Brésil : la vidéo de la mort du jeune Eduardo accable la police

, par  DMigneau , popularité : 100%

Brésil : la vidéo de la mort du jeune Eduardo accable la police

Au Brésil, une vidéo saisissante a fait le buzz sur la toile en quelques jours. La scène se passe dans une favela de Rio. Un jeune homme baigne dans une flaque de sang. Autour de lui, il y a plusieurs policiers. L’un d’eux place une arme dans la main du jeune homme mort. Un autre policier fait feu deux fois afin de simuler un échange de tirs. Une vidéo qui ternit encore un peu plus la réputation de la police brésilienne.

De notre correspondant à Rio de Janeiro,

Le crime a eu lieu dans la Favela de Providencia, située tout près du centre de Rio de Janeiro. Un quartier, repris aux trafiquants de drogue par la police, depuis plusieurs années maintenant. Mais où la tension n’a pas cessé. Les photos du policier plaçant l’arme dans la main de la victime ont fait la Une de beaucoup de journaux. La polémique s’est amplifiée, lorsque l’on a appris que des témoins avaient été menacés par des policiers au point que Luis Fernando Pezão, le gouverneur de l’Etat de Rio a présenté ses excuses pour l’attitude de la police parlant de situation « abominable ».

La police brésilienne rarement mise en cause

Cependant cette vidéo et la polémique qu’elle a suscité est finalement loin d’être exceptionnelle au Brésil, ce genre de meurtre maquillé est même devenu une pratique courante. Il n’y a moins de deux semaines, à Sao Paulo, 11 policiers ont été exclus des rangs de la police militaire pour le meurtre de deux jeunes délinquants. Ils avaient été filmés en train de les exécuter. Ils avaient eux aussi modifié la scène du crime pour faire croire à la légitime défense. C’est ce que dans le jargon de la police on appelle des actes « d’autorésistance », des actes qui ont augmenté de 30% depuis le début de l’année à Rio de Janeiro. Rares sont ceux qui sont remis en cause, l’impunité est donc grande pour les policiers.

Pour le directeur d’Amnesty International au Brésil, l’approche de la police dans les favelas de Rio est « digne du Far West » et laisse dans son sillage une traînée de sang et de souffrances. Malgré l’attention des médias qu’elle a reçu, la mort maquillée du jeune Eduardo de la favela de Providencia risque donc de ne pas être la dernière.

Sur une vidéo filmée dans une favela de Rio par des adolescents depuis une fenêtre, on aperçoit plusieurs policiers, dans la rue en contrebas, penchés au dessus d’un corps en sang. Il s’agit d’un jeune Brésilien, Eduardo, 17 ans, qui vient de mourir dans un affrontement entre trafiquants de drogue et policiers. Sauf que l’on voit les policiers placer un pistolet dans la main du jeune garçon sans vie, puis l’un d’entre eux appuie à 2 reprises sur la détente.

https://www.youtube.com/watch?v=vAQwWv-4cTY&feature=player_embedded#t=0

Cette vidéo, qui a rapidement circulé sur les réseaux sociaux et YouTube, est une preuve formelle que les policiers ont maquillé la scène du crime pour faire croire qu’ils ont été attaqués et qu’ils n’ont donc fait que se défendre contre un jeune armé.

Le gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro a été obligé de présenter des excuses. Rapidement il y a eu des troubles dans le quartier entre police et habitants révoltés par l’exécution du jeune homme.

Des témoins menacés par la police

Le crime a eu lieu dans la Favela de Providencia, située tout près du centre de Rio de Janeiro. Un quartier, repris aux trafiquants de drogue par la police, depuis plusieurs années maintenant. Mais où la tension n’a pas cessé. Les photos du policier plaçant l’arme dans la main de la victime ont fait la " Une " de beaucoup de journaux. La polémique s’est amplifiée, lorsque l’on a appris que des témoins avaient été menacés par des policiers au point que Luis Fernando Pezão, le gouverneur de l’Etat de Rio a présenté ses excuses pour l’attitude de la police parlant de situation « abominable ».

La police brésilienne rarement mise en cause

Cependant cette vidéo et la polémique qu’elle a suscité est finalement loin d’être exceptionnelle au Brésil, ce genre de meurtre maquillé est même devenu une pratique courante.

Il n’y a moins de deux semaines, à Sao Paulo, 11 policiers ont été exclus des rangs de la police militaire pour le meurtre de deux jeunes délinquants. Ils avaient été filmés en train de les exécuter. Ils avaient eux aussi modifié la scène du crime pour faire croire à la légitime défense. C’est ce que dans le jargon de la police on appelle des actes « d’auto résistance », des actes qui ont augmenté de 30 % depuis le début de l’année à Rio de Janeiro. Rares sont ceux qui sont remis en cause, l’impunité est donc grande pour les policiers.

Pour le directeur d’Amnesty International au Brésil, l’approche de la police dans les favelas de Rio est « digne du Far West » et laisse dans son sillage une traînée de sang et de souffrances. Malgré l’attention des médias qu’elle a reçu, la mort maquillée du jeune Eduardo de la favela de Providencia risque donc de ne pas être la dernière.

François Cardona

Rfi, La Voix du monde