Aux armes, citoyens !

, par  DMigneau , popularité : 0%

Aux armes, citoyens !

Il faut croire que le sujet de l’Islam est " commercialement porteur " puisque chacun - ou presque - apporte " sa pierre " au flot de commentaires qui a succédé à l’attaque par un déséquilibré de collègues à la préfecture de police.

J’aurais pu ajouter que l’on n’a pas attendu cet acte criminel pour sortir avec une " régularité de métronome " et dans tous les hebdomadaires des " flopées d’articles " plus ou moins documentés ( et en général plutôt moins que plus ) sur " le péril islamique ".

Ce péril a au moins une vertu : il fait vendre de la copie et fait apparemment oublier à d’aucuns les soucis pratiques de la vie en leur flanquant une frousse dont ils se délectent.

Et le Président Macron trouve des accents " vichyssois " pour appeler le citoyen à la plus grande vigilance contre " les ennemis de l’intérieur ".

C’est tout le paradoxe de cette entreprise de " décérébration " à laquelle participent de " grands noms " mobilisés à cet effet et qui usent leur notoriété à combattre des " moulins à vent ".

On passera sur ces sondages qui découvrent " le fil à couper le beurre ", à savoir que, pour un croyant de quelque obédience qu’il soit, la loi de Dieu s’impose à celle des hommes.

La vérité sortie de " la bouche de Dieu " est absolue et prévaut sur l’opinion des hommes ; c’’est l’essence même du fait religieux.

Donc, un quart des Musulmans privilégieraient « la Charia » ( dont la plupart ne savent pas très bien en quoi elle consiste réellement, ses contours variant selon l’origine des prédicateurs) tout comme ceux - d’ailleurs - qui s’indignent, n’en voyant que les aspects les plus excessifs.

Renouant avec le temps de " l’Inquisition ", ils la caricaturent grossièrement pour des raisons de " politique politicienne ".

Un quart des Musulmans, c’est à la fois beaucoup et peu car cela signifie que trois quarts n’en ont " rien à cirer " des enseignements de « l’Islam », ce qui est une manière sinon plus positive du moins plus réaliste de voir les choses.

Avec évidemment le danger qu’une partie de ces trois quarts ne soit tentée devant les invectives et les mauvais traitements de se réfugier dans le " cocon protecteur " de la tradition.

Il est évidemment difficile de contrarier ceux qui tirent prétexte de ce sondage pour appeler à la " mobilisation générale " en espérant dans leur for intérieur qu’un embryon de guerre civile pût faire oublier le marasme dans lequel ils ont plongé le pays et qu’il ne parviennent pas à résoudre.

Ceux qui s’insurgent avec plus ou moins de réussite contre les " vents mauvais " sont encore les syndicats – pourtant " en perte de vitesse " et de notoriété, ce qui explique d’ailleurs l’état général du pays - alors il faut les décrédibiliser en les accusant de " faire le lit " de l’islamisme radical ou, comme le font certains en sollicitant des faits anecdotiques dont ils tirent une loi générale, de les voir " noyautés " par l’hydre.

Loin de moi l’idée que le " noyautage " ne serait pas une tentation de certains groupuscules de toute nature et de toute obédience mais de là à engager l’action collective, il y a un pas que, pour ma part, je me garderai bien de franchir.

Quand une telle unanimité se fait entre " éditorialistes ", " penseurs " ou se croyant tels et politiciens alors que le flou le plus opaque enrobe leurs solutions, il y a " un loup " comme aurait dit Martine Aubry dans un autre contexte.

Il faut donc en priorité se demander ce qui se cache derrière toutes ces manœuvres ?

On n’oubliera cependant pas que l’ensemble des médias les plus importants appartiennent à très peu de personnes – qui ont des intérêts dans un grand nombre de secteurs - et que l’objectivité dans les rapports de sujétion est toujours toute relative.

Les " tiraillements du ventre " ont parfois des besoins que ne parvient pas à réfréner la conscience.

Le système est " à bout de souffle ", il n’y a plus grand monde pour " se voiler la face ", la République ne parvient plus à répondre aux défis de notre temps.

Bâtie pour De Gaule, elle n’a fait que dépérir aux mains de ses successeurs si l’on excepte Pompidou qui l’a portée à son apogée au niveau économique en bénéficiant de l’élan des " golden sixties ".

Mais cette situation n’est pas non plus une singularité française ; c’est une généralité un peu partout dans le monde.

Les réponses et les expérimentations proposées tardent à faire leur chemin. Elles se heurtent à ce travers le mieux partagé : le scepticisme.

Si le vieux monde agonise, personne n’est d’accord sur les formes d’une renaissance qui pourtant adviendra nécessairement suus des formes inédites.

Alors dans la perplexité générale et pour faire patienter le peuple ou bien détourner son attention, donnons-lui une cause à défendre : les vestiges de notre civilisation " judéo-chrétienne " condamnée ( " judéo " est un apport que l’on doit à " la Shoah " car la formulation correcte serait " helléno-chrétienne " )

Elliot

AgoraVox