Argentine : des primaires sans surprises

, par  DMigneau , popularité : 32%

Argentine : des primaires sans surprises

Les instituts de sondage qui s’étaient lourdement trompés lors du ballotage municipal à Buenos Aires attendaient les résultats avec anxiété, mais cette fois-ci leurs prédictions étaient fiables. Scioli (péroniste « continuiste ») est largement en tête avec plus de 38 % des voix devant Macri (droite « techno-libérale ») à 24 % et Massa (péroniste oppositionnel auto-proclamé rénovateur mais en réalité " néo-ménémiste ") à 13 %.

Suivent De La Sota, allié à Massa, avec 6 % (acquis pour l’essentiel dans sa province de Cordoba) et tous les autres candidats (fidèles à leur réputation de querelles byzantines entre groupuscules et entre petits chefs dont l’égo possède une taille inversement proportionnelle à leur popularité, les divers trotskystes ont quand même réussi à éparpiller environ 5 % des voix entre 4 ou 5 candidats...)

Pour moi, les trois points notables de ces élections sont :

1°) la quasi-disparition des Radicaux : le vieux parti d’Yrigoyen, Illia et Alfonsin a subi le même que les rad.-soc. français : à 3,5 % ils sont devenus un micro-satellite de la Droite, comme les radicaux « valoisiens » chez nous : Sanz-JJSS même combat ! Une petite fraction d’entre eux, comme les Radicaux de Gauche de feu Robert Fabre alliés au PS s’est fondue dans le « Frente para la Victoria » kirchnériste. Quelques individualités comme Martin Lousteau tentent de reconstruire une autonomie à coup d’alliances à géométrie variable avec Massa et/ou Macri (mais cette approche n’est pas sans risque comme le montre les problèmes du PS)

2°) Les difficultés du PS : faute d’une stratégie d’ensemble clairement définie, ils ont été battus dans leur place forte de Santa Fe par les kirchnéristes moins d’un mois après une victoire remportée d’extrême justesse lors des provinciales.

3°) La disparition totale, curieusement non relevée par les commentateurs argentins, de la vieille droite catho-réac (encore représentée il y a quelques années par Lopez-Murphy et ses groupies de la Recoleta).

L’objectif de l’opposition est de parvenir à mettre Scioli en ballottage au premier tour d’octobre pour se regrouper ensuite derrière Macri au second tour. Scioli va au contraire redoubler d’effort pour franchir le seuil des 40 % en ralliant les électeurs péronistes traditionnels de Cordoba (plus attachés à leur caudillo De La Sota, maintenant éliminé du premier tour des présidentielles, qu’à son allié Massa) et surtout en pansant les plaies de la violente bataille intra-péroniste des primaires dans la province de Buenos Aires avec l’espoir de distancer Macri de plus de 10 % pour éviter le ballottage.

Michel DELARCHE

MediaPart