Alors que revoilà la sous-préfète : dans le " Financial Times ", Macron nous refait le coup de sa " destinée "

, par  DMigneau , popularité : 0%

Alors que revoilà la sous-préfète : dans le " Financial Times ", Macron nous refait le coup de sa " destinée "

“ Je pense que c’est un profond choc anthropologique ”, explique Emmanuel Macron à propos de la pandémie de Covid-19 - GONZALO FUENTES / POOL/EPA/Newscom/MaxPPP

Dans l’entretien qu’il a accordé au " Financial Times " ce jeudi 16 avril, le président de la République, renouant avec son goût pour les envolées lyriques, explique s’être " toujours placé dans les mains du destin ".

Vous reprendrez bien un peu d’exaltation avec votre transcendance ?

Dans un entretien accordé au " Financial Times " ce jeudi 16 avril, Emmanuel Macron a une nouvelle fois succombé à l’un de ses " péchés mignons " présidentiels : les grandes envolées lyriques.

Comme si les allocutions télévisées sur la pandémie du " Covid-19 " ne suffisaient pas pour marteler anaphores - “ Nous sommes en guerre ” - et poncifs - “ retrouver la résilience qui seule peut permettre de faire face aux crises à venir ” -, le président “ jupitérien ” en remet " une couche " auprès de nos confrères britanniques, cette fois sur le thème de « la Providence ».

Et de poursuivre, oscillant entre mystique du " grand homme " et " podcast " de développement personnel : “ Il faut se rendre disponible à sa destinée... C’est donc où je me trouve, prêt à me battre et à défendre ce en quoi je crois tout en demeurant capable d’essayer de concevoir ce qui semblait impensable. "

Son destin, cela fait un moment que le recalé de l’ENS y croit : " Pour moi, la fonction présidentielle dans la France démocratique contemporaine doit être exercée par quelqu’un qui, sans estimer être la source de toute chose, doit conduire la société à force de convictions, d’actions et donner un sens clair à sa démarche ", expliquait-il déjà à " Challenges " en octobre 2016, appelant de ses vœux une “ nouvelle forme d’autorité démocratique fondée sur un discours du sens, sur un univers de symboles, sur une volonté permanente de projection dans l’avenir, le tout ancré dans l’Histoire du pays ”.

" Quelque chose de nouveau "

En grand homme “ disponible à sa destinée ”, le président de la République piaffe, attendant que la fortune se précipite sur sa route pour se dresser dans l’Histoire.

Le tout est cependant de ne pas en avoir l’air.

Pas d’excès de vanité : “ Je ne sais pas si nous sommes au début ou au milieu de cette crise ”, concède le chef de l’État. “ Personne ne le sait. Il y a beaucoup d’incertitudes et cela doit nous rendre très humble.

Car, insiste-t-il, “ nous avons tous embarqué dans l’impensable ”.

Nous avons mis la moitié de la planète à l’arrêt pour sauver des vies, c’est sans précédent dans notre Histoire ”, constate le chef de l’État, lâchant à ce propos l’une de ses bombes analytiques : “ Je pense que c’est un profond choc anthropologique.

Nous sommes tous face au besoin d’inventer quelque chose de nouveau, car c’est tout ce que nous pouvons faire ”, lance-t-il.

Mais de révolution, il n’est pas vraiment question dans la réponse avancée par Emmanuel Macron, qui sert au " FT " le mantra réchauffé d’une " Europe politique " forte : " Nous sommes dans un moment de vérité où nous devons décider de si l’Union européenne est un projet politique ou un projet de marché ”, psalmodie le président.

Je crois que c’est un projet politique. Nous avons besoin de transferts économiques et de solidarité, c’est à cette condition que l’Europe tiendra. "

Décidément, ça " disrupte à mort ".

Louis Nadau

Marianne