Alliances LREM-LR aux municipales : le signe du " en même temps ", pour Agnès Pannier-Runacher

, par  DMigneau , popularité : 0%

Alliances LREM-LR aux municipales : le signe du " en même temps ", pour Agnès Pannier-Runacher

" Bien au contraire, c’est le signe qu’on est capable de faire du ’en même temps’ ", a défendu Agnès Pannier-Runacher au sujet des accords locaux entre LREM et la droite en vue du second tour des municipales. - Capture d’écran France Inter

Agnès Pannier-Runacher a défendu les alliances conclues avec la droite par LREM pour le second tour des municipales ce mercredi 3 juin, regrettant " [qu’]on ne parle pas " des rapprochements avec d’autres partis. Mais les exemples invoqués par la secrétaire d’Etat sont peu consistants à côté des multiples accords avec LR.

Pas d’inquiétude, l’ADN " macroniste " reste intact.

Invitée sur " France inter " ce mercredi 3 juin, la secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès Pannier-Runacher a défendu la stratégie de " La République en Marche " (LREM) pour le second tour des élections municipales, marquée par des alliances avec " Les Républicains " (LR) dans plusieurs grandes villes.

Ces accords signent-ils la fin du " en même temps ", expression censée résumer la position " ni-gauche-ni-droite " de la majorité, comme le soulève Léa Salamé ?

https://twitter.com/franceinter/status/1268060653610246152

« Bien au contraire, c’est le signe qu’on est capable de faire du " en même temps " », répond la secrétaire d’Etat, regrettant "[qu’]on ne parle pas " de rapprochements opérés avec d’autres partis. L’ouverture d’esprit " macroniste " serait même " plus que jamais nécessaire " : " C’est ce qui fait notre diversité, et c’est ce qui m’a fait rentrer en politique ", vante Agnès Pannier-Runacher, elle-même candidate dans le XVIe arrondissement de Paris pour le scrutin du 28 juin.

ÉQUILIBRE INTROUVABLE

Des accords locaux entre LREM et LR se sont enchaînés dans les derniers jours, avant le dernier jour de dépôt des listes pour le second tour mardi 2 juin. Les candidats " marcheurs " ont ainsi fusionné avec la droite à Bordeaux, Strasbourg et Clermont-Ferrand, tandis qu’à Perpignan le candidat " macroniste " s’est désisté au profit du maire sortant LR, après que le RN est arrivé en tête au premier tour.

Un arrangement a également été conclu à Lyon, où Gérard Collomb s’est retiré en faveur du postulant LR à la métropole, en échange du soutien du parti de droite à son poulain LREM à la mairie.

Seule cette dernière alliance a été sanctionnée par la direction du parti " macroniste " : l’investiture a été retirée aux listes lyonnaises, après que Stanislas Guérini a affirmé qu’ " une ligne rouge [avait] été franchie ".

Mais Agnès Pannier-Runacher avance que ces accords occultent des ententes avec d’autres forces politiques, signes de la persistance du " en même temps ". " On ne parle pas des quelques alliances que nous avons sur le terrain avec, par exemple, les listes de Cédric Villani ", argue-t-elle. Le candidat dissident a pourtant décidé de continuer à faire " cavalier seul " dans le XIVe arrondissement, après avoir été éliminé des autres circonscriptions au premier tour.

Quand Léa Salamé affirme qu’il n’y a " qu’à Dreux " que le parti présidentiel s’est allié avec " la gauche ", la secrétaire d’Etat met en avant l’exemple " d’Aix-en-Provence " où " la candidate appelle à un large rassemblement ". Mais dans la ville provençale, le " rassemblement " est " mort dans l’œuf ". La liste " d’union de la gauche ", arrivée troisième derrière la candidate LREM, lui a en effet signifié une fin de non-recevoir après qu’elle ait appelé ses poursuivants à se désister en sa faveur.

Dernier argument brandi par Agnès Pannier-Runacher : à côté des accords formels, il faudrait prêter attention à " des rapprochements que ne se sont pas traduits par une fusion mais par des soutiens ". Mais sur ce tableau aussi, le fameux " en même temps " semble pencher à droite dans beaucoup de grandes villes.

Avant même le premier tour, LREM avait en effet apporté son soutien aux maires LR sortants de Toulouse, Nice ou encore Angers.

Le parti présidentiel s’était toutefois rangé derrière le maire sortant PS à Auxerre.

Sébastien Grob

Marianne