propre parti :

- ceux plaidant pour une rupture nette avec « l’Union Européenne » (brexit dur),

- ceux préférant une sortie négociée et un maintien dans l’UE (brexit doux),

- ou encore les partisans d’un second référendum – idée qui commence " à gagner du terrain ".

La stratégie de Thereza May reposait sur l’hypothèse d’un passage en force de ce plan qui vient d’être refusé, ayant agité la menace d’un « no deal » comme un chiffon rouge, pensant que cela suffirait à discipliner la chambre des députés.

Avec ce nouvel échec, un vote devra être présenté demain à la chambre des députés pour valider - ou non - la perspective d’un « no deal ».

Très probablement, l’hypothèse d’un « no deal » sera rejeté par les députés, les coûts étant trop importants pour la bourgeoisie britannique. Ce qui signifie que sera soumis au vote le surlendemain une proposition pour étendre la durée de négociation du " Brexit " ; condition soumise à l’approbation par les vingt-sept pays membres de l’UE.

Quoi qu’il en soit, la question de la frontière avec l’Irlande du Nord restera au cœur des négociations.

En effet, il est prévu pour le moment qu’en cas de retrait non concerté du Royaume-Uni de « l’Union Européenne », l’Irlande du Nord soit maintenu dans « l’union douanière » – un « backstop » (filet de sécurité) qui a valu à Thereza May de perdre le soutien du DUP (le parti unioniste irlandais).

Ce « backstop » permettrait d’éviter un rétablissement de la frontière physiquesujet de discorde au sein de la politique nationale, les classes dominantes craignant un regain de tension entre la « République d’Irlande » et « l’Irlande du Nord ».

Or, c’est précisément ce point qui cristallise les tensions : une partie des députés considèrent qu’il s’agit d’une atteinte à l’unité de la Grande-Bretagne tandis que la frange de la bourgeoisie en faveur d’un " hard brexit " y voit une ingérence masquée de « l’Union Européenne » dans la politique intérieure britannique.

Aussi, si une sortie non négociée de l’UE n’est pas à exclure pour le moment, malgré les coûts importants induits pour la bourgeoisie britannique et européenne, l’extension d’une période de transition ne refermerait pour autant en rien la situation de crise politique qui s’exprime au sein des classes dominantes britanniques, ajoutant à l’instabilité européenne déjà marquée par la fin de cycle de Merkel en Allemagne, la crise de Macron avec le mouvement des " Gilets Jaunes " en France, et à une croissance économique en berne sur le vieux continent

Max Demian

revolutionpermanente.fr