Avec son " foutre le bordel ", Macron se rapproche toujours plus du " casse toi pauv’ con " de Sarkozy

, par  DMigneau , popularité : 66%

Avec son " foutre le bordel ", Macron se rapproche toujours plus du " casse toi pauv’ con " de Sarkozy

En visite en Corrèze, Emmanuel Macron s’en est pris à ceux qui " foutent le bordel " au lieu de chercher du travail. - Yoan Valat/AP/SIPA

En visite ce mercredi 4 octobre en Corrèze, Emmanuel Macron a suggéré que " certains ", " au lieu de foutre le bordel ", aillent " regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes ". S’il ne les nomme pas, le Président vise alors des salariés de GM&S qui voulaient l’interpeller...

Récidive. Après avoir vitupéré contre les " fainéants " qui s’opposaient à sa réforme du code du travail, épinglé " les gens qui ne sont rien ", Emmanuel Macron s’en est pris une nouvelle fois à des salariés accusés cette fois de " foutre le bordel ", au lieu de chercher du boulot.

Leur seul tort ?

Avoir tenté d’échanger avec lui sur leur situation...

Ce mercredi 4 octobre, des salariés de l’équipementier automobile creusois GM&S, des représentants syndicaux et des élus avaient fait le déplacement en Corrèze pour essayer d’interpeller le chef de l’Etat en visite dans le département.

Mal leur en a pris puisqu’ils se sont heurtés à un barrage de gendarmes mobiles qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour les repousser. Les salariés ont ensuite rejoint calmement leur point de rassemblement.

Michel Vergnier, élu PS de Guéret, cité par l’AFP, a considéré que le refus du président de la République de les recevoir " marque une forme de mépris pour leur engagement et leur fonction ".

Question mépris, ce n’était qu’un apéritif.

" Au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes "

Lors de sa visite d’un centre de formation aux Travaux Publics, Emmanuel Macron, se retrouve filmé en pleine discussion avec Alain Rousset, le président de région Nouvelle-Aquitaine, qui lui explique qu’une fonderie du département, " avec des marchés jusqu’en 2022 ", cherche activement des ouvriers qualifiés mais " n’y arrive pas ".

L’occasion est trop belle.

Emmanuel Macron, après un rapide coup d’oeil à la caméra, lève un doigt rageur et répond alors : " Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas parce qu’il y en a qui ont les qualifications et ce n’est pas loin de chez eux ".

Le président de la région, qui au départ temporise par un " oui,oui, je sais bien ", reprend ensuite le président de la République pour lui donner un petit cours de pédagogie politique, lui exposant qu’ " on ne règle pas le problème d’une manière forcée. C’est un problème de culture. Il faut qu’on repense (...) notre relation au travail ".

https://twitter.com/BFMTV/status/915804451675525120/photo/1

Une séquence que le nouveau porte-parole de la présidence de la République, Bruno Roger-Petit, qui s’était fait très discret depuis sa prise de fonction (il en est à son quatrième tweet) a tenté de déminer.

Il a notamment dénoncé une " citation tronquée sortie de son contexte " affirmant qu’ " Emmanuel Macron a rappelé que la recherche de solutions en matière d’emploi dépend de la responsabilité de tous les acteurs ", publiant à l’appui de sa défense une vidéo censée montrer " la vrai citation en version vidéo non tronquée ".

Une vidéo qui montre... exactement la séquence que nous venons de décrire.

Nous revient alors en mémoire un élément déterminant qui nous avait échappé : non, le président de la République n’a pas fait une sortie digne d’un Nicolas Sarkozy au sommet de sa forme, c’est sa pensée trop complexe qui nous a empêché de comprendre le véritable sens de son message.

Évidemment.

Magazine Marianne