Blanquer accusé d’instrumentaliser un syndicat lycéen : " Une affaire à partir de rien "

, par  DMigneau , popularité : 0%

Blanquer accusé d’instrumentaliser un syndicat lycéen : " Une affaire à partir de rien "

Paris, France, le 21 février 2019. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation national et de la jeunesse LP/Olivier Corsan

" Mediapart " et " Libération " avancent que le syndicat " Avenir lycéen " a été " téléguidé " par le ministère de l’Education pour soutenir les réformes du gouvernement et qu’il a dilapidé des subventions publiques.

" Mediapart " et " Libération " " essaient de faire une affaire à partir de rien ".

Jean-Michel Blanquer a choisi de nier en bloc ce dimanche soir les accusations portées par les deux journaux au sujet du syndicat " Avenir lycéen ", que le ministre de l’Education est soupçonné d’avoir monté de toutes pièces à son profit.

Interrogé sur RTL pour savoir si lui - ou le ministère - avaient " instrumentalisé " ce syndicat pour rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens opposés à ses réformes, notamment celle du bac, il a répondu fermement : " Bien sûr que non. "

Des relations troubles

Samedi, " Libération " a publié un long article affirmant que ce syndicat lycéen créé en 2018, qui s’est distingué par sa défense des réformes gouvernementales, avait " germé " au ministère avec l’idée de " servir la communication " de M. Blanquer.

Clairanne Dufour, « l’une des fondatrices d’ " Avenir lycéen " » a ainsi confié au quotidien avoir " mis du temps à le comprendre ; le vrai objectif du ministre, était de s’en servir pour exclure les autres syndicats ".

L’article indique que le directeur de la DGESCO (" Direction générale de l’enseignement scolaire ") à l’époque, Jean-Marc Huart, était lié aux responsables d’ " Avenir lycéen " et que des rectorats collaboraient à la rédaction de communiqués du syndicat, favorables aux réformes du ministère.

" Mediapart " avait - lui - révélé début novembre qu’ " Avenir lycéen " avait reçu 65 000 euros de subventions en 2019 qu’il avait dilapidés en " frais de bouche " et hôtels de luxe.

Ces accusations ont provoqué un tollé syndical et conduit LFI à réclamer une « commission d’enquête » parlementaire.

" C’est eux qui font ça, ce n’est pas moi "

« Pourquoi pas une commission d’enquête ? Ça peut être intéressant. J’aime bien quand il y a des enquêtes, c’est très important pour la démocratie  », a répondu M. Blanquer sur RTL, tout en accusant LFI d’être un " pompier pyromane ".

Selon lui, ce parti " cherche depuis des années à avoir une influence sur le milieu lycéen et estudiantin  ».

" Les liens sont énormes entre LFI et une série d’organisations. C’est eux qui font ça, ce n’est pas moi ", a-t-il affirmé.

Des propos qui rappellent ceux qu’il a tenus sur un prétendu " islamo-gauchisme " au sein des universités, du syndicat étudiants " de gauche " l’Unef ou encore de LFI.

Le ministre a également minimisé les éventuelles dérives financières chez " Avenir lycéen ".

" Vous avez juste des lycéens qui ont peut-être dépensé de manière inopinée l’argent qu’ils avaient. J’ai tout de suite demandé une enquête là-dessus. Ce n’est pas davantage que cela ", a affirmé le ministre.

" Personne ne nous a manipulés ", se défend un co-fondateur

Après l’article de " Libération ", les syndicats lycéens ont dénoncé samedi une " propagande d’Etat " et une tentative du ministère de l’Education " d’étouffer " la contestation des jeunes.

Au lendemain de la parution de l’article de " Mediapart ", " Avenir lycéen " avait réagi sur " Twitter " en dénonçant des " faits non avérés " imputés aux " mandatures précédentes ", et annoncé la démission de huit de ses dirigeants.

Par la voix de son co-fondateur Nathan Monteux, " Avenir lycéen " a défendu samedi son indépendance et son droit " à porter une autre voix que celle de l’extrême gauche syndicale ".

" On peut être jeunes et s’engager pour faire changer les choses et non seulement pour bloquer le pays. Notre choix a été clair : la proposition. Proposer et en finir avec l’opposition systématique ", a indiqué M. Monteux dans un communiqué.

" Personne ne nous a manipulés. À aucun moment quiconque au ministère de l’Éducation Nationale n’a utilisé notre mouvement ", a ajouté celui qui fut un temps responsable " communication " des " Jeunes avec Macron " dans le Rhône.

leparisien.fr